matérialisme historique

10 mar 2017

Lorsque le KKE décide de cesser la lutte armée, la DSE dut organiser son repli. 55 381 personnes, dont 17 352 enfants, quittèrent la Grèce.

Environ 70 % des réfugiés venaient de la paysannerie ; environ un tiers était membre du KKE. En URSS, c'est l'Ouzbékistan qui accueillit les réfugiés, dans le quartier Politeies de la capitale Tachkent.

Le KKE tint rapidement son troisième congrès, du 10 au 14 octobre 1950, réaffirmant ses positions. Le prestige historique du KKE est alors très grand et lors du XIXe congrès du PCUS en octobre 1952, Níkos Zachariádis est mis en avant comme l'une des principales figures du mouvement communiste international...

9 mar 2017

De manière officielle, l’État grec réactionnaire avait perdu 55 528 soldats, alors que 38 839 soldats de la DSE avaient été tués ou blessés.

Mais la cessation de la lutte armée ne signifiait nullement la fin de la lutte des classes ; il restait d'ailleurs différentes unités et les deux derniers partisans de la DSE, Giorgos Tzompanakis et Spiros Blazakis en Crète, descendirent par exemple de la montagne en 1975 seulement, après l'effondrement de la dictature des colonels le 24 février.

C'est le général Aléxandros Papágos, le dirigeant des armées réactionnaires soutenues par les États-Unis d'Amérique, qui reçut la charge de réorganiser le pays...

8 mar 2017

La lutte démocratique pour l'émancipation de la femme est une cause essentielle. Les femmes représentent la moitié de l'Humanité et, pour des raisons historiques, elles ont été marginalisées socialement avec la mise en place de l'agriculture et de l'élevage.

C'est justement cette cause historique qui fait que le communisme, amenant le dépassement de la contradiction entre villes et campagnes, entre travail manuel et travail intellectuel, permet la réalisation de l'émancipation de la femme...

7 mar 2017

Les événements de l'année 1949 sont à la fois rapides, nombreux et extrêmement complexes, tout en étant relativement trompeurs. En effet, si d'un côté la DSE est défaite, le KKE considère que ce n'est un épisode particulièrement douloureux d'une vaste séquence dont il va sortir victorieux.

La situation est à considérer comme suit : les forces du progrès doivent chercher à éviter les campagnes d'encerclement et d'anéantissement des forces de la réaction. Jusque-là, la DSE avait montré ses capacités tout à fait excellentes à ce niveau...

5 mar 2017

La venue de Paul Eluard coïncide avec un moment où le KKE est le fer de lance pour la bataille de la démocratie populaire, au point qu'il est considéré dans l'est européen que la Grèce allait bientôt rejoindre le camp démocratique. Voici comment le KKE voit les choses, au début de l'année 1949, dans une résolution.

Celle-ci est issue de la tenue du cinquième Plénum commun du Comité Central du KKE, qui s'est tenu les 30 et 31 janvier 1949 ; elle a comme titre La Grèce sur la voie de la victoire devant le tournant décisif. On remarquera que le rôle essentiel de la révolution chinoise est soulignée dès le début du document...

28 fév 2017

L'ensemble du mouvement communiste international apporta son soutien à la DSE. Le quotidien du Parti Communiste français, L'Humanité, envoya Simone Téry comme reporter dans la Grèce libre, dans le nord du pays, en octobtre1947, ses reportages étant publiées dans une série intitulée Les hommes de cœur sont plus forts que les dollars, publiée dans le quotidien du 19 décembre 1947 au 14 janvier 1948. Par la suite, un événement marquant fut la venue en Grèce, en 1949, du poète et résistant français Paul Eluard.

Il fut accompagné notamment de gens issus de la gauche socialiste se rapprochant du PCF par leur parcours dans la Résistance : le journaliste et homme politique Yves Farge, à l'origine de la dénonciation d'un grand scandale de corruption en 1946, l'ancien journaliste du journaliste socialiste Le Populaire Jean Maurice Herman, fondateur du Syndicat National des Journalistes CGT, ainsi que l'instituteur Henri Bassis...

26 fév 2017

La clique de Tito poignarde dans le dos la Grèce démocratique populaire

par NICOS ZACHARIADIS

Cet article a été publié pour la première fois dans l'organe du Bureau d'Informations des Partis Communistes et Ouvriers « Pour une Paix durable pour la Démocratie Populaire » N°15 du 1er aout 1949

26 fév 2017

L'exploitation infâme de la question Macédonienne par la clique traîtresse de Tito

par PANAYOTIS MAVROMATIS

La question nationale fut toujours une des questions les plus délicates et les plus difficiles qu'avaient eu et ont à envisager les Partis de la classe ouvrière.

26 fév 2017

Les impérialistes anglais et la résistance nationale de Grèce et de Yougoslavie

par COSTAS CARAGHIORMS

Rien ne pourrait, peut-être illustrer plus nettement et d'une manière plus caractéristique la dégénérescence trotskiste et chauviniste des dirigeants du PCY que leur conduite envers la lutte antiimperialiste de libération nationale du peuple grec. A l'heure actuelle leur position est devenue plus franchement et plus ouvertement hostile.

26 fév 2017

La clique de Tito au fond de la trahison

Submitted by Anonyme (non vérifié)

La clique de Tito au fond de la trahison

par MILTIADE PORFYROGENIS

Quand, vers la fin de juin 1948 fut communiquée la résolution du Bureau d'Informations des Partis Communistes et Ouvriers, sur la situation dans le Parti Communiste de Yougoslavie, et avant même que le Parti Communiste de la Grèce eût annoncé sa thèse sur la résolution, des simples membres du Parti, ici dans la Grèce Libre, exprimaient leur indignation pour l'attitude des dirigeants du P.C. de Yougoslavie.

26 fév 2017

La trahison de Tito et le PCG

Submitted by Anonyme (non vérifié)

La trahison de Tito et le PCG

par PETROS ROUSSOS

Cet article a été transmis pour la première fois par la Radio de la Grèce Libre le 6.8.49.

L'agence télégraphique « Grèce Libre » a révélé que le 5 juillet 1949 des officiers de Tito ont collaboré à la frontière avec des collègues monarcho-fascistes.

26 fév 2017

L'échec de l'opération Couronne fut un revers de taille pour l'impérialisme américain et les forces réactionnaires grecques.

Van Fleet décida alors de fasciser complètement l'armée grecque, dont le commandement revint en janvier 1949 à Aléxandros Papágos, dont l'une des premières mesures fut d'autoriser l'utilisation du napalm par les forces américaines.

Les officiers reçurent l'autorisation d'abattre ceux qui ne combattraient pas de manière assez décidée, les commandants eux-mêmes risquant la court martiale, les retraites n'étant autorisées que sur ordre exprès du quartier-général...

25 fév 2017

Níkos Zachariádis avait tout à fait compris que la question de la guerre civile était celui de l'affrontement entre la démocratie populaire et le fascisme. La DSE n'était pas une fin en soi, pas plus que l'EAM ; il ne s'agissait que d'éléments dans une séquence plus générale.

La force du mouvement de libération national avait ainsi résidé, selon Níkos Zachariádis, dans le fait que l'indépendance nationale avait été affirmée en rapport avec la bataille pour la démocratie, ce qui allait avec la question agraire ; la question nationale de l'indépendance était inséparable du rapport à la démocratie...

24 fév 2017

Si la DSE représentait la tendance démocratique, progressiste, se renforçant par rapport à une réaction déchaînée, mais s'épuisant, un nouveau facteur vint entièrement modifier la donne.

Les États-Unis considérèrent en effet qu'il était nécessaire qu'elles interviennent, afin d'empêcher la Grèce de devenir une démocratie populaire, étant donné que la Grande-Bretagne n'était plus en mesure de porter le régime grec...

21 fév 2017

La non-participation aux élections fut une erreur tactique, donnant le champ libre aux réactionnaires : le référendum sur le retour du Roi obtint 69 % de voix favorables à celui-ci, qui revint alors le 27 septembre 1946 à Athènes, accueilli triomphalement par ses partisans.

Le régime avait également auparavant annulé en mai 1946 la victoire (88%) aux élections syndicales de l'ERGAS (Ergatikos Antiphasistikos Synaspismos – Bloc ouvrier antifasciste), tout comme il avait en juin 1946 modifié la direction du syndicat GSEE, jusque-là communiste.

Jusqu'en 1947, le bilan de la répression s'élevait à 24 000 personnes assassinées, 105 exécutés par les cours martiales, 6 671 personnes grièvement blessées, 31 682 torturés, 84 931 détenus, 18 867 foyers saccagés, 577 bureaux et imprimeries mis à sac, 165 viols, 5 817 exils, 12 000 personnes envoyés en camp de concentration...

18 fév 2017

Le paradoxe du gigantesque succès du KKE avec l'EAM et l'ELAS, c'est que le théoricien de la ligne de libération nationale qui amena cela n'était plus présent depuis plusieurs années.

Arrêté en 1936 par la dictature de Ioánnis Metaxás, Níkos Zachariádis fut envoyé au camp de concentration de Dachau en 1941. Le KKE n'avait plus aucune nouvelle de lui depuis.

Grande figure historique cependant du KKE - à ce titre, Níkos Zachariádis était très connu des masses - la nouvelle de son retour annoncé le premier mai 1945 dans l'organe du Parti Rizospastis provoqua une onde de choc...

17 fév 2017

Winston Churchill, le Premier ministre anglais, avait exigé lors de la conférence de Moscou en octobre 1944 un découpage en zones d'influence, suivant les modalités suivantes : Hongrie et Yougoslavie : 50%- 50%, Roumanie : 10% - 90%, Bulgarie: 25% - 75% et Grèce : 90 % - 10%.

Ces pourcentages n'ont aucune signification en soi, à part qu'ils signifiaient que l'impérialisme britannique ne tolérerait pas d'intervention ouverte de l'Armée rouge en Grèce.

Impossible pour l'URSS de ne pas accepter cela, de par la nécessité de l'alliance générale contre l'Allemagne nazie – le risque n'étant pas de ne pas battre celle-ci, mais que celle-ci réussisse un retournement d'alliance avec les États-Unis et la Grande-Bretagne dans une optique anti-soviétique...

15 fév 2017

Si le KKE avait l'initiative jusque-là, la présence britannique allait se révéler être un énorme un obstacle. Cette question allait être au cœur du positionnement du KKE et la source de la guerre civile.

Quelles sont les raisons à cela ? Déjà, parce que cela signifiait à court terme une reformation de l'EDES, qui put mener une dernière contre-offensive en janvier 1944, ce qui provoqua immédiatement une réponse acharnée de l'ELAS. Ensuite, parce que l'impérialisme britannique s'était placé au centre des négociations entre l'ELAS, l'EKKA et l'EDES. Enfin, parce qu'avec ce positionnement, l'impérialisme britannique appuyait tout azimut les initiatives anti-communistes, récupérant toutes les forces possibles, même celles ayant été auparavant des fervents soutiens de l'Allemagne nazie...

14 fév 2017

L'opposition à l'occupation prit en Grèce rapidement un large aspect populaire, comme en témoigne la vague de grèves et de rassemblements à Athènes à la fin d'octobre 1941. L'EAM, bien que très faible dans certaines zones, organisait notamment des cuisines populaires pour faire face à la famine ; cela restait embryonnaire, mais une dynamique s'affirmait.

Cela aboutit notamment à la vaste grève à Athènes à l'été 1942, à laquelle participèrent les ouvriers d'une usine de caoutchouc pour l'Armée allemande, ceux du port, ceux des tramways et de la production d'électricité, des assurances, de quelques banques, des postes et télécommunications, etc...

13 fév 2017

Le coup d’État d'août 1936 porta un coup terrible au KKE : 1 000 membres furent arrêtés, les archives du bureau politique furent découvertes par les services secrets et l'organisation clandestine démantelée, alors que 150 membres furent encore arrêtés en 1938.

A la fin novembre 1939, l'ensemble du Comité Central de 1935 était en prison. Le régime pratiqua l'isolement et la torture, encourageant à des formes ouvertes de repentir, avec publications dans la presse, etc. Il mit même en place une fausse organisation du KKE se posant comme « direction provisoire » afin de saboter la reconstitution organisationnelle illégale du KKE...

11 fév 2017

L'histoire politique de la Grèce est marquée par la tentative de réaliser la « Grande Idée » et son échec avec la « grande catastrophe », c'est-à-dire que l'opposition à la domination ottomane réalisée par l'instauration d'une monarchie en 1832 s'est prolongée en un nationalisme ouvertement expansionniste, qui se brisa toutefois face à la Turquie. Au cours de ce processus, la Grèce put s'agrandir initialement, à la suite de la guerre balkanique de 1912-1913, sa population passant de 2,8 à 5 millions de personnes.

Mais la Première Guerre mondiale et ses conséquences, avec l'apparition de la Turquie, eut comme résultat une défaite militaire complète en 1922, l'échange de population, avec un million et demi de chrétiens quittant l'Anatolie et la Thrace orientale (et 388 000 Turcs la Macédoine), provoquant un procès en Grèce contre les prétendus responsables de la défaite (le « procès des six », avec la condamnation à mort de cinq ministres et du chef de l'armée en Asie mineure), puis même l'effondrement de la monarchie en mars 1924...

8 fév 2017

En 1919, Karl Kautsky publia Domination populaire ou domination de la violence et son point de vue est très simple. Les Alliés ont gagné la guerre, car leur prolétariat les a soutenu, la lutte s'étant présentée selon lui comme une lutte contre le militarisme et l'autocratie. Pour cette raison, le prolétariat ne pourra désormais plus que prolonger sa logique de revendications et le socialisme apparaîtra comme nécessaire, sans même une révolution violente.

Cela montre à quel point Karl Kautsky n'a en rien saisi la nature de l'impérialisme, que Lénine a justement défini...

5 fév 2017

Le centrisme de Karl Kautsky se prolongea y compris en pleine effervescence révolutionnaire en Allemagne. Lors d'un conférence générale de l'opposition en avril 1917, Karl Kautsky s'opposa ainsi tant à la présence des spartakistes qu'à la formation d'une nouvelle organisation, le Unabhängige Sozialdemokratische Partei Deutschlands - USPD (Parti social-démocrate indépendant d'Allemagne).

L'USPD eut pourtant un succès immédiat, obtenant 120 000 adhérents en quelques mois, alors que le vieux parti social-démocrate n'en avait alors plus que 240 000. Karl Kautsky et Eduard Bernstein prirent dans ce cadre une position tellement réformiste qu'ils devinrent les chefs de file de son aile droite...

4 fév 2017

Il est nécessaire ici de voir que c'est précisément cette passivité typique de Karl Kautsky que Lénine dénonce sous le vocable de kautskysme. Le kautskysme est ici un centrisme, c'est-à-dire une collusion avec la droite contre la gauche, au nom du succès mécanique inévitable censé arriver.

Karl Kautsky assuma cette position centriste jusqu'à la caricature. En 1915, il publia dans ce cadre État national, État impérialiste et fédération des États. C'était un ouvrage étrange : Karl Kautsky tentait d'y formuler une ligne de pseudo-critique de l'impérialisme, en pleine guerre...

31 Jan 2017

La question de la grève de masses révéla tout ce que le kautskysme contenait de problématique. En 1893, Karl Kautsky abordait ainsi la question du parlementarisme, dans un long document cherchant à définir la position de la social-démocratie. Ce qui y est frappant, c'est que dès le début, il insiste sur une de ses anciennes positions : à ses yeux, même lorsque le peuple donnera directement le pouvoir, le parlementarisme est absolument nécessaire.

C'est très exactement la critique que fera Rosa Luxembourg à Lénine à la suite de la révolution russe de 1917. La principale erreur de la social-démocratie historique a été, en effet, une conception de la démocratie qu'elle opposait, non pas à la bourgeoisie comme le fit Lénine, mais à l'absolutisme...

28 Jan 2017

Karl Kautsky – 12e partie : la grève de masses

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Karl Kautsky considérait que la social-démocratie allait l'emporter de manière naturelle, submergeant le capitalisme pourrissant. Cette conception combinant mécanique historique et mouvement populaire se trouva relativement mise en défaut avec l'un des débats les plus importants dans la social-démocratie, celui de la grève de masses.

Il s'agissait d'une forme nouvelle, développé par le mouvement ouvrier belge, dans le cadre de la bataille pour le droit de vote, réservé à 44 000 personnes par la monarchie parlementaire née en 1830. Le Parti Ouvrier Belge en 1885 développa une ligne de masses aboutissant à de multiples grève politique de masse, en 1891, 1892, 1893, 1902 et 1913...

25 Jan 2017

Comment comprendre historiquement que Karl Kautsky ait été la grande figure de la social-démocratie, mais soit devenu ensuite ce que Lénine appellera un renégat?

La source de ce mystère tient bien entendu à la matrice idéologique même de Karl Kautsky. Le problème essentiel de celui-ci est la séparation complète qu'il réalise entre le matérialisme dialectique et le matérialisme historique. S'il reconnaît la dialectique dans la nature comme dans la société, il considère qu'il y a des modalités spécifiques, n'ayant pratiquement rien à voir...

22 Jan 2017

Karl Kautsky œuvra à une critique approfondie de la position d'Eduard Bernstein, qui apparut comme un « révisionnisme ». Il ne s'agissait pas de rejeter le fait que le socialisme scientifique devait progresser, que certaines affirmations de Karl Marx et Friedrich Engels apparaîtraient comme insuffisantes ou erronées : les progrès de la science seraient ininterrompus et il y aurait forcément des améliorations.

18 Jan 2017

Avant de voir quelle fut la position de Karl Kautsky quant aux thèses d'Eduard Bernstein, regardons comment celles-ci ont pu être comprises et soutenues.

En France, le théoricien syndicaliste-révolutionnaire Georges Sorel apprécia par exemple énormément cette dénonciation du marxisme. Voici ce qu'il écrit, dans une lettre au philosophe italien Benedetto Croce :

17 Jan 2017

Eduard Bernstein était un intellectuel qui, avec Karl Kautsky, était le plus proche de Friedrich Engels, dont il fut même l'exécuteur testamentaire. Son positionnement fut cependant totalement différent de celui de Kautsky et il provoqua une bataille idéologique dans les rangs de la social-démocratie allemande.

Eduard Bernstein savait tout à fait ce qu'est le marxisme. Il était tout à fait conscient, de manière pertinente, qu'il ne contient pas simplement un aspect économique, mais bien une base philosophique. Dans Les présupposés du socialisme et les tâches de la social-démocratie, la première partie de l'ouvrage est consacré à présenter la conception marxiste, on y lit, de manière juste :

« La question de la justesse de la conception matérialiste de l'histoire est la question de la nécessité historique et de leurs causes. Être matérialiste cela signifie de fait de ramener tout événément aux mouvements nécessaires de la matière...

15 Jan 2017

La Revue des Deux Mondes accorda en 1904 son attention au congrès social-démocrate d'Amsterdam. L'article de J. Bourdeau présente de manière très intéressante comment l'orthodoxie de la social-démocratie allemande avec Karl Kautsky posait un souci fondamental à la gauche française. En voici des extraits significatifs, où l'observateur amusé constate bien la différence totale d'approche.

De tous les Congrès socialistes internationaux, celui d’Amsterdam a provoqué en France le plus d’attention et soulevé le plus de polémiques.

C’est à peine si la presse anglaise en a fait mention. Les socialistes d’Amsterdam ont aussi peu excité la curiosité des Anglais, que s’il s’était agi d’une réunion cosmopolite de médecins ou de philosophes, bien que les socialistes se proposent non d’améliorer ou d’interpréter le monde, mais de le changer ; — c’est que les Anglais professent la plus parfaite indifférence pour les phrases et les théories. Les socialistes du continent sont d’habiles metteurs en scène, et ils savent organiser leurs représentations théâtrales...

10 Jan 2017

Karl Kautsky était le défenseur du matérialisme historique, faisant tout pour populariser les thèses de Karl Marx et Friedrich Engels, reconnaissant entièrement que leur approche était scientifique et qu'il fallait se placer historiquement dans cette orientation. C'était le sens de son orthodoxie.

En 1887, Karl Kautsky publia ainsi un écrit sur les enseignements économiques de Karl Marx, qui sont à ses yeux la clef de voûte du marxisme et donc de la social-démocratie. A ses yeux, Le Capital compte comme une œuvre d'histoire et ce qui compte, c'est l'analyse objective de la réalité, en portant son attention sur le mode de production...

8 Jan 2017

Karl Kautsky aborde de manière plus directe la question française dans La république et la social-démocratie en France, série d'articles publiée dans la Neue Zeit en 1904 et en 1905.

A l'arrière-plan, il y a l'opposition idéologique avec Jean Jaurès, qui a une conception de la république « au-delà » de la lutte des classes qui n'est pas considérée comme marxiste.

Tous deux ont d'ailleurs étudié la révolution française, Karl Kautsky publiant en 1899 Les antagonismes de classes à l'époque de la Révolution française. Jean Jaurès se positionnait à la base même contre Karl Kautsky et le marxisme...

7 Jan 2017

Karl Kautsky représente l'approche orthodoxe du marxisme ; à l'opposé d'en France, la direction de la social-démocratie reconnaît le marxisme comme science.

La différence est fondamentale entre le socialisme de type français, éclectique, anti-idéologique, Jean Jaurès lui-même n'ayant jamais formulé de corpus théorique, et le marxisme défendu par la social-démocratie allemande...

5 Jan 2017

Karl Kautsky est né à Prague le 16 octobre 1854. Sa famille appartient alors au milieu du théâtre ; sa mère est actrice et écrivain, son père peint dans les théâtres. Installée d'abord à Prague, ensuite à Vienne 1875, Karl Kautsky étudia à l'université de cette ville, jusqu'en 1878, dans les domaines de l'histoire, de la philosophie, de l'économie.

Influencé lors de ce parcours par un enseignant à la maison appartenant au hussitisme, il devint un démocrate radical, avant que la Commune de Paris ait un impact significatif sur lui, l'amenant au socialisme...

3 Jan 2017

En France, quand on parle du marxisme, on se réfère aux œuvres de Karl Marx et on pense que le marxisme consiste précisément en ces œuvres. Ce point de vue est fondamentalement erroné et à lui s'associe une phrase de Karl Marx, mise hors contexte :

« Tout ce que je sais, moi, c’est que je ne suis pas marxiste. »

La réalité est toute autre. Historiquement, le marxisme n'a jamais consisté en les œuvres de Marx, mais en l'interprétation des œuvres de Karl Marx et Friedrich Engels effectuée par Karl Kautsky dans le cadre de la social-démocratie allemande...

31 déc 2016

Pourquoi le libéralisme fut-il en mesure de s'affranchir aussi aisément du mercantilisme ? L'exemple français est ici très pertinent.

En 1615, déjà, le protestant Antoine de Montchrestien (1575-1621) avait dans Traité d’économie politique fournit les principales thèses mercantilistes. L'impact historique s'effaça cependant, en raison du poids du catholicisme et de la féodalité.

Or, le poids du catholicisme et de la féodalité ne signifie rien d'autre que le capitalisme n'a pas encore pénétré les campagnes de manière suffisante...

30 déc 2016

Le mercantilisme anglais est, de fait, celui qui fut le plus authentique, car le plus poussé, au point de paver la voie à une véritable analyse économique capitaliste.

Les figures qui y participèrent furent très nombreuses et jouèrent un rôle historique de grande importance ; il est souvent parlé de mercantilisme « commercialiste » pour désigner leur approche.

On trouve ainsi Thomas Gresham (1519-1579), marchand et financier richissime, fondateur de la bourse du commerce de Londres, la Royal Exchange...

28 déc 2016

À l'opposé de l'esprit modernisateur de Jean-Baptiste Colbert, l'Espagne pratiqua une forme totalement décadente de mercantilisme. Si la France était une monarchie absolue, avec une base féodale et une superstructure en contradiction avec sa propre base, tel n'était pas le cas en Espagne, bastion du féodalisme et du catholicisme.

Le processus de conquête espagnol en Amérique se déroula, par conséquent, dans une optique d'esprit étroit, borné, féodal, ce qui aboutit au fétichisme complet pour l'or. C'est la fameuse figure du conquistador avec son obsession pour ce métal précieux...

24 déc 2016

Le mercantilisme se fonde sur le cadre national, théorisé en France par Jean Bodin ; dans la logique du mercantilisme, un pays ne peut s'enrichir qu'aux dépens d'un autre, le niveau des richesses ne se modifiant pas.

C'est là une vision bien entendu réductrice, dont la faiblesse réside dans la focalisation unilatérale sur l'argent, dans le cadre d'une évaluation de la balance commerciale. Il faut vendre plus que les autres, vendre plus cher, et ce moment-là le pays s'enrichit...

23 déc 2016

La préface de Jean Bodin pour Les Six Livres de la République a donné naissance au mercantilisme, parce que le mercantilisme est une réflexion sur la richesse des nations. Or, pour cela, il faut une nation.

C'est justement la monarchie absolue qui en France lui donne naissance.

Jean Bodin inaugure un discours qui est celui de ce qu'on appelle la politique, soit le débat sur la richesse nationale et ses modalités...

22 déc 2016

Pour comprendre la genèse du mercantilisme, il faut en France remonter au XVIe siècle. On sait que les guerres de religion ont secoué terriblement le pays alors, amenant la fraction dites des politiques à lancer une opération dont la réalisation sera l'arrivée au trône de Henri de Navarre, sous le nom de Henri IV.

L'Édit de Nantes ne fut qu'un aléas dans l'histoire du drame protestant, dans la mesure où les huguenots furent toujours plus les victimes de la monarchie absolue en formation. Toutefois et justement, la monarchie devenant absolue est née en profitant des guerres de religion pour former une faction au-dessus de la mêlée...

19 déc 2016

Il serait erroné de penser que, de manière logique, les commerçants et les marchands partent à la conquête du monde non capitaliste. En effet, lorsque les commerçants et marchands ont les mains libres, ils tentent de maintenir leur monopole, d'avoir une démarche agressive.

Karl Marx, dans Le Capital, constate ainsi :

« Là où le capital marchand domine, il représente, par conséquent partout, un système de pillage tout comme d'ailleurs son évolution chez les peuples commerçants des temps anciens et des nouveaux est directement liée au pillage par la violence, à la piraterie, au rapt d'esclaves, à la soumission (dans les colonies) ; ainsi à Carthage, à Rome, plus tard chez les Vénitiens, les Portugais, les Hollandais, etc. (…). »

18 déc 2016

Historiquement, la première forme de capital est le capital marchand. Il est porté par les commerçants et les marchands, qui ont accumulé suffisamment de travail pour disposer de suffisamment de moyens d'échanges et tentent de généraliser autour d'eux les échanges, en en tirant un bénéfice.

Les commerçants et les marchands apparaissent initialement comme des intermédiaires troquant, achetant des objets pour les revendre. Le capital accumulé alors sert à renforcer les achats et les ventes, afin d'élargir toujours plus les capacités du capital à s'approprier davantage de biens, afin des les vendre plus et plus cher...

25 nov 2016

Dans le Discours de la servitude volontaire, on trouve une grande réflexion sur les aides administratives et techniques dont dispose le tyran. Ce dernier profite du soutien d'une poignée de gens, qui sont au coeur de ce que nous devons désormais appeler l'appareil d’État.

Voici comme est présenté le « secret » de l'existence même de la domination du tyran : déjà, il ne s'agit pas du pouvoir armé...

23 nov 2016

Le Discours de la servitude volontaire dénonce les superstitions, tout le folklore utilisé par le puissants pour justifier leur parasitisme général. Redonnons un exemple parlant :

« Le premiers rois d’Égypte ne se montraient guère sans porter, tantôt une branche, tantôt du feu sur la tête : ils se masquaient ainsi et se transformaient en bateleurs.

Et pour cela pour inspirer, par ces formes étranges, respect et admiration à leurs sujets, qui, s’ils n’eussent pas été si stupide ou si avilis, n’auraient dû que s’en moquer et en rire. »

23 nov 2016

Nous avons donc une œuvre, le Discours de la servitude volontaire, qui dénonce non pas une forme générale de pouvoir comme la monarchie, mais bien spécifiquement la tyrannie. Il est parlé du pouvoir et ce sont des exemples historiques qui sont donnés, mais on peut très bien appliquer ce qui est expliqué à l’Église catholique et dénoncer le Pape, pour aboutir à une forme d'organisation comme celle des protestants.

Cet appel à rejeter la tyrannie s'appuie, par ailleurs, sur un principe d'autonomie individuelle propre au protestantisme et à l'humanisme...

21 nov 2016

Comme on le sait, la monarchie française s'est fondée en lien étroit avec la religion. C'est un processus qui prolonge les périodes romane et gothique.

Ainsi, la légende catholique veut que Clotilde la femme de Clovis, alla prier avec un ermite, dans la forêt de Cruye (désormais forêt de Marly), lorsqu'un ange apparut et lui demanda de remplacer les trois crapauds de l'écusson royal par trois fleurs de lys en or.

On retrouve par la suite la fleur de Lys à l'époque de la dynaste carolingienne (à la suite de Charlemagne), avant d'être officialisé en tant que tel par Louis VII le Jeune au XIIe siècle. Il semble bien cependant que le nombre de trois fleurs de lys fut décidé par Charles V le Sage au XIVe siècle, en référence à la « Sainte Trinité »...

19 nov 2016

On se souvient que Michel de Montaigne avait prétendu dans les Essais que le Discours de la servitude volontaire était une sorte d'écrit de jeunesse d'Etienne de La Boétie, qui serait sans prétention, juste un exercice de style ayant comme but de témoigner de la connaissance de l'histoire de la Grèce et de la Rome antiques.

C'est clairement un masque pour une tentative d'analyse du principe d'opinion publique. L'auteur du Discours fait exactement comme l'auteur des Essais : il propose, soupèse, fait des digressions… Il n'y aucune rupture entre le Discours et les Essais à ce niveau...

18 nov 2016

Dans le Discours de la servitude volontaire, on trouve cet appel pathétique :

« Chose vraiment surprenante (et pourtant si commune, qu’il faut plutôt en gémir que s’en étonner) ! c’est de voir des millions de millions d’hommes, misérablement asservis, et soumis tête baissée, à un joug déplorable, non qu’ils y soient contraints par une force majeure, mais parce qu’ils sont fascinés et, pour ainsi dire, ensorcelés par le seul nom d’un qu’ils ne devraient redouter, puisqu’il est seul, ni chérir puisqu’il est, envers eux tous, inhumain et cruel...»

16 nov 2016

Lorsque dans les Essais, Michel de Montaigne annonce que c'est Etienne de La Boétie qui a écrit le Discours de la servitude volontaire, il fait une révélation à laquelle personne ne s'attendait. En feignant d'avoir voulu le publier, mais de ne plus le pouvoir, il attire l'attention de manière précise dessus.

En plaçant 29 poèmes à la place du Discours, il souligne bien l'importance de ce dernier, par son absence dont il est pourtant parlé, et qu'il faut même combler. En en parlant au sein d'un vaste discours philosophique sur l'amitié, il se couvre : s'il parle du Discours de la servitude volontaire, ce n'est qu'en référence à son ami… qui fut comme une partie de lui-même... Michel de Montaigne a de plus bien souligné par ailleurs qu'il a connu Etienne de La Boétie parce qu'il avait connu son Discours

14 nov 2016

Le thème du Discours de la servitude volontaire d'Etienne de La Boétie est simple : le peuple accepte un régime en lequel il ne croit pas ou ne devrait plus croire, par la force de l'habitude. Nicolas Machiavel en Italie à la même époque avait raisonné au sujet de cette question de l'opinion publique, tout comme Kautilya en Inde au IVe siècle avant Jésus-Christ. Cependant, Machiavel et Kautilya s'adressaient au Roi, tout au moins le prétendaient-il.

Or, le Discours de la servitude volontaire parle du peuple, en espérant faire réagir les couches intellectualisées non liées au « tyran ». C'est précisément la position de Jean Calvin...

11 nov 2016

Influencé par le Discours merveilleux, La France-Turquie, c’est à dire, conseils et moyens tenus par les ennemis de la Couronne de France, pour réduire le Royaume en tel état que la tyrannie turquesque fut publié en 1575, en trois parties distinctes tout d'abord.

La première, Conseil du Chevalier Poncet, donné en presence de la Royne mere & du Conte de Retz, pour reduire la France en mesme estat que la Turque, consiste en la présentation des conseils donnés par un chevalier Poncet à Catherine de Médicis après avoir visité l'empire ottoman...

9 nov 2016

Aux côtés de François Hotman comme grande figure monarchomaque, on trouve Philippe Duplessis-Mornay (1549-1623), grand érudit protestant maîtrisant parfaitement le latin, mais également le grec, l'hébreu, l'allemand, ayant des connaissances larges en néerlandais, en anglais, ainsi qu'en italien.

Il sera ainsi un proche conseiller de Henri de Navarre, avant que celui-ci ne devienne Henri IV, cherchant à propulser celui-ci comme roi protestant maintenant une tolérance vaste pour les deux religions chrétiennes. La trahison de Henri IV l’amènera à gérer la situation inverse avec la négociation de l'Édit de Nantes, lui-même étant mis de côté par la suite, alors que s'intensifiait la vague monarchique anti-protestante...

7 nov 2016

Avec l'opposition entre protestantisme et catholicisme, la situation était explosive ; avec l'existence de la faction italienne au sein de la royauté, le besoin d'une rupture devenait complet pour les protestants.

La Francogallia eut donc un impact retentissant ; en pleine guerre civile, l'appel de François Hotman possédait un sens dépassant le simple cadre protestant. C'est toute l'option ultra du catholicisme et de la faction italienne de la royauté qui apparaissait comme précipitant le pays dans le chaos...

6 nov 2016

Le P«C»F est divisé en trois entités bien déterminées : la base, les cadres et les élus. Ces derniers ont conscience de la pression sur la survie de leur structure, la base vit dans une mythologie directement issue du révisionnisme.

Quant aux éléments intermédiaires, ils tanguent entre les deux, espérant en tout cas maintenir coûte que coûte la structure générale que les élus pourraient avoir tendance à dissoudre dans un regroupement plus vaste...

4 nov 2016

Le problème historique de la France est qu'elle a été influencée tant par l'humanisme et le protestantisme d'un côté, que par la Renaissance italienne et le baroque de l'autre. Or, cela est résolument contradictoire, de par les bases historiques de chaque mouvement, le premier étant progressiste, le second ancré dans le catholicisme, l'aristocratie, la réaction.

Pire encore, la nation française étant née à travers l'unification de ces deux pôles antagoniques, leur antagonisme est pour cette raison profondément masqué, inconnu, alors qu'il est justement à la source de profonds déséquilibres et fournit la base à maints événements historiques de notre pays...

2 nov 2016

Au XVIe siècle, tout un courant de pensée se développe sur la base du protestantisme (mais la dépassant largement) développant une conception politique qui sera, par la suite, qualifiée de monarchomaque, c'est-à-dire d'opposant à la monarchie.

Cette irruption d'une démarche politique était inévitable, pour deux raisons. Tout d'abord, il y avait l'affrontement entre le pouvoir royal et l'aristocratie, avec en arrière-plan la tendance à la formation de la monarchie absolue, pour centraliser et moderniser le pays...

2 nov 2016

L'année prochaine, tous les révolutionnaires authentiques du monde salueront la révolution d'octobre, la prise du pouvoir en Russie, il y a cent ans. Avec le grand Lénine à la tête des « bolcheviks » formant la majorité du Parti Ouvrier Social-Démocrate de Russie, les révolutionnaires ont été capables de renverser l’État réactionnaire et d'établir le socialisme.

Comme communistes suivant le chemin de 1917, nous voulons profiter de ce centième anniversaire à venir pour souligner un très impo..rtant aspect de la révolution d'Octobre : la question de la direction, c'est-à-dire l'importance de Lénine...

31 oct 2016

Ainsi, la France des années 30 a connu de nombreuses organisations d'extrême-droite, mais les historiens bourgeois ont toujours nié que celles-ci relevaient du fascisme. Ils ont en particulier cherché à nier la nature des Croix de Feu et du Parti Social Français.

Seuls deux historiens bourgeois se sont opposés à cette vision : Bernard-Henri Lévy et Zeev Sternhell, qui ont considéré qu'il y a eu toute une scène fasciste qui a fait office de laboratoire et est passé ensuite dans le camp du pétainisme...

30 oct 2016

Connaître l'histoire des Croix de Feu et du Parti Social Français est capital pour qui veut comprendre les mentalités et la politique dans notre pays. En effet, ces deux organisations, la seconde étant issue de la première, ont formé ce qui a été historiquement le parti politique français avec le plus d'adhérents, sur une base idéologique et culturelle représentant le fascisme français.

Là réside d'ailleurs une sorte de secret, que seul le matérialisme dialectique permet de percer : ce dossier est une arme politique, idéologique et culturelle très puissante...

29 oct 2016

Croix de Feu et P.S.F. - 23e partie : l'échec final

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Il est très difficile d'établir le panorama du P.S.F. pendant l'Occupation, tellement les contradictions de la situation le firent imploser. Tous les choix possibles ont été faits au P.S.F., avec toutes les nuances.

On a ainsi Bernard Dupérier, pilote de François de La Rocque, qui prendra lors de la Résistance le commandement de l'escadre aérienne de chasse française en Grande-Bretagne, ou encore le député Edmond Barrachin qui rejoint Londres, tandis que le député Jacques Bounin organisa la Résistance à l'intérieur du pays.

Mais on retrouve aussi Paul Touvier, figure même du milicien, Paul Creyssel qui fut un temps secrétaire général à la propagande du régime de Vichy...

28 oct 2016

La défaite face à l'Allemagne nazie fut un coup terrible à la stratégie de François de La Rocque, entièrement fondée sur l'indépendance française complète, avec un partenariat proposable uniquement à l'Espagne franquiste et l'Italie fasciste, une opposition franche à l'Allemagne.

Bien entendu, une prise de contact eut lieu ; en septembre 1936, un représentant du P.S.F. alla en Allemagne discuter avec Rudolf Hess, en présence d'un consul espagnol anti-républicain et du fasciste anglais Oswald Mosley. En décembre de la même année, François de La Rocque se rend à Bruxelles, afin de rencontrer Léon Degrelle, le dirigeant belge du mouvement rexiste, ainsi que le banquier allemand Dessler...

25 oct 2016

A l'opposé des ligues espérant le coup d’État, François de La Rocque comptait phagocyter la République. La question électorale se posa alors inévitablement. Ce n'était pas du tout dans la démarche des ligues, ce qui souligne sa spécificité.

Cela ne veut pas dire que la prise du pouvoir soit conçue comme un simple processus électoral. Le P.S.F. ne se cachait pas sur ce plan, expliquant :

« Pour réaliser son programme, le Parti Social Français réclame LE POUVOIR...

24 oct 2016

Contre l'anarchisme

Submitted by Anonyme (non vérifié)

L'anarchisme est une théorie du XIXe siècle, né sur le terrain de la petite propriété et faisant de l'individu la figure historique de notre époque, tout comme le libéralisme.

Au sein de la première Internationale, le marxisme a réussi à vaincre l'anarchisme, dont les figures les plus connues étaient alors Pierre-Joseph Proudhon et le russe Mikhaïl Bakounine...

21 oct 2016

L'opposition droite-gauche en France est issue, du point de vue du matérialisme dialectique, de l'affrontement entre deux fractions de la bourgeoisie : celle ouvertement réactionnaire, lié au royalisme et au catholicisme, et celle moderniste et laïque. Cette opposition est directement issue du compromis du tout début du XXe siècle. Le Parti Communiste n'a pas réussi à saisir cet arrière-plan, ne saisissant pas les contradictions au sein de la bourgeoisie.

Il n'a donc pas compris le radicalisme, cette forme de républicanisme de centre-gauche, expression de la bourgeoisie modernisatrice, partisane d'un capitalisme libéral et, de ce fait, opposé aux fractions de la bourgeoisie historiquement liées au féodalisme, au catholicisme, au monarchisme, etc...

19 oct 2016

Si le Parti Communiste a été amené aussi aisément dans les bras du jauressisme, ce n'est pas seulement pour des raisons d'incompréhension du matérialisme dialectique. François de La Rocque est, en fait, peut-être le seul en France à avoir compris ce qu'est le léninisme, et il était contre. Sa dynamique vise clairement, comme le national-socialisme allemand, à siphonner le développement d'un Parti Communiste s'établissant dans l'Histoire de son pays, impulsant des positionnements idéologiques et culturels révolutionnaire.

François de La Rocque a compris qu'il s'agissait d'une guerre de positions et le Parti Communiste s'est aperçu qu'il était en retard dans ce processus. C'est la raison pour laquelle il s'est précipité aussi facilement dans le républicanisme, tentant de lancer un mouvement Croix de Feu inversé...

18 oct 2016

A la mi-septembre 1937, la police mène une opération contre des dépôts d'armes dans tout le pays, mettant la main sur des centaines de fusils-mitrailleurs, des dizaines de mitrailleuses, ainsi que 10 000 grenades de provenance italienne et allemande. Fin janvier 1938, un de ces dépôts saute accidentellement, tuant 14 personnes ; il cachait 6 000 grenades et 200 kilos d'explosifs.

Telle était l'atmosphère lourdement pesante où l'extrême-droite s'organisait et s'armait. Dans ce cadre, le Parti Communiste, par l'intermédiaire de L'Humanité a très régulièrement parlé de François de La Rocque, des Croix de Feu et du P.S.F., tout à fait conscient de son importance dans le dispositif d'extrême-droite...

16 oct 2016

La position de François de La Rocque devint de plus en plus antagonique avec l'extrême-droite traditionnelle qui, fin 1937, met en place le plan d'un coup d’État. Le gouvernement devait avoir à sa tête le maréchal Franchet d'Esperey, le maréchal Weygand ayant refusé, le maréchal Pétain ayant « réservé son avenir » même si son chef de cabinet, le commandant Loustanau-Lacau, assurait la liaison entre les putschistes. Philippe Pétain considérait que le Front populaire s'effondrerait de lui-même et qu'il pourrait alors prendre les commandes des institutions.

François de La Rocque, comme en 1934, refusa de participer en mettant ses troupes à la disposition du coup d’État...

14 oct 2016

La ligne du P.S.F. est ainsi orientée vers les masses, car il s'agit, ce que les autres organisations de l'extrême-droite n'avaient pas compris, de faire nombre, comme le dit l'article « Le nombre » :

« En face des partis marxistes, il n'y a qu'un parti de masse : le P.S.F. Cela n'est plus contesté par personne. Et pourtant, cette constatation a le droit d'irriter certains qui, pour marquer leur dépit, répètent que le nombre n'est rien.

Or, il en est du nombre comme de la force. C'est une chose odieuse et méprisable, si elle est au service du mal – mais combien précieuse lorsqu'un noble idéal peut s'appuyer sur elle. »...

13 oct 2016

Pour rendre crédible la théorie de la profession organisée, François de La Rocque mit en place de vastes campagnes se voulant sociales, visant à contribuer à l'apolitisme d'orientation nationaliste, afin de produire une atmosphère rendant crédible sa proposition corporatiste. Il résumera sa stratégie ainsi, en juin 1936 dans une note aux chefs de sections :

« Qu’il s’agisse de l’ascension de nos idées vers le pouvoir, de la pénétration des milieux ouvriers et paysans ou, dans un champ d’action moins élevé, de la période électorale, cette action sociale est la condition sine qua non de nos succès. »...

11 oct 2016

Les Croix de Feu étaient nés comme structure d'anciens combattants, mais le glissement vers une ligne ouverte à tous avait donc été impulsée par François de La Rocque. En 1935, on lit d'ailleurs dans le Programme du Mouvement Social Français des Croix-de-Feu que :

« Nous ne pratiquerons jamais la religion de l’État, mais nous voulons un État tuteur, un État qui serve, contrôle, sanctionne.

Le Mouvement Croix-de-Feu est aussi loin de la conception totalitaire, à la mode italienne, allemande, où l’enfant dès sa naissance est voué à l’État, que de la conception marxiste où l’individu devient un numéro anonyme, écrasé sous la tyrannie collective d’une poignée de dictateurs. L’épithète fasciste convient à d’autres. Pas à nous. »...

10 oct 2016

Croix de Feu et P.S.F. - 13e partie : la mystique

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Il faut bien être conscient que si le principe de « profession organisée » est une aberration technocratique, un corporatisme relevant du fascisme, ce principe sert avant tout une mystique que François de La Rocque a réussi à développer puissamment en profitant du fait que les ligues ont dû cesser d'exister. Le processus a été accompagné d'une de maître, avec une grande finesse politique.

Depuis 1935, les Croix de Feu s'appuient sur un Mouvement Social Français des Croix-de-Feu, avec une base idéologique ayant largement quitté l'approche unilatérale du nationalisme du type « anciens combattants ». Le 22 juin 1936, François de La Rocque faisait passer une circulaire indiquant aux adhérents qu'ils doivent rester en contact avec leur chef de « dizaine », expliquant le 24 juin dans une communication interne : « Le gouvernement… a prononcé dans l'arbitraire un nouveau décret de dissolution des Croix de Feu et des Volontaires Nationaux. Nous nous y attendions… Nous créons le « Parti Social Français ». »

8 oct 2016

Dans son ouvrage publié en 1934, Service public, François de La Rocque formulait sa théorie corporatiste sous le nom de « profession organisée ». Cela donnait la définition suivante, tout à fait contradictoire par ailleurs :

« Organiser la profession, explique-t-il ailleurs, c’est, dans le plan local, régional, national, réunir entre elles les différentes catégories de travailleurs, depuis l’ouvrier manuel jusqu’au patron, pour une même branche de production...»

7 oct 2016

Quelle est la différence entre les Croix de Feu et le Parti Social Français? Elle est très simple à comprendre.

Les Croix de Feu étaient une structure anti-marxiste : le P.S.F. se voulait la structure anti-marxiste par excellence. Toute sa forme tendait à ce but.

En janvier 1938, il devint une « union interfédérale », avec chaque fédération existant de manière officiellement autonome. Le comité exécutif, de son côté, se centralisait davantage, se réunissant quatre fois par ans seulement, alors qu'une commission administrative permanente s'occupait des activités au jour le jour...

6 oct 2016

Historiquement, le Front populaire a procédé à la dissolution des ligues. Les Croix de Feu devinrent le Parti Social Français, les autres ligues tentant de former des partis, sans grand succès, et en tout cas sans aucun rapport avec l'expansion numérique gigantesque du Parti Social Français.

Les historiens bourgeois se fondent dessus pour nier l'existence d'un fascisme français, en disant que le Parti Social Français – historiquement le parti qui en France a eu le plus d'adhérents – était un parti de droite dure, ayant même été finalement un obstacle à l'extrême-droite. François de La Rocque aurait fait basculer la ligue des Croix de Feu vers les institutions. En faisant cela, il aurait empêché le fascisme d'avoir une base populaire...

4 oct 2016

Le Parti Communiste français n'avait pas compris le caractère spécifique des Croix de Feu et du P.S.F., les assimilant avec François de La Rocque à l'extrême-droite ayant existé jusque-là sous la forme de groupes de pression nationalistes, favorables à un coup d’État. Il le paiera cher, car la conséquence sera l'incompréhension du gaullisme, qui est dans la continuité directe de la position de François de La Rocque.

Pourtant, les événements de 1934 auraient dû l'amener à comprendre cela. On sait que le 6 février 1934 a été un événement capital de l'Histoire de notre pays, avec plusieurs dizaines de milliers de manifestants des « ligues » d'extrême-droite tentant de marcher en direction du parlement, pour le prendre d'assaut...

3 oct 2016

En pratique, les Croix de Feu, aidés des Volontaires Nationaux qui étaient une structure de soutien, étaient une organisation de guerre civile. Les structures fonctionnaient de manière autonome, mais avec en leur sein une hiérarchie très stricte, avec des responsabilités paramilitaires et militaires bien définies.

Cinq adhérents, de la même maison, de la même rue, habitant près les uns des autres, formaient une « main ». Deux « mains » formaient une dizaine, trois dizaines une « trentaine », qui elle-même était associée à deux autres trentaines, pour former une « centaine ». Les centaines étaient reliées par « secteur »...

30 sep 2016

Dans l'optique d'un refus de l'opposition droite contre gauche et dans l'idée d'une renaissance-réconciliation, les Croix de Feu fondaient leur activité publique sur la mobilisation. Il ne s'agissait pas, comme l'extrême-droite liée au royalisme, de passer par la violence pour mener des coups d'éclat.

Il s'agit de diffuser un état d'esprit, une mentalité, ce qui correspond absolument aux démarches des S.A allemands et des chemises noires italiennes...

29 sep 2016

François de La Rocque se pose donc en sauveur de la Nation, qu'il veut refonder, en procédant à la réconciliation de la population et en purifiant l'administration. En cela, sa position peut se conjuguer aux Croix de Feu, qui ont également des attentes de réorganisation nationale, de valorisation du patriotisme complet, de rétablissement des valeurs traditionnelles, etc.

Cette dynamique est puissante et elle n'a pas besoin, par conséquent de s'inspirer d'autres tentatives du même genre ou différentes effectuées ailleurs. François de La Rocque rejette donc le fascisme, ce dernier étant considéré comme correspondant uniquement au modèle italien...

28 sep 2016

Que veut François de La Rocque, que compte-t-il faire des Croix de Feu ? En fait, tout comme avec les dirigeants nationalistes de l'époque, il n'a pas d'idéologie bien définie. Il agit, parce qu'il considère qu'il doit le faire, pour le bien de la Nation. Il transporte quelque chose qui est inhérent à la Nation, qui est nécessaire. C'est pourquoi il a pu affirmer que : « Le but est l'existence nationale. Un régime est un moyen. »

Et, de par sa base idéologique et culturelle, François de La Rocque a une certitude : s'il y a des problèmes sociaux, il est possible de les résoudre en se fondant sur une approche chrétienne et nationale, car les deux sont liés...

27 sep 2016

Maurice d'Hartoy n'était pas un idéologue, mais un sentimental nationaliste pétri de romantisme. Mais l'idéalisme s'effondre nécessairement dans la vie quotidienne la plus misérable.

En pratique, François Coty avait une liaison avec une secrétaire, dont il eut pas moins de quatre enfants. Celle-ci eut également une liaison avec Maurice d'Hartoy, qu'elle rejoindra par ailleurs à la mort de François Coty, qui finira par revenir en fait avec sa femme. Entre-temps, François Coty propose un marché à Maurice d'Hartoy, l'éloignant avec sa femme pendant une année au moins, par contrat, secret, lui finançant des voyages à l'étranger sous prétexte d'articles...

25 sep 2016

Avec cet arrière-plan, on ne s'étonnera guère que François de La Rocque se soit rapproché des Croix de Feu, initialement un mouvement d'anciens combattants d'orientation nationaliste.

Tout part de Maurice-Lucien Hanot, dit lieutenant d'Hartoy, au moment où il se rapproche de Joseph Marie François Spoturno dit François Coty, qui est alors un des hommes les plus riches du monde grâce à son industrie de parfum...

24 sep 2016

En novembre 1925, le ministre de l'intérieur Camille Chautemps fit procéder à des perquisitions : sont visés les sièges de l'extrême-droite, plus précisément de l'Action française, des Jeunesses Patriotes, de la Ligue des chefs de section (une organisation nationaliste d'anciens combattants), du Faisceau.

La raison en était que les quelques maréchaux qu'avaient alors la France travaillaient sur l'hypothèse d'un coup de force, provoquant une certaine panique au gouvernement du Cartel des gauches. Au cœur de cette logique putschiste, on a Hubert Lyautey...

23 sep 2016

Croix de Feu et P.S.F. - 1re partie : les La Rocque

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Pour être en mesure de comprendre ce qu'ont été les Croix de Feu et le Parti Social Français, il faut saisir tout l'arrière-plan idéologique et culturel qui lui a donné naissance.

A ce titre, François de La Rocque, dit de Séverac, théoricien et dirigeant des Croix de Feu et du Parti Social Français, est en soi un caractère-type. Fils de général, il se marie à Édith Marie-Louise Allotte de la Füye, elle-même fille de général. C'est à l'origine un aristocrate, fervent chrétien, abonné à l'Action française, dont l'esprit est celui même de l'élite de l'Armée française...

21 sep 2016

Le gauchisme – 11e partie : le gauchisme en France

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Un nombre important de groupes français furent influencés par la gauche « germano-hollandaise » et la « gauche italienne ». Tous se situaient dans la mouvance syndicaliste-révolutionnaire et d'ultra-gauche, prônant une ligne de refus complet de réformisme au moyen d'une propagande unilatétale pour la révolution.

Cette révolution devait être anti-parti, par définition, le bureaucratisme étant considéré comme le second pilier du « système » avec le capitalisme...

20 sep 2016

Le gauchisme – 10e partie : la «gauche italienne»

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Le KAPD a été le centre historique de la « gauche germano-hollandaise », avec un important centre intellectuel aux Pays-Bas. L'Italie, la Belgique et la France ont été par contre les pays touchés par la « gauche italienne ».

Initialement, la gauche italienne s'appuie sur la position d'Amadeo Bordiga, qui sera l'opposant historique à Antonio Gramsci dans la bataille pour la direction du Parti Communiste d'Italie...

18 sep 2016

Anton Pannekoek, avec sa critique du Parti social-démocrate, ne pouvait que revenir à l'anarchisme né justement de l'opposition à un tel parti. Par conséquent, Anton Pannekoek va faire toute une théorie comme quoi le principe de parti n'est là que pour permettre à une couche sociale composée d'intellectuels de former une bureaucratie dirigeante.

Cette théorie sort totalement de l'analyse matérialiste des classes, pour rejoindre la théorie anarchiste sur l'État.

17 sep 2016

On l'aura compris, Anton Pannekoek dénonce au fond le Parti dirigeant tel que la social-démocratie l'a théorisé. Voici comment il voit les choses :

« La social-démocratie a toujours vu dans le parti (lié aux syndicats) l'organe servant à mener la révolution à bonne fin.
Ceci ne veut pas dire forcément l'emploi exclusif des méthodes électorales; pour sa fraction radicale, le parti devait utiliser la pression conjointe des moyens parlementaires et de moyens extra-parlementaires tels que les grèves et les manifestations, afin de faire valoir la puissance du prolétariat...»

14 sep 2016

Si Otto Rühle représente la principale figure du gauchisme dans sa variante largement ouverte au syndicalisme-révolutionnaire, au point de n'en être ouvertement qu'une variante, le hollandais Anton Pannekoek (1873-1960) est quant à lui la figure du « communisme des conseils » rejetant le syndicat.

Issu de la haute bourgeoisie, Anton Pannekoek mena une carrière institutionnelle d'astronome, devenant professeur à l'université d'Amsterdam en 1932 et la même année membre de l'Académie néerlandaise des sciences...

13 sep 2016

L'un des courants relativement exemplaire du volontarisme gauchiste – avec toute l'apologie d'une énergie vitaliste se précipitant dans une sorte de recette-miracle comme « clef » de la révolution – fut ce qui sera par la suite appelé le « national-bolchevisme ».

Ce courant n'a rien rien à voir avec les courants de droite qui utilisent la démagogie sociale ; le national-bolchevisme initial est une tentative gauchiste de profiter d'une situation particulière pour faire avancer la révolution...

12 sep 2016

Otto Rühle n'est pas original dans son propos, dans la mesure où il prolonge sa critique du Parti de type social-démocrate. Ce dernier s'étant développé en le parti de type léniniste, Otto Rühle ne fait que continuer sa critique, en l'adaptant à la nouvelle forme. En arrière-plan, c'est la notion même de parti social-démocrate qui est remis en cause, le léninisme étant sa forme la plus développée.

10 sep 2016

L'Humanité, l'okapi et Joséphine Baker

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Pour nous, le communisme doit véritablement comprendre le sens de la contradiction villes-campagnes. Le marxisme contenait la base scientifique pour saisir cela, mais pour en saisir la dimension réelle, il a fallu attendre le léninisme et l'URSS – notamment avec le concept de biosphère –, ainsi que le maoïsme et la Chine populaire – avec le principe des communes populaires et de l'univers en oignon.

En ce début du XXIe siècle, alors que le crise générale du capitalisme est si grande, impossible de ne pas voir cet aspect...

8 sep 2016

L'une des principales figures du gauchisme allemand fut Otto Rühle. Professeur membre de la social-démocratie, il fut élu au parlement en 1912 et fit partie des 15 parlementaires sociaux-démocrates sur 111 qui le 3 août 1914 refusèrent de voter pour les crédits de guerre.

Il participa ensuite à une importante réunion de la gauche, en mars 1915, dans l'appartement de Wilhelm Pieck, qui sera par la suite dirigeant du KPD (Parti Communiste d'Allemagne), avec Liebknecht, Mehring et neuf autres personnes, qui fondèrent la revue Die Internationale, qui n'aura qu'un numéro mais donnera naissance au Gruppe Internationale, qui deviendra le Spartakusgruppe et donnera naissance au KPD...

7 sep 2016

Le gauchisme – 3e partie : le KAPD et l'AAUD

Submitted by Anonyme (non vérifié)

L'élan de la révolution allemande fut très profond et, malgré la mort de Rosa Luxembourg et de Karl Liebknecht, le Parti Communiste d'Allemagne (KPD) se construisit de manière très rapide.

Toutefois, il y avait deux axes possibles qui en découlaient. Soit il fallait se tourner vers tout un ensemble de structures dispersées liées directement à la perspective de l'insurrection, dans l'idée d'aller le plus rapidement possible, en mettant l'idéologie et l'organisation de côté...

29 aoû 2016

Le gauchisme – 2de partie : la source du gauchisme

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Le gauchisme n'est pas sorti de nulle part ; il n'est nullement une tendance radicale spontanée qui serait le fruit d'une vague révolutionnaire, comme les gauchistes le prétendent pourtant. Il est issu des courants défaits par la social-démocratie et renouvelant leurs formes.

Il suffit de voir ainsi quelle était la situation aux Pays-Bas, pays où le gauchisme en tant que courant organisé fut particulièrement fort. Il est d'ailleurs parlé, chez les gauchistes, de la « gauche germano-hollandaise » et de la « gauche italienne »...

28 aoû 2016

Le gauchisme – 1re partie : la nature du gauchisme

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Historiquement, la social-démocratie a été le mouvement ouvrier s'appuyant sur un Parti de cadres autour d'une idéologie bien précise : le socialisme scientifique.

Ce Parti dirige les luttes de classe, dans l'intégralité du processus ; la spontanéité est rejetée. Cette forme de Parti a été accepté par Lénine, lui-même un social-démocrate initialement ; dans Que faire?, il souligne son accord avec Karl Kautsky sur ce point.

Ce qu'on appelle le gauchisme est la réfutation de ce type de Parti...

19 aoû 2016

Le décès de l'historien bourgeois Ernst Nolte

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On a appris hier le décès de l'historien bourgeois allemand Ernst Nolte, une figure très célèbre pour son interprétation du national-socialisme. Ernst Nolte a, en effet, provoqué une polémique importante en affirmant que le national-socialisme n'était qu'une simple réaction au communisme.

Selon lui :

« Ce qu’il y a dans le national-socialisme de plus essentiel, c’est son rapport au marxisme, au communisme particulièrement, dans la forme qu’il a prise grâce à la victoire des bolcheviks. »
(La Guerre civile européenne)

16 aoû 2016

L'empirio-criticisme est ainsi un mélange d'idéalisme et de matérialisme, il est d'autant plus difficile à saisir que bien entendu ce mélange est particulièrement confus, tentant de masquer sa propre nature finalement idéaliste par des positions qui ont l'air matérialiste.

Lénine note de ce fait : « Eduard von Hartmann, idéaliste conséquent et réactionnaire conséquent en philosophie, qui voit d'un œil bienveillant la lutte des disciples de Mach contre le matérialisme, se rapproche beaucoup de la vérité en disant que la philosophie de Mach représente « un mélange confus (Nichtunterscheidung [sans distinction concrète]) de réalisme naïf et d'illusionnisme absolu »...

15 aoû 2016

Une fois qu'il a posé le cadre, Lénine part à l'assaut. Pour cela, il explique la position philosophique du physicien et philosophe autrichien Ernst Mach (1838-1916) et de son successeur le philosophe allemand Richard Avenarius (1843-1896).

En pratique, les thèses d'Enrst Mach et de Richard Avenarius sont extrêmement proches de celles de Henri Bergson en France, une vingtaine-trentaine d'années plus tard. Ernst Mach dit ainsi que « Ce ne sont pas les choses (les corps), mais bien les couleurs, les sons, les pressions, les espaces, les durées (ce que nous appelons d'habitude des sensations) qui sont les véritables éléments du monde » : on a la même approche psychologique, orientant tout le savoir vers ce qui serait une vie intérieure propre à chacun...

14 aoû 2016

SED : la nature de la RFA et la RDA (1952)

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Nous voulons conserver une solide fidélité à la bannière de Marx – Engels – Lénine – Staline et réaliser de manière conséquente les conseils du grand Staline sur la nécessité d'assurer l'amitié entre les peuples. (Applaudissements tempétueux)

En Allemagne de l'est, après la libération par l'armée soviétique, ont été tirées les leçons de la catastrophe où le fascisme hitlérien avait amené l'Allemagne. Les forces démocratiques et amoureuses de la paix ont mené une politique de paix, de reconstruction de l'économie pacifique et d'amitié entre les peuples...

13 aoû 2016

Lénine, dans Matérialisme et empirio-criticisme, fait référence à Denis Diderot, qu'il présente comme résumant la thèse matérialiste. Voici ce que dit Lénine, dans un long passage consistant surtout en des citations :

« Quant aux matérialistes, le maître des encyclopédistes, Diderot, dit de Berkeley : « On appelle idéalistes ces philosophes qui, n'ayant conscience que de leur existence et des sensations qui se succèdent au‑dedans d'eux‑mêmes, n'admettent pas autre chose : système extravagant qui ne pouvait, ce me semble, devoir sa naissance qu'à des aveugles ; système qui, à la honte de l'esprit humain et de la philosophie, est le plus difficile à combattre, quoique le plus absurde de tous. »...

12 aoû 2016

Lénine écrit au début du XXe siècle en Russie, dans un pays où la monarchie absolue tente de développer le pays, soutenant le capitalisme, alors que la féodalité est encore massive, portée par une aristocratie profondément réactionnaire. La religion, le christianisme orthodoxe, est ici la clef de voûte du dispositif idéologique.

Le matérialisme et le marxisme ont alors eu une influence notable sur les couches éclairées et surtout sur la classe ouvrière, au point que les représentants intellectuels des couches dominantes devaient y faire face...

11 aoû 2016

Matérialisme et empiriocriticisme est une d'une importance capitale dans l'histoire du matérialisme dialectique. Lorsque Lénine l'écrit en 1908 – il sera publié en 1909 – il ne fait en apparence que défendre les enseignements de Karl Marx et Friedrich Engels dans le cadre du développement des sciences à l'époque.

En pratique pourtant, il approfondit de manière essentielle la connaissance du matérialisme dialectique, en le replaçant au centre de préoccupations des révolutionnaires représentant la classe ouvrière. Sous l'impulsion de Karl Kautsky en effet, les partisans du marxisme tendaient toujours plus à se focaliser sur le matérialisme historique, mettant de côté ou effaçant la signification scientifique complète des enseignements de Karl Marx et Friedrich Engels...

8 aoû 2016

La ligne du PCI, depuis que le régime a vacillé avec le « coup » contre Benito Mussolini et l'intervention militaire des Alliés en Italie même, est très claire : il faut unifier les masses pour chasser l'envahisseur allemand.

Les Instructions pour tous les camarades et pour toutes les formations du parti, écrites par Palmiro Togliatti en 1944, affirment les points suivants :

1) ligne générale du Parti pour le moment présent : Insurrection nationale du peuple dans toutes les régions occupées pour la libération du pays et l’écrasement des envahisseurs allemands et des traîtres fascistes...

7 aoû 2016

Le paradoxe du gouvernement de Pietro Badoglio, c'est que lorsque l'armistice fut organisé avec les alliés et déclaré le 8 septembre au soir, il dut fuir Rome, ce qui fut également le cas pour le Roi. Le commandement militaire lui-même s'enfuit en pleine panique, sans prévenir aucun ministre, abandonnant des documents secrets, le sceau de l'état-major, etc.

C'est ce qui fut appelé la défense manquée de Rome, et cela alors que 80 000 soldats italiens étaient présents en périphérie. Le 9 septembre, dans la matinée, l'Armée allemande a déjà le contrôle de la capitale italienne...

6 aoû 2016

Au sens strict, le fascisme est un modernisme poussé par la partie nord de l'Italie, industrialisée et ayant accepté un compromis avec le féodalisme du sud. Le respect de la royauté a fait partie de ce compromis.

Giovanni Gentile a été l'artisan de ce compromis, notamment avec une réforme de l'école. Désireux de mettre en avant la « morale », il avait fait en sorte que dans les « gymnases », c'est-à-dire les lycées, 70 % des cours relèvent des sciences humaines (italien, latin, grec, histoire, philosophie), comprises comme des « méthodes », des « règles », le par cœur étant la principale démarche...

5 aoû 2016

1943 est l'année de l'effondrement interne du fascisme italien. Rien qu'en mars ont lieu des grèves en masse, à Turin tout d'abord, puis Milan, Venise afin de se diffuser, pour toucher 100 000 ouvriers protestant contre leurs conditions de vie et exigeant la paix. Les centaines d'arrestations ne suffisent pas à ébrécher un mouvement témoignant d'une véritable relance de la lutte de classe ; elles nuisent par contre grandement aux réseaux communistes.

Toutefois, les impérialistes connaissent également la situation et ils ont intégré ce fait. En juillet 1943, le 10, les Alliés organisent un débarquement en Sicile, ayant pris au préalable de nombreux contacts avec la mafia italienne pour aider à assurer une transition. L'Armée fasciste ne fait pas le poids avec ses 18 divisions mal équipées, ainsi que 8 autres en garnisons dans les îles, alors que 34 autres sont actives en France, en Grèce et dans les Balkans...

4 aoû 2016

Le fascisme épuise sa crédibilité alors que la crise sociale s'approfondit et que la guerre impérialiste devient la seule orientation véritable du régime. Le PCI a quant à lui décider de lutter pour conquérir les masses ; en comprenant qu'il doit lutter y compris au sein de syndicats ou de la jeunesse fascistes, il a compris que le radicalisme verbal bordiguiste était une faille. Il assume le travail de fond et dans ce cadre, le PCI assume ainsi enfin la ligne du Front populaire, ce qui est d'autant plus facile que l'Italie fasciste s'allie totalement à l'Allemagne nazie...

31 juil 2016

L'Italie ayant émergé sur le tard comme puissance impérialiste, le « partage du monde » était déjà en grande partie réalisé et le pays eut un rôle colonial mineur comparé à l'Angleterre ou la France, se contentant des zones secondaires. La toute première colonie italienne fut établie en Érythrée par l'armateur Rubattino en 1882 ; dix ans tard, au terme d'une rude concurrence avec les britanniques, s'ajouta la Somalie voisine.

Une option disponible pour les Italiens était également de se confronter aux forces coloniales déjà existantes pour leur arracher des territoires. Ce fut le cas de la guerre de 1911 contre l'Empire Ottoman, l'Italie de Giolitti arrachant la Tripolitaine, la Cyrénaïque ainsi que le Dodécanèse grec...

31 juil 2016

L'annonce de la fin de la guerre d'Afrique a été saluée par vous avec joie, car dans vos coeurs s'est allumée l'espérance de voir finalement s'améliorer vos pénibles conditions de vie.

On nous a répeté que les sacrifices de la guerre étaient nécessaires pour assurer le bien-être au peuple italien, pour garantir le pain et le travail à tous nos ouvriers, pour réaliser - comme disait Mussolini - "la plus haute des justices sociales, qui, depuis la nuit des temps, est le plus grand désir des masses en lutte âpre et quotidienne avec les necessités de la vie les plus élémentaires", pour donner des terres à nos paysans, pour créer les conditions de la paix...

30 juil 2016

La mort d'Antonio Gramsci, le 27 avril 1937, apparaît comme le moment qui clôt toute une période. Antonio Gramsci, qui était bossu, avait une santé très faible en général et la détention a fait des dernières années de sa vie un enfer, alors qu'il souffrait de dépression cardiaque, de tuberculose pulmonaire, d'arthrite, d'hypertension, d'une hernie ombilicale, d'une pyorrhée alvéolaire qui lui a fait perdre plusieurs dents.

Les conditions infectes de son emprisonnement étaient supervisées directement par Benito Mussolini ; il s'agissait d'empêcher que le PCI puisse profiter, de quelque manière que ce soit, de son dirigeant emprisonné...

28 juil 2016

Qu'est-ce que la société italienne fasciste ? Est-elle un « totalitarisme » ? En fait, la société italienne reste une société où les valeurs libérales prédominent au plan individuel ; le fascisme se veut même le meilleur porteur du libéralisme.

Cependant, selon l'idéologie fasciste, seul l’État est le garant des droits individuels. C'est ici qu'on retrouve la philosophie de Giovanni Gentile, le maître d'oeuvre idéologique du régime. Selon Giovanni Gentile, la philosophie de la praxis est conforme à la réalité : ce n'est qu'en s'actualisant dans la pratique que la conscience est réalité...

28 juil 2016

Du 14 au 21 avril 1931 a lieu le 4e congrès du PCI, à Cologne en Allemagne. On y retrouve 35 ouvriers, 3 artisans, 2 ouvriers agricoles, 2 paysans, 7 employés, 2 étudiants et 5 intellectuels. Un ouvrage de 1952, retraçant les 30 années de lutte du PCI, raconte à ce sujet :

« Les travaux étaient entourés par le calme de la forêt tandis que les équipes de surveillance du parti communiste allemand étaient nuit et jour en alerte. Non seulement l’organisation logistique fut admirable mais également la protection... »

26 juil 2016

​A quoi ressemble le régime fasciste une fois qu'il a placé dans l'illégalité toute l'opposition et considérablement affaibli le PCI ?

L'une des choses les plus importantes qu'il réalise, dans le cadre italien, est un accord avec le Vatican, signé le 11 février 1929. Ces « accords de Latran » – du nom du palais du Latran, la résidence du pape – donnent naissance à l’État du Vatican, formellement indépendant, et fait de l’Église catholique, apostolique et romaine la tenante de la religion officielle de l'Italie...

24 juil 2016

L'un des grands soucis posés par le fascisme italien est l'émigration des progressistes. Celle-ci touche 44 782 personnes en 1921, 100 000 en 1922, 167 000 en 1923, 201 000 en 1924, 45 528 en 1925, 111 252 en 1926.

Comment lutter contre le fascisme si les plus progressistes s'en vont, abandonnant le terrain ? Le PCI, lui, décide de rester fermement sur le terrain de la lutte de classes en Italie ; seule une centaine de cadres émigre pour des conditions de sécurité. Pratiquement 6 500 militants combattent de pied ferme, dans 47 organisations provinciales (23 provinces n'ayant pas de structure unifiée), affrontant une terrible répression les ciblant de manière prioritaire : 3000 communistes passent par la prison...

23 juil 2016

Toutefois, le fascisme ne compte pas ne pas profiter de sa situation de force, notamment après l'affaire Zaniboni. Le responsable du Parti Socialiste Unitaire, Tito Zaniboni, aidé du général fasciste mais franc-maçon Luigi Capello, tenta en effet de tuer Mussolini, le 4 novembre 1925.

L'opération échoua, mais tendit encore plus la situation ; le régime exigea que la presse soutienne désormais le régime, forçant la presse contestataire à capituler. En septembre 1925, la Stampa fut suspendue pour un mois, par la suite son responsable Luigi Salvatorelli fut obligé de quitter sa direction...

22 juil 2016

Le grand problème posé par le fascisme au gouvernement est de savoir comment l'en sortir. Le PCI considère que pour l'extirper, il faut nécessairement changer de régime. Le PSI, basculant toujours plus à droite, pense qu'il est possible justement de s'appuyer sur le régime pour le chasser.

Il y a toutefois pire comme problématique : personne ne pense que le fascisme puisse se maintenir. Tout le monde pense que Benito Mussolini pousse dans la brutalité des chemises noires justement afin de parvenir à un compromis et de s'institutionnaliser...

21 juil 2016

1923 a été un tournant pour le Parti Communiste d'Italie : il y a d'un côté la répression légale qui nuit, la répression para-légale qui tue, la question de la direction qui est posée avec Antonio Gramsci remplaçant Amadeo Bordiga.

Au final de la réorganisation, le PCI a 8619 activistes, principalement basés en Italie du Nord. Ils sont 1244 dans le Piémont, 350 en Ligurie, 1260 en Lombardie, 818 en Veneto, 866 en Vénétie Julienne, 1385 en Emilie-Romagne, 989 en Toscane, 280 dans les Marches, 123 en Ombrie, 585 dans le Latium, 150 dans les Abruzzes Molise, 394 en Campanie, 340 dans les Pouilles, 378 en Calabre, 338 en Sicile, 119 en Sardaigne.

20 juil 2016

Il est clair que le fascisme présente des caractéristiques différentes suivant les pays, en fonction des situations concrètes, spécifiques à chacun. Il a néanmoins deux caractéristiques constantes : d'une part, un programme pseudo-révolutionnaire qui, de façon extrêmement habile, prend appui sur les courants d'opinion, les intérêts et les revendications des masses sociales les plus larges et, d'autre part, l'emploi de la terreur la plus brutale.

L'Italie offre à ce jour l'exemple classique du fascisme et de son développement. Dans ce pays, le fascisme a trouvé un terrain favorable en raison du démantèlement et de la faiblesse de l'économie...

19 juil 2016

Un an après la soi-disant révolution fasciste, on ne peut rester indifférent au souvenir de ce qu'était le programme du fascisme à la veille de la conquête du pouvoir, et en examinant les résultats atteints pendant ce laps de temps. Une période de douze mois, dans cette époque vertigineuse durant lesquels les mois semblent des décennies, ne peut pas être considerée trop brève pour juger d'un gouvernement, même si ce dernier - comme celui fasciste en l'occurrence - déclare qu'avant d'accepter le jugement de qui que ce soit, il a besoin de "temps"...

15 juil 2016

15 juillet 1971 : la mort de Petra Schelm

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Il y a 45 ans, Petra Schelm était tuée par la police ouest-allemande. C'était le 15 juillet 1971, un mois avant l'anniversaire de ses 21 ans.

Après des études de coiffeuse, elle qui venait de milieux modestes avait choisi la rupture. Elle participait aux milieux hippies politisés, surnommé le « blues » et composé de cent colocations rassemblant plusieurs centaines de gens vivant de manière « alternative », dans un mélange de rock et de haschich (tout en refusant l'alcool, dans l'esprit hippie de l'époque). C'est du « blues » dont seront largement issus des organisations de lutte armée comme « les rebelles du hasch », « le mouvement du 2 juin », « les Tupamaros de Berlin-Ouest »...

14 juil 2016

C'est donc une chose très importante à comprendre : en 1922, le fascisme ne prend pas le pouvoir, il prend seulement la tête du gouvernement. Il y a une répression illégale menée par les squadristes, il y a des interdictions, mais le régime n'a pas changé officiellement de nature.

Ainsi, en 1923 l’État procède à un très vaste coup de filet anti-communiste, décapitant la direction du Parti Communiste d'Italie. Or, les 2000 personnes arrêtées ne le sont que pour peu de temps, quelques mois au maximum, 97 sont libérées pour manques de preuves alors que les 31 personnes passant en procès sont acquittés, sauf une à quatre mois de prison...

13 juil 2016

L'Internationale Communiste, depuis le début, a un problème avec la direction du PCI, qui n'hésite pas à faire comme bon lui semble, au nom de la révolution qui serait imminente dans toutes les situations, ce qui nécessiterait une position ultra-gauchiste afin d'apparaître comme la seule option aux yeux des masses.

Lorsque l'Internationale Communiste exige que le Parti Communiste d'Italie fusionne avec le Parti Socialiste italien, Amadeo Bordiga qui est emprisonné parvient à exposer sa ligne dans ses messages : il faut dire non et rejeter l'Internationale Communiste. La rupture est alors complète et l'Internationale Communiste peut enfin remplacer la direction du PCI, ce qui se réalise à la mi-1924, avec enfin un poste de secrétaire général qui est formé, Antonio Gramsci assumant cette fonction...

10 juil 2016

Les avancées énormes du fascisme ont deux conséquences à gauche. La première est l'organisation militaire du PCI, la seconde la scission du Parti Socialiste italien.

A partir de 1921 et du tournant de 1922, le PCI dispose de structures clandestines qui sont progressivement efficaces, principalement dans les villes : Turin est son bastion, à quoi il faut ajouter Milan et Rome, ainsi que Novara, Trieste et Gênes...

9 juil 2016

La marche sur Rome est l'événement le plus connu du fascisme italien. Il est souvent associé à la prise du pouvoir en tant que tel, ce qui est tout à fait erroné : avec cette marche, le fascisme a progressé d'une étape, mais il ne possède pas encore réellement le pouvoir.

Ce qui se passe est que, après que les faisceaux italiens de combat se soient lancés contre la gauche par la violence, il y a une tentative de capitaliser cela politiquement avec la fondation, le 9 novembre 1921, d'un Parti National Fasciste (PNF).

Benito Mussolini tente, par cette manœuvre, d'unifier un mouvement disparate. Avant la fondation du PNF, les 2200 faisceaux regroupent 320 000 personnes, dont la majorité consiste en des étudiants, des employés, des commerçants et artisans, des propriétaires terriens...

7 juil 2016

L'appel de Cochin est l'un des documents les plus importants de l'histoire de la contradiction au sein de la bourgeoisie française, entre la fraction d'orientation industrielle, d'esprit moderniste et libéral, et la fraction d'orientation gaulliste, d'esprit stratégique et nationaliste.

Ces deux orientations s'appuient sur deux secteurs différents de la bourgeoisie : d'un côté le secteur principalement lié à l'industrie et au commerce, de l'autre le secteur lié aux banques, aux groupes monopolistes et à l'armement...

6 juil 2016

Né en 1889, Amadeo Bordiga a été le premier dirigeant du Parti Communiste d'Italie, sa grande figure théorique. A ce titre, il a une responsabilité absolue dans la défaite du PCI.

Amadeo Bordiga était quelqu'un se plaçant directement dans la lignée du syndicalisme révolutionnaire, rejetant la politique : à ses yeux, le Parti Communiste jouait le rôle moteur, comme le syndicat pour les syndicalistes révolutionnaires, et c'était absolument suffisant pour le processus révolutionnaire...

5 juil 2016

Pendant que les forces du PCI sont harcelées et débordées sur tout le territoire, des antifascistes se regroupent spontanément, principalement des anciens combattants progressistes, des républicains du Parti Populaire Italien (catholique), des anarchistes, des socialistes...

En quelques mois, ce phénomène de cellules autonomes, les Arditi del Popolo, prend une ampleur telle que leur nombre atteint 20 000 hommes pour 144 sections. Le style des Arditi del Popolo était au moins en partie problématique, car il reprenait le principe de la brigade de choc de la première guerre mondiale, l'esthétique rebelle sans démilitations culturelles et politiques, etc. C'était une révolte populaire épidermique, née sur le terrain de la contre-violence face aux violences fascistes...

4 juil 2016

La gauche, à la suite du bienno rosso, a de plus en plus perdu les masses. Les fascistes ont réussi à happer des secteurs entiers dans le corporatisme, c'est-à-dire le syndicalisme révolutionnaire sans la révolution, l'énergie sociale-révolutionnaire passant dans le nationalisme.

On reste dans l'apolitisme, au nom de l'anti-parlementarisme, mais la sortie n'est plus une hypothétique révolution, mais la transformation nationale-révolutionnaire. Benito Mussolini est historiquement le dirigeant socialiste qui a le plus accepté et soutenu le syndicalisme révolutionnaire...

30 juin 2016

Les fascistes avaient réussi à s'organiser et à développer une réelle pratique. Qu'en était-il à gauche ? Tout dépendrait de cela.

Soit la gauche s'épuisait, soit elle avançait réellement et alors elle pouvait faire face au fascisme. L'aile droite du PSI ne le voulait pas, appelant à « tendre l'autre joue », à respecter la « civilité socialiste » à tout prix, pensant que le fascisme n'était qu'un phénomène faible et passager...

29 juin 2016

En réaction au mouvement ouvrier, ainsi que dans le prolongement de l'irrédentisme et du nationalisme, le fascisme s'est développé en Italie avec un grand succès. Son symbole était un faisceau, un fascio, d'où le qualificatif de fasciste (qui se prononce ainsi initialement en français avec un son en « s » et non en « ch »).

Le faisceau avait été utilisé comme symbole révolutionnaire, surtout démocrate, dans l'Italie de la fin du XIXe siècle, notamment en Sicile ; composé de verges, c'est-à-dire de baguettes en bois, le faisceau représentait la force de l'unité, de par la solidité de l'ensemble par rapport à la fragilité d'une verge seule...

28 juin 2016

Au lendemain de la Première Guerre mondiale impérialiste, ce n'est pourtant pas le nationalisme qui a immédiatement l'initiative, mais le mouvement ouvrier, avec deux années d'intenses mobilisations.

Le drame historique est qu'il n'y eut pas de développement d'un contenu idéologique et culturel conséquent; pour cette raison, le « bienno rosso » - les « deux années rouges » - ont abouti directement à renforcer le fascisme en lui laissant un espace majeur.

De fait, le Parti Socialiste italien disposait en 1919 d'une base solide. Il avait 200 000 membres, ayant encore ses structures intactes en s'étant surtout mis en veilleuse pendant la Première Guerre mondiale, sur une ligne refusant tant le soutien à la guerre que son refus, synthétisé par le mot d'ordre « ni adhérer ni saboter »...

26 juin 2016

La contradiction entre l'Italie du Nord et celle du Sud devait être résolue soit par une révolution démocratique – qui ne pouvait plus être menée que par le prolétariat, la bourgeoisie étant devenue réactionnaire alors – soit par une tentative de modernisation par en haut ossifiant la contradiction dans une fuite en avant.

L'irruption de la première guerre mondiale impérialiste précipita la seconde option ; tel est la nature du fascisme qui triomphera à sa suite...

22 juin 2016

Quelle a été la base pour l'émergence de la pensée d'Antonio Labriola, du courant futuriste, du théâtre « existentiel » de Luigi Pirandello ?
Il s'agit du contraste et de la contradiction entre l'Italie du Nord et l'Italie du Sud, c'est-à-dire d'une question nationale et, par conséquent, d'une question liée à l'émergence du capitalisme face au féodalisme...

21 juin 2016

Il serait totalement erroné de penser que le volontarisme subjectiviste modernisateur se soit cantonné dans les arts et la littérature de l'Italie du début du XXe siècle ; en réalité, les arts et la littérature sont le reflet culturel-idéologique de toute lame de fond sociale et intellectuelle.

De la même manière qu'en France, le marxisme a été largement incompris en Italie. Cela a donné, comme en France, la combinaison d'un réformisme politique « socialiste » et d'une ligne « ultra » de type syndicaliste-révolutionnaire...

20 juin 2016

L'approche de Luigi Pirandello en littérature, dans le roman et le théâtre, trouve son plus proche parent dans le futurisme, un mouvement artistique fondé et dirigé de manière despotique par Filippo Tommaso Marinetti (1876-1944).

Ce dernier puise directement dans le symbolisme-décadentisme, mais de par les particularités italiennes, cela se transforme non pas en élitisme de la mise à l'écart esthétisante des artistes, mais par l'appel à la prise de contrôle des destinées artistiques du pays...

19 juin 2016

La France a toujours possédé des liens étroits avec l'Italie. C'est une nation en quelque sorte cousine, si ce n'est sœur, et il est considéré que finalement la différence entre Français et Italiens ne tient qu'à quelques différences de tempérament, de mentalités. Historiquement, la figure de Benito Mussolini n'a ainsi jamais pu être prise au sérieux en France, pays où le classicisme et les Lumières ont amené une exigence de propreté formelle, de linéarité dans l'expression.

Benito Mussolini apparaît pour cette raison, comme une figure de la commedia dell'arte, qu'on ne peut pas prendre au sérieux. Le fascisme italien est dévalué comme une sorte d'aventure foklorique propre à l'Italie, à placer au même niveau que les simulations des joueurs italiens de football ou les frasques de Silvio Berlusconi, l'entrepreneur qui a dirigé l'Italie pendant de longues années...

13 juin 2016

La Bhagavad Gîtâ - 7e partie : la bhakti

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Il reste pour la Bhagavad Gîtâ à se préoccuper du sort de Krishna : qui est-il ? On sait que c'est un avatar de Vishnou, apparaissant lors des troubles afin d'indiquer la voie correcte. Reste que dans le Mahâbhârata, on le prend pour un être humain tout en s'adressant à lui comme s'il était un dieu.

Comment se sortir de cette contradiction, de ce qui a sans doute été une figure humaine déifiée, comme le plus souvent dans les religions indiennes ?...

12 juin 2016

La Bhagavad Gîtâ - 6e partie : le «yogin»

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Cette question du sacrifice en esprit qui est supérieur au sacrifice dans l'action a comme base l'objectif idéologique qu'est l'hégémonie des prêtres. En pratique, une fois le cœur de la Bhagavad Gîtâ mis en place dans les quatre premiers chapitres, le restant des chapitres sert en effet à colmater la série nombreuse de brèches provoquée par le saut qualitatif effectué par la modification du rapport caste des guerriers – caste des prêtres.

Le premier souci est, comme le souligne Arjuna, de savoir s'il faut privilégier tout d'abord « le renoncement qui supprime l’action » ou bien « le yoga qui est effort »...

11 juin 2016

Les trois premiers chapitres de la Bhagavad Gîtâ sont déjà magistraux : ils ont déjà fourni la substance de l'œuvre, donné sa perspective. Reste qu'en tant qu'œuvre religieuse-magique, il fallait bien justifier l'irruption de Vishnou sous la forme de son avatar Krishna, homme tout bleu intervenant avec ses conseils avisés.

8 juin 2016

Portons un regard sur ce qu'ajoute Krishna dans le troisième chapitre, qui reflète une véritable réflexion philosophique sur le sens du monde. La Bhagavad Gîtâ n'aurait pu avoir un tel écho si elle ne présentait pas une tentative d'explication rationnelle du monde, au moins en partie.

Ce qui rend ici les choses très intéressantes, c'est que la Bhagavad Gîtâ considère que les humains font l'histoire par nécessité, et non pas par choix individuel. Il y a ici très clairement une rupture matérialiste avec l'antiquité et ses guerriers agissant comme bon leur semble en apparence...

7 juin 2016

La plus grande erreur qu'on puisse faire au sujet de l'hindouisme, c'est de considérer qu'il s'agit d'un simple justificatif de castes. L'hindouisme est plus que cela ; c'est un dépassement du brahmanisme, qui avait instauré et systématisé la domination aryenne sur les peuples de ce qui est devenu l'Inde.

Ce dépassement est en étroite liaison avec les grandes rébellions progressistes qu'ont été le bouddhisme et le jaïnisme, qui ont rejeté le système des castes...

5 juin 2016

Le second chapitre de la Bhagavad Gîtâ tient à la réponse faite par Krishna aux propos d'Arjuna. L'explication de Krishna se divise elle-même en deux parties : tout d'abord, il y a une présentation de l'univers et du sens qu'a la vie en son sein, et ensuite on a l'exposition de la méthode à suivre pour agir de manière correcte.

Le paradoxe de l'approche qu'on trouve dans la Bhagavad Gîtâ est que Krishna ne conforte pas du tout Arjuna dans sa volonté de ne pas combattre. La conclusion du Mahâbhârata tient justement à ce que l'affrontement général a amené la disparition de pratiquement tous les combattants, pavant la voie à une nouvelle génération devenue « pure »...

4 juin 2016

La Bhagavad Gîtâ est un exposé de morale et de philosophie en 18 chapitres qui date d'entre 500 et 200 ans avant Jésus-Christ, fournissant les principes généraux de la vie en commun dans l'Inde antique.

Cet ouvrage très important de la culture mondiale s'insère lui-même dans le Mahâbhârata, gigantesque poème de 81 936 strophes, racontant la bataille finale des guerriers de l'Inde, prélude à une fin du monde et à une renaissance...

1 juin 2016

Discours de Klement Gottwald le 10 mars 1948

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Avant [les accords de Munich], dans la République [de Tchécoslovaquie], c'était une petite clique de messieurs de la haute finance, de la grande industrie et des grands propriétaires terriens, qui gouvernait et décidait.

Cela est maintenant su de chacun, de chaque tchèque et de chaque slovaque. Dans la constitution, il était bien sûr écrit que tout le pouvoir vient du peuple, mais en réalité le peuple sentait à chaque pas qu'il faisait que c'était du sac d'argent que venait tout le pouvoir...

28 mai 2016

Extrait du rapport lu par Walter Ulbricht, à Berlin le 19 avril 1946, lors du XVe congrès du Parti Communiste d'Allemagne.

La question essentielle qui se pose présentement en Allemagne est de se débarrasser des bases matérielles de l'impérialisme et du militarisme allemands, et la lutte contre les idéologies impérialistes et militaristes.

Il ne doit pas être de nouveau permis aux forces impérialistes réactionnaires, aux messieurs des monopoles et de la banque et aux grands propriétaires terriens d'utiliser la démocratie dans leur combat contre l'ordre démocratique et pour la reconstruction de leurs organisations réactionnaires...

18 mai 2016

Editorial du 18 mai 2016

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Il y a 50 ans commençait en Chine populaire la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne (GRCP). Les médias bourgeois de notre pays se déchaînent contre cet épisode historique, alors qu'en Chine devenue social-fasciste, le thème est totalement tabou en raison de ce qu'il révèle : que les cibles de la GRCP ont triomphé et rétabli le capitalisme, avec un régime fasciste.

En France, dans les années 1960, la GRCP a été largement incomprise : elle a été niée très rapidement par le PCMLF (qui scissionna ensuite en pro-révisionnistes chinois et en pro-albanais anti-maoïste) et elle a été comprise par des spontanéistes comme une sorte de mouvement anti-bureaucratique de « dépassement » du léninisme...

10 mai 2016

La grève des 100 000 est un événement historique d'une très grande importance et en tant que communistes de France et de Belgique, nous tenons à honorer, 75 années après, la mémoire de ses combattants.

Il s'agit de se souvenir de comment les masses travailleuses de Belgique ont osé faire face à l'occupant nazi, afin de faire triompher leurs revendications et d'ébranler la machine de guerre impérialiste...

10 mai 2016

L'arrière-plan historique de la grève des 100 000

Submitted by Anonyme (non vérifié)

1.La situation de la Belgique

* La victoire militaire de l'Allemagne nazie sur la Belgique et la France a fait que la Belgique et le Nord de la France sont réunis et directement administrés par l’armée nazie, sous la direction du général von Falkenhausen.

* L'esprit de résistance nationale à l'occupant allemand s'est tout de suite développé en Belgique, avec la diffusion de nombreuses publications clandestines, notamment grâce au Front de l'Indépendance (FI) fondé en mars 1941 par le Parti Communiste de Belgique...

7 mai 2016

Cependant mets-y ensemble deux prisonniers et surtout des communistes et voilà en cinq minutes une communauté qui va bouleverser tous tes plans. Depuis l'année 1942, on ne l'appelait déjà plus que « la centrale communiste ».

Elle a connu beaucoup de changements et sur ses bancs ont passé des milliers et des milliers d'hommes et de femmes. Mais une chose n'y a jamais changé, c'en l'âme de la communauté, dévouée à la lutte et sûre de la victoire...

4 mai 2016

SED : Nous réussissons l'unité (1947)

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Nous nous tenons mutuellement fermement les mains… Nous réussissons l'unité !

Camarades ! Une année de dure labeur s'est terminée. La nouvelle année commence avec des tâches encore plus grandes !

L'année 1946 rentrera dans l'histoire du mouvement ouvrier comme le début de l'unité organisationnelle. Dans la zone Est de l'Allemagne, le Parti Social-Démocrate et le Parti Communiste se sont unifiés en Parti Socialiste de l'Unité !...

16 avr 2016

Ce qui est frappant c'est que si les zapovedniks n'avaient pas été compris par les communistes d'Union Soviétique, une fois le révisionnisme ayant triomphé après 1953, les révisionnistes avaient tout à fait compris que les zapovedniks formaient pour eux une menace terrible.

Le principe des zapovedniks tient à celui de Biosphère, de superorganisme ; il s'oppose à la conception bourgeoise d'écosystème où tout est relatif et individualisé, défendue par exemple en URSS par Leontii Ramensky (1884-1953), qui rejoignit le PCUS(b) en 1946...

14 avr 2016

Le plan considère l'ensemble des forces productives. Par conséquent, l'existence de zones naturelles fait face à lui comme une possibilité et une menace. C'est une possibilité, car le développement de l'humanité se déroule au sein même de la nature et il y a donc une nécessaire rencontre qui doit se faire. C'est une menace, au sens où les zones naturelles échappent à la tendance historique formée par le plan.

La question de la résolution de cette question était vitale pour le plan ; on peut considérer que cet aspect – qui va de pair avec la question de l'agriculture, arriérée malgré sa base socialiste majoritaire, en raison de l'importance de la production des koklhozes relativement autonomes, ainsi que de l'infime secteur privé – a joué un rôle central dans l'émergence et la victoire du révisionnisme...

14 avr 2016

Il existe une contradiction dans la société soviétique, qui n'a pas été vue par le PCUS(b). Celle-ci ne tient pas seulement aux restes idéologiques de la bourgeoisie, mais à l'arriération de l'agriculture. C'est d'ailleurs cette arriération qui empêche la liquidation complète des restes idéologiques du passé.

Ainsi, en 1931, une loi organisa l'établissement de « zones de culture de forêts » et appela le Commissariat au peuple à l'agriculture à empêcher les sécheresses par une ceinture de forêts, en formulant bien que cela devait être réalisé sur le terrain de l’État et celui des fermes collectives...

13 avr 2016

Le plan le plus connu qui fut développé parallèlement aux plans quinquennaux est ce qui fut connu sous le nom de « plan de transformation de la nature » ; le document promulgué le 24 octobre 1948 avait comme nom complet « Plan des plantations forestières protectrices, de l'introduction d'ensemencement en herbes variables, sur la construction des digues et d'étangs artificiels en vue d'obtenir des rendements élevés et stables dans les régions de la steppe et de la steppe boisée de la partie européenne de l'URSS ».

C'était une décision du Conseil des ministres de l'URSS et du Comité Central du Parti Communiste d'Union Soviétique (bolchévik) ; administrativement, un poste de vice-premier ministre à l'irrigation fut constitué et l'Administration centrale de l'économie des eaux, dépendant du ministère de l'agriculture, fut renforcée...

12 avr 2016

La planification de la totalité de l'économie permet, plan quinquennal après plan quinquennal, d'agrandir la production et par conséquent de renforcer la consommation qui n'a, dans le socialisme, pas le même sens que dans le capitalisme. Ce dernier, en effet, nivelle culturellement vers le bas, tend à des produits de masse de mauvaise qualité et à des marchandises élitistes sans intérêt réel bien souvent.

En URSS, la planification visait donc à renforcer le développement matériel et spirituel, en attribuant une part toujours plus grande à la culture, aux sciences, à la vie sociale, aux soins médicaux, etc. Une partie des ressources servait à l'accumulation pour lancer et renforcer le prochain cycle quinquennal, une autre partie à la consommation afin de satisfaire de mieux en mieux les masses...

10 avr 2016

La planification soviétique consistait, à l'époque de Staline, en une comptabilité administrée par un organisme d’État, donnant aux entreprises d’État une liste de tâches productives.

C'est là le grand apport de Staline au marxisme-léninisme, puisque la planification n'est pas mise en place en URSS, en tant que telle et véritablement, avant 1932, cet apport étant dans la continuité directe du léninisme...

5 avr 2016

Comment l'URSS de Staline concevait-elle sa planification ? Quelle était sa « loi économique », c'est-à-dire sa manière d'appréhender la production et la consommation ?

Cette question est d'une importance capitale, car il serait faux de penser que la planification suffirait « en soi » à caractériser le socialisme. Le socialisme a un contenu et la planification ne peut pas exister s'il n'y a pas ce contenu...

4 avr 2016

Organisant l'économie à l'échelle d'un pays, le GOSPLAN était dans la nécessité de procéder à des équilibres, des opérations de balances, afin qu'il y ait un équilibre général.

Le plan consiste en la gestion de la matière relevant des forces productives, avec un plan comptable consistant en des entrées et des sorties, un équilibre devant être réalisé, chaque entreprise devant être capable d'une « assimilation » complète de ses possibilités afin de les réaliser...

2 avr 2016

Si le GOSPLAN a besoin de statistiques, ce n'est pas pour gérer une économie qui se reproduit, c'est pour saisir la situation afin de la transformer en transmettant des ordres et des moyens aux entreprises collectivisées.

Cela passait également par une gestion par branches économiques, ainsi que par territoires (l'URSS étant une fédération de républiques, comprenant chacune une division territoriale plus ou moins hiérarchisée)...

31 mar 2016

On se doute que la grande difficulté de l'établissement d'un plan, c'est la question des données : non seulement il faut les déterminer, les définir en détail, mais il faut aussi les rassembler, elles doivent être fiables, complètes, mais en plus il faut savoir les utiliser. Pour cette raison, l'URSS de Staline a fourni un apport d'une incroyable valeur à la comptabilité et aux statistiques.

Staline, au XVIe congrès du Parti Communiste d'Union Soviétique (bolchévik), résume cela de la manière suivante : « Un travail de construction, un travail de gouvernement, un travail planifié sont impensables sans une comptabilité exacte. Et la comptabilité est impensable sans la statistique. »...

30 mar 2016

La planification soviétique se fonde sur le matérialisme dialectique. Elle se fonde par conséquent sur la réalité matérielle et le travail comme transformation de la réalité, en ayant les moyens d'agir tant sur l'une que sur l'autre.

En effet, la réalité matérielle a été progressivement socialisée ; l'ensemble des moyens de production appartient à la société, au lieu d'appartenir à des individus en concurrence. Le travail est désormais extrêmement organisé, étant donné que c'est la classe ouvrière elle-même qui dirige l’État...

27 mar 2016

Le premier plan réalisé après la révolution d'Octobre 1917 fut adopté par le 8e congrès des soviets, en décembre 1920 ; entre-temps, la guerre civile et l'intervention étrangère avaient empêché une réorganisation générale d'un pays qui, rappelons le, était extrêmement arriéré dans son développement.

Pour toutes ces raisons – chaos, guerre civile, arriération culturelle – la direction centrale des statistiques mise en place par le nouveau régime dirigé par le Parti Communiste ne possédait pas de vue d'ensemble avant la fin de l'année 1919...

26 mar 2016

La grande caractéristique de l'URSS de l'époque de Staline a été la planification de l'économie : un organisme central établissait un plan qui était suivi par toutes les entités productives, elles-mêmes collectivisées.

Contrairement au capitalisme où c'est le marché, par la concurrence, qui décide de ce qui est produit, le matérialisme dialectique considère qu'il est possible de prévoir ce qu'il faut produire, le plan étant établi de manière quinquennale, avec des adaptations trimestrielles et annuelles...

21 mar 2016

Il s'agit donc d'être absolument clair : pour Lénine, on ne peut pas rétrograder et faire cesser l'impérialisme pour en revenir au stade du capitalisme concurrentiel.

Ce qui se passe pourtant – et c'est dialectiquement relié à cela – est qu'une partie des responsables ouvriers pratiquent le social-impérialisme, prétextant pouvoir « réformer » l'impérialisme, mais en réalité le modernisant, l'aménageant, etc...

19 mar 2016

Ce qui est à la base de la compréhension léniniste de l'impérialisme, c'est que celui-ci a deux aspects. Le monopole est un progrès par rapport au capitalisme libéral concurrentiel ; en même temps, il porte en lui son propre dépassement.

Une fois qu'il a, en effet, atteint son développement, le monopole issu du capitalisme devient simplement parasitaire. Il a été l'expression de l'accroissement des forces productives ; il en devient un frein, un obstacle, une frontière...

18 mar 2016

Le matérialisme dialectique étant la science du réel, Lénine a tenté de donner la définition la plus précise du phénomène impérialiste. Naturellement, cette définition constate le développement de ce phénomène par des contradictions.

Voici ce que dit Lénine : « Il nous faut maintenant essayer de dresser un bilan, de faire la synthèse de ce qui a été dit plus haut de l'impérialisme. »...

17 mar 2016

Extrait de l'article écrit par Hilary Minc sous le titre « Au sujet de certains problèmes de la démocratie populaire à la lumière de l'enseignement de Lénine et Staline quant à la dictature du prolétariat », et publié dans Nowe Drogi, organe théorique du Parti, en 1950.

Le grand bouleversement social qui a eu lieu après la guerre dans les pays d'Europe centrale et d'Europe du sud-est, et dont le résultat a été l'ancrage dans ces pays de la dictature du prolétariat sous la forme de l'État de la démocratie populaire, a porté les caractéristiques d'une révolution prolétarienne, d'une révolution socialiste...

14 mar 2016

Ainsi, il y a d'un côté des regroupements capitalistes de type monopoliste menant une bataille à l'échelle planétaire, de l'autre les États eux-mêmes, en tant qu'outils toujours davantage dans les mains des monopoles, participant à la bataille pour le contrôle de territoires.

Ce qui détermine notamment la première guerre mondiale impérialiste, c'est que la période la précédant avait été marquée par la fin du partage. L'Afrique et la Polynésie colonisées, il ne restait plus de territoires disponibles. Les contradictions inter-impérialistes ne pouvaient que s'amplifier...

13 mar 2016

On a vu que dans l'impérialisme, le capital jouait un rôle encore plus grand, car il était centralisé, avec les banques. Or, s'il est centralisé, il est dialectiquement encore plus dispersé, les capitalistes investissant partout de par le monde.

Lénine formule donc la définition scientifique suivante : « Ce qui caractérisait l'ancien capitalisme, où régnait la libre concurrence, c'était l'exportation des marchandises. Ce qui caractérise le capitalisme actuel, où règnent les monopoles, c'est l'exportation des capitaux. »...

12 mar 2016

« Concentration de la production avec, comme conséquence, les monopoles ; fusion ou interpénétration des banques et de l'industrie, voilà l'histoire de la formation du capital financier et le contenu de cette notion. »

C'est ainsi que Lénine synthétise les deux premiers chapitres de L'impérialisme, stade suprême du capitalisme ; cependant, il considère comme nécessaire d'expliciter de manière scientifique deux notions étroitement liées : celles de capital financier et d'oligarchie financière...

7 mar 2016

Lénine, dans L'impérialisme, stade suprême du capitalisme, ajoute un concept au marxisme. L'analyse de Karl Marx est juste, dit Lénine, cependant ce dernier considère qu'il faut préciser certains aspects, en particulier le caractère parasitaire du capitalisme devenu monopoliste.

Le choix du terme « impérialisme » n'est pas de Lénine lui-même ; il reprend un terme utilisé par deux auteurs liés au marxisme, mais dont les analyses n'étaient pas assez développées ni conséquentes...

6 mar 2016

Nous avons la chance de disposer historiquement des cahiers utilisés par Lénine pour prendre des notes au sujet de l'impérialisme, notes qu'il assemblera et synthétisera pour donner naissance à ce qui est peut-être son ouvrage le plus fameux : L'impérialisme, stade suprême du capitalisme.

Ces cahiers furent écrits principalement en deux fois. Lénine commença à les écrire dans la seconde partie de 1915, alors qu'il était en exil en Suisse, en pleine guerre impérialiste, avant de poursuivre en 1916 à Zurich, que Lénine avait privilégié en raison de la présence là-bas d'une grande bibliothèque...

5 mar 2016

Aux yeux du matérialisme historique, Port-Royal exprime donc un courant fondamentaliste. D'où vient-il ? Du décrochage de la religion catholique française par rapport au courant ascendant de la monarchie absolue, qui a établi un accord avec le Vatican au moment d'Henri IV.

La religion catholique est depuis l’Édit de Nantes indissociablement liée à la montée du pouvoir absolu du roi, elle l'accompagne, afin de tenter de récupérer son hégémonie dans la foulée...

4 mar 2016

L'histoire du jansénisme et de Port-Royal a marqué les esprits, surtout de par l'ampleur de la répression subie. Historiquement, deux ans après la mort de Jansénius, parut en 1640 son ouvrage majeur, appelée Augustinus seu doctrina Sancti Augustini de humanæ naturæ sanitate, ægritudine, medicinā adversùs Pelagianos et Massilienses.

L'oeuvre fut mise à l'index par une bulle papale, In eminenti, dans la foulée, en 1642, mais la bulle ne fut publiée qu'en 1643 ce qui laissa le temps aux jansénistes français d'intervenir pour défendre leur idéologie. La polémique fut lancée avec, en 1653, une nouvelle bulle papale, Cum occasione, condamnant le jansénisme, dont les thèses furent résumées en cinq points...

2 mar 2016

Né en 1639, Jean Racine a perdu ses parents dès 1643 et ce sont ses grands-parents paternels qui s'occupèrent de lui, à la Ferté-Milon, non loin de Port-Royal des Champs. Sa tante y était devenue pensionnaire, avant d'y prononcer ses vœux, comme l'avait déjà fait sa propre tante.

A la mort de son grand-père, il rejoint les Petites-Ecoles de Port-Royal Paris, alors que sa grand-mère rejoint l'institution en tant que religieuse...

1 mar 2016

Blaise Pascal (1623-1662) est extrêmement réputé en France, d'abord comme scientifique, ensuite comme auteur des Pensées. C'est là quelque chose d'absurde, car ces deux faces s'opposent radicalement. Blaise Pascal, ayant basculé dans la religion dans une variante mystique, est un fanatique, radicalement opposé aux sciences.

Cela a été une opération de grande envergure du catholicisme que de prétendre qu'il n'y a aucune contradiction dans ces deux aspects, tout comme par ailleurs le fait de nier que la démarche mystique de Blaise Pascal est janséniste et donc différente de la ligne officielle du Vatican...

23 fév 2016

Port-Royal apparaît comme le pendant de René Descartes : la démarche est la même, mais René Descartes a historiquement servi indirectement la bourgeoisie et sa volonté d'aller à la science, alors que Port-Royal rejetait la science.

C'était donc plus clair et plus franc du côté de Port-Royal, alors que René Descartes se noyait dans ses contradictions, étant religieux mais devant publier ses œuvres aux Provinces-Unies par crainte de l’Église...

22 fév 2016

Comment saisir le fondamentalisme de Port-Royal ? En fait, il existe un épisode absolument méconnu de tous les discours sur le « jansénisme », qui pourtant révèle la nature de celui-ci. La responsable de Port-Royal, Agnès Arnauld, a en effet écrit un texte mystique intitulé Chapelet Secret du Saint-Sacrement.

Ce texte fut écrit à la demande de son confesseur, Charles de Condren (1588-1641), qui voulait connaître son rapport à Jésus. Charles de Condren était une figure très importante de l'Oratoire de Jésus-et-Marie-Immaculée de France, fondé par Pierre de Bérulle, qui comme on le sait joua un rôle déterminant pour Saint-Cyran...

19 fév 2016

La treizième lettre s'adresse directement aux jésuites, leur répondant directement, mais de manière publique, et même politique. Blaise Pascal, en effet, attaque entièrement les jésuites ; il ne fait pas que les critiquer, il les dénonce et appelle à leur élimination. Ce n'est compréhensible que si l'on saisit cette question de la régénération mystique prônée par Port-Royal.

Car l'objectif de Port-Royal est de régénerer l’Église au moyen du « coeur », de l'adoration, du mysticisme. Blaise Pascal expose donc son point de vue de manière très franchement, et c'est donc très différent d'auparavant...

18 fév 2016

En quoi fut-il intéressant pour Port-Royal de s'appuyer sur René Descartes face aux jésuites ? Eh bien, l'accusation contre les jésuites tenait à ce qu'ils adaptent leurs règles selon les gens.

Or, ils se référent pour cela à la scolastique, c'est-à-dire la logique développée à partir des écrits d'Aristote. Il était donc nécessaire à Port-Royal d'expliquer que les jésuites tronquaient les définitions, que leur « casuistique » était incohérente...

17 fév 2016

La onzième lettre inaugure les messages directs de Blaise Pascal – qui écrit de manière anonyme – aux « Révérends Pères ». On passe ici à l'offensive ouverte, et on devine qu'il y a une véritable théologie pour se le permettre.

Attaquer les jésuites de front est en effet très osé, surtout que le vocabulaire est outrancier : « opinions extravagantes », « décisions si fantasques et si peu chrétiennes » désignent les opinion des jésuites, tandis que Blaise Pascal assume entièrement un « discours de moquerie » une « ironie piquante »...

16 fév 2016

Port-Royal entendait refuser l'approche des jésuites, visant à aller sur le terrain de ceux qui sont opposés à Dieu. Mais comment faire pour synthétiser cette approche sans basculer dans le mysticisme pur et simple?

C'est là qu'on voit que Port-Royal est une école de pensée, qui n'est pas parvenu à établir une doctrine, mais qui a tenté d'aller en ce sens...

15 fév 2016

La dixième lettre est pratiquement la dernière des Provinciales, les autres se voulant des lettres ouvertes à des révérends pères, c'est-à-dire des religieux. On notera qu'historiquement, ces attaques auront un grand écho dans leur attribution d'une mauvaise image des jésuites, du point de vue catholique lui-même.

Il s'agit d'une dénonciation des jésuites, du côté catholique même. Voici un exemple significatif, avec la définition justement de l'adjectif révérend par le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales...

14 fév 2016

Le terme « janséniste » fut formé par le camp des jésuites, qui tentaient ainsi de présenter Jansénius comme une sorte de nouveau Jean Calvin, de fondateur d'un nouveau schisme, un danger pour l'Église. 

Jansénius, cependant, voulait refonder l’Église, plus que l'abolir ; quant à ses partisans français, ils représentaient un courant aux idées multiples, uni dans l'opposition aux jésuites et la volonté d'une quête spirituelle...

11 fév 2016

Lorsque Blaise Pascal commence la huitième lettre, il remarque que beaucoup de gens se demandent qui est l'auteur des Provinciales, mais que personne ne le sait. Il souligne également qu'il apprend ce que pensent les jésuites en masquant sa véritable opinion à ce sujet.

Toutefois, il ne la donne pas encore et la raison, pour nous, est qu'il ne peut pas le faire, parce que le point de vue « janséniste » n'a pas été encore synthétisé. Le point de vue « janséniste » est une approche mystique rejetant les jésuites, mais il n'y a pas de proposition stratégique pour la société française...

10 fév 2016

Il va de soi que le jansénisme en tant que courant religieux ne fut pas en mesure de s'implanter aussi rapidement en France, sans disposer d'une base pour cela. Le paradoxe est que cette base ne fut pas janséniste ; en fait, on peut quasiment dire que le jansénisme n'a en tant que tel jamais existé, étant pris comme prétexte par les uns et les autres. Il existait toutefois un dénominateur commun : un esprit tendant au renouveau de la spiritualité, contre l'aridité intellectuelle et philosophique des jésuites.

On trouve à l'origine de cette base le cardinal Pierre de Bérulle (1575-1629), qui dirige la faction catholique pro-autrichienne, totalement cléricale-féodale, dans le contexte de l'Édit de Nantes et de la politique de modernisation du roi Henri IV...

9 fév 2016

Dans les sixième et septième lettres, Blaise Pascal est dans son élan ; les lettres ont eu leur succès, il peut approfondir le niveau, faire passer des messages plus âpres, avec davantage de profondeur théorique. Il peut tenter le saut qualitatif pour faire des lettres un vecteur idéologique.

Dans ces nouvelles lettres, il fait par conséquent parler un jésuite et lui fait décrire un véritable catalogue de situations, avec à chaque une fois une analyse des « intentions ». On lit par exemple et l'exemple est brutal : « Et même, selon notre célèbre P. Lamy, il est permis aux prêtres et aux religieux de prévenir ceux qui les veulent noircir par des médisances, en les tuant pour les en empêcher. Mais c’est toujours en dirigeant bien l’intention »...

7 fév 2016

Le jansénisme en tant que courant proposait une alternative à la compagnie de Jésus. Cette dernière était pour une éducation stricte d'une élite tournée vers le peuple et chargée de la mobiliser, de le canaliser dans le mysticisme religieux.

Le jansénisme était quant à lui tourné vers la formation d'une élite religieuse moins hiérarchisée et entourée fortement de laïcs, le tout dans une atmosphère non pas populaire et mystique en général comme avec le baroque jésuite, mais individuel et austère, en faveur du repentir, d'une mystique personnalisée...

6 fév 2016

Le jansénisme est donc un espace, qui permet de réaliser une offensive anti-jésuite dans la mesure où sa dynamique en est totalement indépendante. Et ce qui est frappant, c'est qu'en apparence, les lettres de Blaise Pascal que sont les « Provinciales » ne dépassent pas une critique absolue des jésuites. C'est le cas de la cinquième lettre, qui semble n'être qu'une critique morale. 

On verra par la suite que l'ampleur de la critique possède un véritable fond, de type mystique et fondamentaliste. Au départ des lettres cependant, on est toutefois dans une opération de communication moraliste, sur un ton moqueur...

4 fév 2016

Regardons ce que dit Cornelius Jansen, par rapport à la critique anti-jésuite de Blaise Pascal. Que dit Cornelius Jansen ? Il a exprimé sa thèse de manière la plus développée dans Augustinus, une œuvre posthume publiée en 1640. Ce fut considéré alors, notamment par les jésuites, comme une « déviation » au sein du catholicisme, qui fut appelée « jansénisme ».

Cornelius Jansen accepte en effet le point de vue calviniste de la prédestination divine : pour le protestantisme façonné par Jean Calvin, il n'y a pas d'intermédiaire entre soi et Dieu, et Dieu a décidé, dans sa toute-puissance...

3 fév 2016

Le jansénisme est donc né aux Pays-Bas, avec comme base le patriciat, qui pour exister ne pouvait pas accepter ni le calvinisme bourgeois, ni les jésuites et leur apologie du féodalisme le plus strict. Il s'agit d'une idéologie indépendante tant du calvinisme, que des jésuites. A ce titre, on peut la reprendre et s'en inspirer. C'est ce que fait Port-Royal, qui y voit un outil pour ses propres thèses, qui restent à exposer.

Cependant, il est un fait qu'il faut bien saisir de prime abord. En France, on a considéré souvent que puisque l'école de Port-Royal combattait les jésuites, et que ceux-ci étant les partisans de la féodalité, alors Port-Royal serait anti-féodal. On a justifié cela notamment en remarquant que les gens s'intéressant au jansénisme dans l'Eglise catholique au 18e siècle avaient une logique d'Eglise française, opposée aux jésuites et au Vatican, voire soutenant la révolution française en représentant les intérêts du bas-clergé...

1 fév 2016

Pourquoi Blaise Pascal peut-il viser les jésuites de manière aussi forte ? Il ne peut, de fait, le faire que parce que le jansénisme qu'il propage a un noyau idéologique suffisamment fort pour cela. Cela nous ramène à la question de la genèse du jansénisme, qui va nous expliquer l'indépendance idéologique du jansénisme par rapport à la noblesse et à l'Église.

En fait, la plupart des grandes villes de Flandres, du Brabant et de la principauté de Liège sont historiquement des « villes à charte ». Ces chartes, achetées à grand prix, leur conféraient des droits communaux forts, ainsi qu’une certaine indépendance vis à vis de la féodalité...

31 Jan 2016

Jansénius a donc agi aux Pays-Bas, dans un contexte différent de celui de la France. Mais si sa conception avait un intérêt pour des gens en France, c'est qu'elle répondait à leurs attentes. Ce qui est en jeu en fait, dans la défense du jansénisme ou plus exactement de l'abbaye de Port-Royal, c'est l'offensive anti-jésuite.

Ainsi, si les deux premières lettres avaient exposé le contenu théologique de l'affaire, Blaise Pascal profite du succès des lettres – et avec lui l'équipe de Port-Royal qui supervise leur contenu – pour déplacer le débat, pour l'accentuer et attaquer les jésuites en tant que jésuites, ce qui est par ailleurs le véritable objectif fondamental de Port-Royal...

29 Jan 2016

Pour comprendre la position du jansénisme sur la grâce de Dieu, il faut voir comment celui-ci est né.

Le terme de jansénisme vient de l’évêque de la ville flamande d'Ypres, Cornelius Jansen (1585-1653), qui a donné son contenu à ce courant religieux. En français, il fut appelé Jansénius. Ses idées elles-mêmes sont en continuité de celles de Michael Bajus (1513-1589), un professeur de l'université de Louvain, connu en France sous le nom de Michel De Bay...

28 Jan 2016

Pour comprendre ce qu'est le jansénisme, il faut saisir ce qui s'est déroulé précisément dans la France du XVIIe siècle, et pour cela étudier la constitution de la polémique provoquée par les lettres écrites par Blaise Pascal et appelées Provinciales. En effet, chacune d'entre elles révèle un aspect particulier permettant de comprendre le jansénisme en tant que phénomène.

Publiées anonymement et diffusées une par une, elles racontaient la répression contre les jansénistes, telle que contée par un parisien à quelqu'un en province. Le tirage, clandestin, passa rapidement de 2000 à 10 000 exemplaires. Elles furent ensuite rassemblées sous le titre de Lettres écrites par Louis de Montalte à un provincial de ses amis et aux RR. PP. Jésuites sur le sujet de la morale et de la politique de ces Pères...

27 Jan 2016

C'est un phénomène historique qui a eu relativement peu d'importance en France, voire qui a été insignifiant. Pourtant, il a exercé une fascination continuelle dans la petite-bourgeoisie intellectuelle. Cela est tellement vrai que les professeurs de français, en classe de première, y accordent encore aujourd'hui systématiquement toute leur attention.

Il y a une bonne raison pour cela : le jansénisme possède, en son cœur, quelque chose qui frappe la petite-bourgeoisie intellectuelle, qui l'attire, qui exerce une fascination qui ne s'est jamais démentie. C'est une forme ambiguë, une manière de voir les choses qui aboutit à une démarche visant à faire pression, pas à contester ou à révolutionner...

26 Jan 2016

Qu'est-ce que le révisionnisme ? C'est modifier le marxisme, l'histoire du mouvement révolutionnaire, les valeurs révolutionnaires, afin d'en changer la substance. L'objectif, c'est la négation de la révolution et la soumission au capitalisme.

C'est un processus objectif, dont les porteurs n'ont souvent nullement conscience. L'esprit d'escroquerie est tel, cependant, au bout d'un moment, que les révisionnistes comprennent bien qu'ils sont des escrocs...

24 Jan 2016

L'union UGT-CNT et le renforcement de l'unification des forces dans le régime républicain ne pouvaient pas aller sans contradictions, dont la première victime fut Francisco Largo Caballero. Son positionnement visant à placer le PSOE comme seul guide au-delà de la mêlée ne pouvait plus fonctionner après la crise de 1937, qui le voit être remplacé par Juan Negrín, également du PSOE.

Ce dernier était moins à gauche politiquement, mais il était un fervent partisan de l'unité républicaine, de l'unification des forces, de leur rationalisation...

19 Jan 2016

La guerre d'Espagne - 16e partie : l'unité CNT - UGT

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Ce qui caractérise l'Espagne républicaine, c'est la prédominance de l'esprit révolutionnaire, les masses s'engouffrant dans les organisations de gauche, mais aussi dans les deux syndicats : l'Union General de Trabajadores (UGT) fondé en 1888 et lié au PSOE, la Confederacion National del Trabajo (CNT), fondée en 1910 et ayant comme objectif le communisme libertaire.

La lutte contre le fascisme avait galvanisé les masses, renforçant leur détermination, mais aussi leur conscience de la situation. Deux dynamiques s'entrecroisaient alors, se soutenant et se confrontant...

18 Jan 2016

La guerre d'Espagne - 15e partie : la crise de 1937

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Au début de l'année 1937, l'Espagne républicaine est sur la défensive ; elle a su défendre Madrid, elle profitait de l'aide de l'U.R.S.S. et des Brigades Internationales, mais l'initiative restait dans le camp du putsch de Fancisco Franco. Le 8 février, l'armée putschiste prenait ainsi l'importante ville de Málaga, pratiquant meurtres et viols en masse, au point d'horrifier l'armée italienne.

Lors de cette bataille, les milices, la plupart anarchistes, n'étaient pas réorganisées dans l'Armée Populaire Républicaine, et n'appliquaient pas des méthodes modernes : on ne trouvait ni tranchées, ni barrages. C'était un exemple, parmi tant d'autres, de l'esprit anarchiste refusant le centralisme et les grades, au profit de l'esprit milicien...

17 Jan 2016

Deux forces principales existaient à gauche au moment du coup d’État militaire de Francisco Franco : le gouvernement, d'esprit libéral-démocratique et socialisant, ainsi que la CNT. Le premier entendait maintenir le régime, suivant une ligne de front antifasciste, sans armer les masses pour autant ; la seconde entendait armer les masses, mais sans se préoccuper du régime ni du front antifasciste.

Les deux furent obligés de composer, en raison de la situation : sans un régime centralisé, on ne pouvait faire face à l'armée de Franco et sans les masses, la lutte était impossible...

16 Jan 2016

Il n'est pas possible de comprendre la guerre d'Espagne sans saisir climat de terreur et de contre-violence systématiques qui ont régné. La situation était marquée par des urgences, des choix difficiles pour les républicains, alors que la ligne de l'armée de Francisco Franco était exterminatrice et justifiée idéologiquement, depuis 1937, par les Falange Española Tradicionalista y de las Juntas de Ofensiva Nacional Sindicalista, fusion idéologique des troupes d'extrême-droite pour mobiliser la population dans une orientation désormais fasciste.

On a un exemple parlant de la violence régnant alors avec les troupes basques décidant en 1936 de capituler face à l'armée de Francisco Franco à San Sebastián, afin de préserver la ville de la destruction, et exécutant les miliciens anarchistes opposés à la reddition...

15 Jan 2016

L'U.R.S.S. ne se contenta pas de fournir des armes, ainsi que de très nombreux conseillers militaires afin de suppléer à l'absence de cadres dans l'armée, ceux-ci état en écrasante majorité passés au coup d’État. Elle lança également, par l'intermédiaire de l'Internationale Communiste, à la mise en place de Brigades Internationales.

Le 16 octobre 1936, Staline avait envoyé le télégramme suivant au secrétaire général du PCE, Jose Diaz, qui fut publié dans le Mundo Obrero (Monde ouvrier) et annonça l'esprit de l'initiative...

14 Jan 2016

Sur lesmaterialistes.com, on trouve de très nombreuses archives de la Gauche Prolétarienne et de son organe de presse La cause du peuple.

La « GP » a joué après mai 1968 un rôle historiquement très important dans la réaffirmation de la confrontation prolétariat-bourgeoisie, et le PCF(mlm) en est le prolongement à travers un vaste détour historique. Connaître les grandes lignes de l'histoire du PCF (1920-1953) et de la GP est le bagage minimum de toute personne authentiquement révolutionnaire en France...

11 Jan 2016

La guerre d'Espagne fut une guerre défensive des progressistes ; il y eut bien entendu des avancées sociales et culturelles considérées comme nécessaires par tout le monde, mais les exigences étaient fort différentes et l'aspect principal était celui la dimension protectrice.

Il s'agissait de faire front, ce qui n'allait pas sans contradictions donc puisque les exigences des uns ou des autres pouvaient entrer en conflit avec le processus...

10 Jan 2016

Les forces libérales de gauche et républicaines firent le choix de refuser le coup d’État, mais les masses populaires elles-mêmes prirent immédiatement l'initiative, l'UGT et la CNT déclarant une grève générale.

A Barcelone, la CNT avait lancé la bataille pour le contrôle des arsenaux, alors que s'opposait au coup d’État les organismes policiers qu'étaient la Garde Civile et la Garde d’Assaut...

6 Jan 2016

La libération des 30 000 prisonniers politiques par le Front populaire et l'instauration d'un gouvernement de centre-gauche soutenue par la gauche apparaît immédiatement comme une tendance terrible pour les forces conservatrices, car montrant le Front populaire capable d'une grande stabilité de par sa conquête du centre et d'un grand élan de par le renforcement de la gauche révolutionnaire.

Initialement, la République apparaissait comme une sorte de tampon entre les forces conservatrices et progressistes ; dans ses deux premières années, la répression républicaine avait fait à gauche 400 morts, 3.000 blessés, 9.000 arrêtés, 160 déportés, 160 saisies de journaux ouvriers (et 4 de journaux d'extrême-droite). Le Front populaire apparaissait comme un changement dans le précaire équilibre, d'autant plus que cela succédait à la tentative échouée de l'extrême-droite de faire pencher la balance dans l'autre sens...

5 Jan 2016

La guerre d'Espagne - 8e partie : le Front populaire

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Lorsque diverses affaires ébranlèrent le gouvernement en 1936, notamment une affaire de roulette truquée (le Straperlo) soutenue par le ministre de l'intérieur, le président préfère dissoudre l'assemblée que nommer le dirigeant de la CEDA, José María Gil-Robles, comme premier ministre. Un tel triomphe de la CEDA aurait amené une atmosphère de guerre civile et seules des élections pouvaient vérifier quel était le rapport de force.

Or, la situation était particulièrement tranchée, tant depuis la répression massive suivant la révolution des Asturies en Espagne qu'avec l'exemple terrible du national-socialisme allemand. Par conséquent, la gauche fit en sorte de s'unir, au sein d'un Front populaire...

4 Jan 2016

La « révolution des Asturies » marqua très profondément les masses populaires espagnoles et posa un lourd problème à la CNT. La CNT avait, en effet, participé comme observateur à la réunion secrète à Saint-Sébastien qui avait mis en place le principe de renversement du régime.

Si elle avait soutenu indirectement l'initiative, elle avait par contre ouvertement appelé à l'abstention aux élections de 1933, contribuant clairement à la victoire électorale des forces conservatrices, qui avaient mené une répression importante, notamment contre la CNT...

31 déc 2015

La question de l'alcool fut une question importante au sein du mouvement ouvrier, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle.

C'est bien sûr dans la social-démocratie allemande qu'on trouve le plus de recherches approfondies sur cette question, deux positions s'exprimant : celle qui considérait qu'il fallait lutter de manière offensive contre la consommation d'alcool et celle qui considérait que la consommation d'alcool disparaîtrait avec le socialisme, la question étant alors relativement secondaire...

30 déc 2015

La guerre d'Espagne - 6e partie : la crise de 1934

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Le maintien de la féodalité permit aux forces conservatrices de maintenir leur existence et de se restructurer. Elles se fédérèrent rapidement après leur défaite de 1931 et dès 1933 exista une Confederación Española de Derechas Autónomas (Confédération Espagnole des Droites Autonomes – CEDA), rassemblant de multiples courants et disposant également d'une Juventudes de Acción Popular, section de jeunesse pratiquant le combat de rue.

L'impact fut tel que les élections parlementaires de 1933 – les premières où les femmes pouvaient également voter – furent une défaite terrible pour le gouvernement. La gauche obtint un peu plus de 3,1 millions de voix, les conservateurs un peu plus de 3,3 millions de voix, les centristes un peu plus de 2 millions de voix...

29 déc 2015

La seconde république était portée par un arc allant du PSOE à la droite libérale, en étant soutenue au moins indirectement par les révolutionnaires communistes et anarchistes. Cela suffisait pour abattre la monarchie ayant échoué dans son programme de corporatisme avec Miguel Primo de Rivera, mais les défis restaient de taille.

Pour ce faire, le régime était monocaméral : l'assemblée élue permettait la formation d'un gouvernement capable de prendre des décisions fortes, avec un président servant de « soupape de sécurité » en pouvant procéder, deux fois, à la dissolution de l'assemblée...

27 déc 2015

La chute de la réforme générale par Miguel Primo de Rivera scella la fin du régime. A son départ, c'est le général Dámaso Berenguer, chef de la maison militaire du roi, qui prend le relais ; la période où il gouverna fut ensuite appelée la « dictablanda », « blanda » signifiant molle et remplaçant « dura », « dure », dans le mot dictature en espagnol (« dictadura »).

Il est remplacé finalement par l'amiral Juan Bautista Aznar-Cabañas, qui est obligé de gérer une transition, la bourgeoisie ne soutenant plus le régime. Un comité fut même fondé en août à Saint-Sébastien pour organiser un soulèvement...

26 déc 2015

L'armée avait un rôle essentiel dans l’État espagnol, servant de colonne vertébrale à un régime caractérisé par la toute-puissance des caciques locaux. C'est la raison pour laquelle le général Miguel Primo de Rivera (1870-1930), capitaine général de Catalogne, organisé un pronuciamento, c'est-à-dire un coup d’État militaire.

Dans son Manifeste « au pays et à l'armée », le 13 septembre 1923, Primo de Rivera appela à se débarrasser de « la propagande communiste impunie », de « l'impiété et de l'inculture », de « l'indiscipline sociale », de « la justice influencée par la politique ». Par conséquent, c'est un directoire militaire qui prend le contrôle du pays, pendant deux ans, puis un directoire civil...

25 déc 2015

La réaction avait dû accorder en 1869 une constitution libérale ; avec l'échec de la République, la constitution de 1876 qui la remplace rétablit un ordre particulièrement autoritaire.

C'est l'armée qui a rétabli la dynastie des Bourbons et placé Alphonse XII sur le trône ; à côté de la chambre des députés, avec élections au suffrage universel pour les hommes, on a un sénat résolument féodal, composé de la famille royale, des grandes familles aristocratiques, des plus hauts responsables ecclésiastiques, des dirigeants de l'armée, des plus hauts membres de l'administration, ainsi que de personnes nommés à vie par le roi et de membres élus au suffrage indirect par les grands corps d’État et les plus riches contribuables. On a ainsi un système féodal renouvelé, où prédominent les « caciques », des figures féodales locales ayant pratiquement tout pouvoir décisionnaire...

24 déc 2015

La guerre d'Espagne a été un des grands événements du XXe siècle ; depuis notre pays, nous avons assisté pratiquement aux premières loges à cette grande bataille entre d'un côté les forces conservatrices et fascistes, de l'autre les forces républicaines et démocratiques.

Pour comprendre la signification de cette guerre, qui a tellement marqué les esprits, il faut saisir la nature de l'Espagne à cette époque. Ce pays a connu une histoire particulièrement tourmentée, en raison des succès de la féodalité suite à sa « découverte » de l'Amérique, et par conséquent l'absence de révolution bourgeoise démocratique comme en France...

24 nov 2015

Comme on le sait, le matérialisme dialectique enseigne qu'il existe le schéma historique suivant : féodalisme => capitalisme => socialisme. A chaque fois, un mode de production en remplace un autre. Ce développement en étapes historiques est historiquement été présenté par Karl Marx et Friedrich Engels.

Toutefois, conformément à la loi matérialiste dialectique du développement inégal, ce processus de développement apparaît comme particulièrement tourmenté dans certains cas...

13 oct 2015

Brigades Rouges: Les vingt thèses finales (7)

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Dans cette conjoncture de transition, la caractéristique dominante du programme politique général est la conquête des masses à la lutte armée et leur organisation sur ce terrain, les deux étant des conditions essentielles pour le passage à la phase de la guerre civile général.

Ce passage n'apparaît pas comme objectivement possible sans que soient patiemment formés tous les instruments organisationnels que la situation requiert. C'est-à-dire tant que le prolétariat métropolitain n'a pas conquis la capacité politico-militaire de manifester sa force dans un mode unitaire, mais également dans ses formes multiples que sa structure complexe revendique...

2 oct 2015

La révolution française était ainsi sur le plan du contenu bien plus proche d'Henri IV, de par les forces sociales en action. Le grand paradoxe est que le protestantisme fut utilisé pour moderniser l'appareil d'État, contre les forces anciennes de la féodalité, mais que le protestantisme fut abandonné par pragmatisme.

Henri IV se plaçait clairement au-dessus des religions et il ne reconnaissait leur existence que dans une logique pratique. En ce sens, il annonce absolument Richelieu. Il développe l'économie politique de la monarchie absolue et il contribue à donner à la culture politique française le culte du sens politique, du « flair »...

1 oct 2015

Au moment de l'Édit de Nantes, le régime est pacifié, d'une manière telle que les esprits en sont durablement frappés. Dans son Théâtre d'agriculture et ménage des champs, Olivier de Serres y parle d'une population qui « demeure en sûreté publique, sous son figuier, cultivant sa terre, comme à vos pieds, à l'abri de Vôtre Majesté, qui a à ses côtés la justice et la paix ».

Une formule d'Henri IV passa à la postérité, donnant de lui une image paternaliste, celle d'un souverain soucieux de son peuple : « Si Dieu me prête vie, je ferai qu’il n’y aura point de laboureur en mon royaume qui n’ait les moyens d’avoir le dimanche une poule dans son pot ! »...

30 sep 2015

La question du pouvoir d'État était bien entendu fondamental, au-delà des réformes économiques, même si bien sûr les deux sont dialectiquement liées puisque Henri IV apparaît comme celui qui historiquement doit résoudre la crise de croissance de la monarchie absolue.

Une figure essentielle fut ici le protestant Maximilien de Béthune, duc de Sully (1559-1641), qui fut extrêmement proche d'Henri IV et dont une phrase est ici très connue : « Labourage et pâturage sont les deux mamelles dont la France est alimentée, les vraies mines et trésors du Pérou. »...

28 sep 2015

L'Édit de Nantes fut le point de départ du rétablissement de l'ordre royal, ce qui signifie pour la population principalement la remise en ordre de l'agriculture, et pour la bourgeoisie la possibilité de produire et de commercer.

Ce rétablissement de l'ordre, à ce moment de l'histoire de France, signifie le renforcement de la base nationale, par le renforcement du marché national s'étant développé et ayant permis à François Ier d'apparaître comme figure historique...

27 sep 2015

L'Édit de Nantes est promulgué le 13 avril 1598. Il a fallu deux années de négociation pour arriver un texte acceptable ou tout au moins relativement gérable par le pouvoir royal, aux dépens des factions catholique et protestante.

Trente années de troubles provoqués par d'incessantes guerres de religion et d'influences extérieures imposaient au pouvoir royal, pour se maintenir, de stabiliser à tout prix la situation, au moins pour un temps. La dimension nationale l'emporterait : en pratique, c'est sur la bourgeoisie que mise la monarchie absolue...

24 sep 2015

Ayant installé son gouvernement en Touraine après l'échec de la prise de Paris, Henri IV parvient à lancer une offensive militaire et à écraser la Ligue à Ivry en mars 1590. La question nationale, permise dans son existence même par la monarchie absolue, va alors se poser dans toute son ampleur.

Le soutien espagnol provoque un trouble certain sur le plan de la conscience nationale, qui saisit que l'éventuel succès de la Ligue renforcerait l'Espagne aux dépens de la France, voire briserait la France, en renforçant la féodalité de type médiéval...

23 sep 2015

Successeur de Henri III, Henri de Navarre procède par étapes. Tout d'abord, il lui faut trouver un terrain d'entente avec le pape et les catholiques, tout en contournant la faction catholique française alliée au roi d'Espagne.

C'est la seule possibilité de rétablir une stabilité politique et économique relative, et par là relancer le processus de monarchie absolue...

22 sep 2015

La question n'est donc nullement le simple rapport catholicisme – protestantisme. Il faut bien avoir à l'esprit qu'on est déjà dans une situation où la féodalité de l'ancien Moyen-Âge disparaît. La monarchie absolue est déjà présente en grande partie. C'est la raison pour laquelle les états généraux n'ont pas été convoqués de 1484 à 1560.

Le régime est déjà centralisé, et se forge un appareil d'Etat qu'il lui faut assumer. La création de postes administratifs rémunérés, mais exigeant un prix d'entrée, provoque une explosion des salaires à payer : on passe de 1,2 millions de livres par an à cinq millions en 1585...

19 sep 2015

L'Édit de Nantes - 3e partie : Henri III et Henri IV

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Le matérialisme dialectique enseigne non seulement que le moteur d'un phénomène est sa contradiction interne, mais également qu'il y a plusieurs aspects, dont un seul est le principal. Bien entendu, l'aspect principal peut changer, et le saisir est la clef pour comprendre le phénomène.

Saisir les événements en rapport à l'Édit de Nantes demande donc une grande précision, car il ne s'agit nullement de voir les choses comme un simple affrontement entre catholiques et protestants...

18 sep 2015

Au moment de l'Édit de Nantes, le pouvoir royal dispose d'une base nationale permise par la naissance d'un marché mis en place par le capitalisme naissant. Il s'élance dans la monarchie absolue par la synthèse nationale, à travers l'administration et l'armée.

Toutefois, autant le catholicisme semble une force sociale toujours plus faible, autant le protestantisme a une base problématique pour la monarchie absolue, dans le cadre français...

17 sep 2015

L'Édit de Nantes - 1re partie : trois factions

Submitted by Anonyme (non vérifié)

L'Édit de Nantes est un épisode historique d'une très grande importance dans l'histoire de notre peuple. La France a connu de multiples épisodes de guerres de religion entre catholiques et protestants, et cet édit a été un moment de vivre ensemble particulièrement notable, avant que le protestantisme ne soit ensuite pratiquement définitivement pourchassé et anéanti dans notre pays.

Toutefois, la connaissance de cet épisode historique capital pour le développement culturel de la France exige également de comprendre l'importance de la monarchie absolue, qui s'élance précisément avec François Ier, se développe à travers Henri IV et son Édit de Nantes, pour culminer avec Louis XIV...

13 sep 2015

Il y a 500 ans : Marignan, 1515

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Il y a 500 ans a eu lieu une bataille capitale pour l'histoire de notre nation : celle qu'on a retenu sous le nom francisé de Marignan, et qui s'est déroulé en Italie non loin de Melegnano, près de Milan. Des générations d'écoliers ont appris à associer la date et le lieu, la formule devenant pratiquement le symbole du début de la France.

« Marignan, 1515 » est effectivement bien le symbole de la naissance de notre nation...

9 sep 2015

L'importance toujours plus grande des transferts de fond témoigne qu'au-delà du rêve américain se profile le désir d'accumuler à tout prix du capital pour vivre tel un « colon » dans son propre pays d'origine, ou au moins d'y jouer un rôle semi-colonial.

7 sep 2015

L'existence d'une population immigrée importante dans un pays capitaliste s'accompagne d'un phénomène dialectique, dont les deux aspects sont d'un côté le harcèlement raciste, de l'autre l'établissement d'un communautarisme semi-féodal.

La non-reconnaissance de ce phénomène est propre à la fois à l'extrême-droite et au post-modernisme, dans leur négation commune du matérialisme dialectique...

6 sep 2015

Le déplacement de centaines de milliers de personnes depuis les pays semi-coloniaux semi-féodaux vers les pays capitalistes n'est pas réellement propre au cycle d'accumulation du capital commencé en 1945, car le phénomène existait à différents niveaux auparavant.

5 sep 2015

Le processus d'éviction des paysans de leur terre n'est pas valable seulement pour le capitalisme au sein d'un pays donné. C'est vrai aussi dans le cadre du rapport entre un pays où le capitalisme est développé, même relativement, et un pays où le capitalisme est bloqué, par la colonisation, imposant historiquement une forme semi-coloniale semi-féodale.

3 sep 2015

Le processus de l'exode rural a été largement analysé par Karl Marx, dans Le capital, où celui-ci décrit la naissance du capitalisme et donc les modifications de la situation dans les campagnes. Il raconte comment l'accumulation du capital fut possible justement en brisant la production traditionnelle dans les campagnes, en pourchassant les mendiants et vagabonds, en disciplinant les anciens paysans ayant quitté leurs terres.

Ici, le protestantisme a joué un rôle clef dans la rationalisation de la vie sociale, l'urbanisation des mœurs. Le calvinisme a été un vecteur essentiel pour les nouvelles moeurs...

2 sep 2015

Historiquement, les progrès techniques dans la production de biens manufacturés, ce qu'on appelle la « révolution industrielle », ont provoqué un déplacement massif de la population paysanne, ce qu'on appelle « l'exode rural ».

Cependant, cela est vrai dès le début de la croissance des bourgs, où vivent les bourgeois, c'est-à-dire les commerçants, artisans, marchands et négociants...

1 sep 2015

Les individus pensent choisir de se déplacer d'un endroit à un autre pour y habiter, que ce soit dans leur pays ou en allant dans un autre pays. C'est une illusion : en réalité, c'est la reproduction de la vie réelle qui décide, c'est-à-dire le mode de production. Les êtres humains sont de la matière, obéissant aux mouvements matériels au sein de la biosphère ; leurs consciences ne font que refléter les tendances inévitables du développement dialectique de la matière en transformation éternelle.

Le mode de production capitaliste, en particulier, a provoqué des déplacements matériels massifs et systématiques, en raison de ses besoins. Au-delà des déplacements de matières premières et de transformations agricole et industriel, il y a les mouvements migratoires.

31 aoû 2015

Brigades Rouges: Les vingt thèses finales (6)

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6. Cela introduit une autre question : la Ligne de Masses de l'Organisation, à savoir la question du Programme de Transition au Communisme, de ses Formes Conjoncturelles et de ses Formes Immédiates.

Sans un Programme de Transition au Communisme, qui explique les objectifs sociaux de la guerre, il n'est pas possible de localiser toutes les composantes prolétariennes qui y sont objectivement intéressés.

23 aoû 2015

Le matérialisme anglais - 12e partie : Thomas Hobbes

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Thomas Hobbes (1588-1679) a été proche du pouvoir politique en Angleterre et il est surtout connu pour avoir fourni une conception idéologique de l’État conforme aux exigences royales, par opposition aux perspectives de John Locke et David Hume, qui bien qu'allant dans le même sens ne soulignait pas assez les caractéristiques propres à l'Angleterre et sa monarchie intégrant les capitalistes aux côtés des aristocrates.

Thomas Hobbes est tout à fait sur le terrain de l'empirisme anglais, et dès le début de son ouvrage majeur, Le Léviathan, on lit :

« L'origine de toutes nos pensées est ce que nous appelons SENSATION, (car il n'est nulle conception dans l'esprit humain qui n'ait été d'abord, totalement ou par parties, causée au niveau des organes de la sensation). Les autres dérivent de cette origine...

22 aoû 2015

Le matérialisme anglais - 11e partie : David Hume

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L'écossais David Hume (1711 - 1776) est, avec John Locke, Francis Bacon ou encore George Berkeley, la grande figure de l'empirisme, et plus précisément ici de l'empirisme dit « relativiste ». Il connut la fraction radicale du matérialisme français, car alors qu'il fut secrétaire d'ambassade à Paris, de 1763 à 1766, il fréquenta pas moins que Dens Diderot, Jean le Rond D’Alembert, Helvétius, Paul-Henri Thiry d'Holbach, et également Jean-Jacques Rousseau.

Un rapport plus continu et davantage élaboré fut par contre réalisé avec le grand théoricien du libéralisme économique, son ami Adam Smith, écossais comme lui...

21 aoû 2015

Paul Mattick sur Karl Kautsky

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Paul Mattick

"KARL KAUTSKY : DE MARX A HITLER" (1939)

Karl Kautsky est mort à Amsterdam vers la fin de 1938; il avait alors 84 ans. On a vu en lui le plus éminent théoricien que le marxisme ait compté dans ses rangs depuis la mort de ses fondateurs, et l'on n'exagérerait pas en soutenant qu'il en fut le plus représentatif. Kautsky unit en sa personne, de la manière la plus nette, les côtés révolutionnaires et les côtés réactionnaires de ce mouvement.

21 aoû 2015

La figure de l'évêque irlandais George Berkeley (1685 – 1753) est connu dans le cadre du matérialisme dialectique par les multiples remarques explicatives que fait Lénine à son sujet dans Matérialisme et empirio-criticisme, y opposant la démarche de Diderot.

Georges Politzer, dans ses Principes élémentaires de philosophie, a tenté de résumer la conception de George Berkeley. Il explique comment George Berkeley part de l'empirisme, en acceptant de se fonder uniqueent sur les sens, pour aboutir à la conclusion que puisqu'il y a un esprit recevant les informations des sens, seul l'esprit compte, le reste étant illusion...

18 aoû 2015

John Locke est le véritable fondateur du libéralisme en politique. Puisqu'en effet chaque individu a ses propres sens, alors il faut le laisser libre. Lui-même ne doit admettre une structure politique que dans la mesure où elle lui permet de s'épanouir comme acteur libre, c'est-dire comme capitaliste.

Ce qui relève de la morale, des valeurs, tout cela relève des individus, dont les contrats sont à la base de tout, tant des affaires que de l’état. Le pouvoir politique ne vient pas de Dieu, mais des hommes propriétaires, et il consiste en une délégation pour que la société soit coordonnée de la manière la meilleure possible...

16 aoû 2015

John Locke (1632-1704) est la grande figure de l'empirisme anglais, parce qu'avec lui il triomphe politiquement, sous la forme du libéralisme. L'idéologie capitaliste de la monarchie constitutionnelle anglaise se confond tellement avec ce penseur que Voltaire dira qu'entre Platon et lui, il ne s'est rien passé en philosophie.

Avec John Locke, on a d'une certaine manière le « scotisme », la pensée de Jean Duns Scot, qui ressurgit triomphalement en ayant attendu son heure. Cette heure, c'est bien sûr la période de l'histoire où la bourgeoisie peut exiger une vision du monde conforme à ses intérêts...

15 aoû 2015

Brigades Rouges: Les vingt thèses finales (1-3)

Submitted by Anonyme (non vérifié)

1. L'actuelle conjoncture politique se trouve entre deux phases : nous ne sommes plus dans la phase de la propagande armée et pas encore dans celle de la guerre civile. Il s'agit ainsi d'une conjoncture de transition.

Nous devons accorder une grande attention aux particularités et aux contradictions caractérisant cette conjoncture et ne pas sous-estimer le fait que la transition de l'une à l'autre peut également être prolongé dans le temps...

12 aoû 2015

Pour comprendre l'importance du matérialisme anglais, il faut saisir la signification d'une bataille idéologique de grande ampleur ayant eu lieu au Moyen-Âge.

Ce qui a été appelé historiquement la « querelle des universaux » fut, en effet, un élément clef de l'histoire. Avec l'irruption des œuvres d'Averroès en Europe, c'est l'une des deux grandes dynamiques médiévales permettant l'affirmation du matérialisme...

18 juil 2015

Le romantisme français était un cul-de-sac. Né comme produit idéologique de la restauration monarchique, alors que son équivalent allemand était né à la base contre le formalisme aristocratique, il devait se révéler toujours plus improductif avec le triomphe du capitalisme et la disparition de l'aristocratie.

Certains, tel Victor Hugo, rejoignirent alors le camp de la république, mélange de démocratie-chrétienne et de réformisme social-républicain. D'autres, par contre, basculèrent dans une décadence « fin de siècle » aux relents mystiques, qui sera appelé le « symbolisme »...

13 juil 2015

Emmanuel Kant, en tant qu'auteur des Lumières, a donc théorisé la toute-puissance de l'entendement. Dans un texte fameux de 1784, il appelle ainsi à l'autonomie de la pensée, dans un grand élan anti-féodal :

« Les lumières, c’est pour l’homme sortir d’une minorité qui n’est imputable qu’à lui. La minorité, c’est l’incapacité de se servir de son entendement sans la tutelle d’un autre. C’est à lui seul qu’est imputable cette minorité dès lors qu’elle ne procède pas du manque d’entendement, mais du manque de résolution et de courage nécessaires pour se servir de son entendement sans la tutelle d’autrui...»

15 juin 2015

La prise du pouvoir par le fascisme en Slovaquie est, d'une certaine manière, exemplaire pour le type de fascisme dont il s'agit ici. En l'occurrence, le fascisme slovaque consiste en un nationalisme porté par le catholicisme et résolvant ses manques dus à son existence abstraite en se posant comme satellite semi-colonial d'un impérialisme. Il est le produit d'un séparatisme coupant un pays en deux.

Historiquement, la Slovaquie a été une composante de l'empire autrichien, en étant elle-même une colonie de la Hongrie. Cette dernière parvint à se renforcer toujours plus dans l'empire, parvenant au « compromis » donnant naissance à l'Autriche-Hongrie...

14 juin 2015

Leonid Brejnev dirigea l'URSS de 1964 à 1982. A sa mort, c'est Iouri Andropov qui prit sa place, à 70 ans, après avoir été dirigeant du KGB de 1967 à 1982. A sa mort en 1984, il fut suivi de Konstantin Tchernenko, âgé de 73 ans, pourtant gravement malade. A sa mort en 1985, ce fut inversement une figure plus jeune qui prit la succession : Mikhaïl Gorbatchev, âgé de 54 ans.

Néanmoins, Mikhaïl Gorbatchev n'apporta rien de nouveau et ne fit qu'appliquer la ligne d'Andropov. Celui-ci avait compris que l'Union Soviétique allait s'effondrer. L'URSS donnait l'image d'une superpuissance, qu'elle était militairement, mais à moins d'une offensive militaire tout azimut à la fois contre l'Europe de l'Ouest et contre la Chine populaire, il était pratiquement impossible de s'en sortir...

13 juin 2015

La situation compliquée au début des années 1960 obligeait la nouvelle bourgeoisie « soviétique » à effectuer un choix. En 1957, le maréchal Joukov avait été démis de ses fonctions de ministre de la défense ; il avait sauvé l'installation de Nikita Khrouchtchev au pouvoir, mais il représentait l'armée qui était mise de côté par rapport aux bureaucrates ayant gravi les échelons en tant que techniciens, cadres, etc.

Nikita Khrouchtchev avait alors porté tous ses efforts sur le nucléaire, les missiles intercontinentaux et la course à l'espace, avec les succès du Spoutnik et du voyage spatial de Youri Gagarine. Il pensait parvenir à développer rapidement l'URSS de cette manière, d'où ses célèbres phrases grandiloquentes comme quoi l'URSS dépasserait très vite les Etats-Unis et entrerait même dans le communisme à court terme...

12 juin 2015

Dès l'accession de Nikita Khrouchtchev au pouvoir, celui-ci s'attacha à développer des liens commerciaux nouveaux dans les pays du « tiers-monde », pratiquant l'ouverture diplomatique générale, envoyant conseillers, professeurs, techniciens, dans de multiples pays, notamment africains.
Il fit notamment une tournée en 1955 en Afghanistan, en Birmanie, en Inde, en Indonésie. Voici comment, en décembre 1958, le rapport de la délégation soviétique à la conférence du Caire (menée par Arzumanân) « résume » les propositions soviétiques aux pays du « tiers-monde »...

10 juin 2015

Nikita Khrouchtchev a eu énormément de mal à gérer l'avènement définitif de la nouvelle bourgeoisie née en URSS. Il fallait aller vite de l'avant, tout en liquidant les forces révolutionnaires et sans provoquer d'instabilités trop fortes. Il fallait d'un côté faire semblant de préserver le cadre soviétique et en même temps aménager les meilleures conditions pour le développement de la bourgeoisie.

C'était un jeu d'équilibriste, demandant des changements rapides et des répressions, dans une atmosphère idéologique et culturelle incohérente, avec des failles économiques gigantesques....

8 juin 2015

Le rétablissement du capitalisme dans les campagnes ne cessa de se renforcer. Ainsi, en 1964, les kolkhoziens pouvaient posséder une vache, un veau plus les veaux nés dans l'année, une truie avec ses petits ou un porc « gras », trois moutons ou chèvres avec leurs petits (cinq au cas où il n'y aurait pas de vache ou de porc), des poulets et des ruches en nombre illimité.

L'acquisition d'une vache était aidée par un crédit d’État, les particuliers pouvaient directement acheter du fourrage d’État, ainsi que faire paître les vaches sur les terres publiques. Les impôts sur le bétail possédé par les citadins disparurent ; les prix de vente sur le marché privé étaient libérés.

La possession de lopins de terre à cultiver était de plus en plus autorisé pour tous, et devenait même une obligation pour les instituteurs, les médecins et les techniciens vivant et travaillant dans les campagnes...

6 juin 2015

Après le triomphe du 20e congrès, Nikita Khrouchtchev formula ouvertement son plan de transformation de l'économie soviétique, tout d'abord dans un rapport au Comité Central du Parti Communiste d'Union Soviétique le 14 février 1957, puis le 30 mars 1957 dans quatre pages, résumant ce rapport, publiées dans la presse.

5 juin 2015

Après 1945, les thèses soviétiques étaient que les contradictions inter-capitalistes s'exacerberaient, que la tendance à la guerre deviendrait de plus en plus forte, que l'impérialisme américain était à la tête d'opérations de sabotages, d'infiltrations et d'agression contre l'Union Soviétique.

Par conséquent, il fallait mobiliser les masses sur des thèmes anti-guerre, ainsi que prôner l'interdiction de l'arme atomique. Ces considérations s'appuient sur la thèse du matérialisme dialectique comme quoi l'impérialisme est le stade suprême du capitalisme, produisant la guerre et le fascisme.

Cependant, Nikita Khrouchtchev représentait une clique de bureaucrates et de carriéristes au sein du Parti, de l'industrie et de l'armée, qui n'avaient par conséquent aucunement envie d'assumer un conflit idéologique ouvert, avec les pays capitalistes, ni de s'engager de manière militante dans le soutien à des processus révolutionnaires où les Partis Communistes s'engagent les armes à la main...

4 juin 2015

L'espagnol Pablo Picasso (1881-1973) est un peintre membre de « l'avant-garde » décadente du début du XXe siècle, principalement du courant cubiste qu'il a contribué à fonder, avant de participer de manière décisive à ce qui deviendra l'art abstrait.

Menant une vie de bohème à la manière d'un millionnaire, Pablo Picasso était très proche du Parti Communiste français, qui combinait thorézisme et une ligne culturelle justement tournée vers les courants cubistes – futuristes – surréalistes qui avaient été catégoriquement rejetés par le réalisme socialiste en URSS...

3 juin 2015

Le XXe congrès du Parti Communiste d'Union Soviétique (PCUS) fut un moment clef de l'histoire de l'URSS.

Normalement, les congrès possédaient une large publicité, témoignant de la vie du Parti dirigeant la société. Les délégués débattent suite au rapport fait par la direction, une ligne est votée pour le futur et des dirigeants élus pour l'appliquer.

Le XXe congrès dérogea totalement à la règle, puisque le secrétaire du PCUS prononça un « discours secret ». Ce discours ne fut pas sténographié, et il fut même demandé aux 1400 délégués de ne pas en dévoiler le contenu...

2 juin 2015

L'URSS social-impérialiste

Submitted by Anonyme (non vérifié)

À la mort de Staline en 1953, les éléments pro-capitalistes dans le Parti Communiste d'Union Soviétique lancent de vastes actions pour contrecarrer la « légalité socialiste » sous le masque du refus du « culte de la personnalité » et de la « bureaucratie ».

2 juin 2015

La mort de Staline s'est déroulée dans des conditions obscures ; il aurait connu une attaque cérébrale dans la nuit menant au premier mars, mais n'a pas été soigné, pour être déclaré mort le 5 mars.

Auparavant, il avait été isolé sur le plan de l'organisation. Alexandr Proskrebychev, son principal collaborateur depuis 1924, avait été mis à pied en 1952 sur la base d'une fausse accusation de vol de documents. Le responsable de sa sécurité depuis 1931, Nikolai Vlasik, fut pareillement écarté en 1952 sur la base d'une fausse accusation, cette fois de complot...

1 juin 2015

Le sujet de notre travail n'est pas l'analyse-critique de l'U.R.S.S. « en tant que Pays socialiste » comme si l'Union Soviétique était une formation socio-économique inconnue et inexplorée encore à l'heure actuelle: en réalité une étude avec des prémisses pareilles rentre dans des domaines différents de ceux que nous posons à la base de notre enquête politique.

De ce point de vue, la critique pratique des camarades chinois, indépendamment des aboutissements contre-révolutionnaires de la Révolution chinoise, représente aujourd’hui encore un patrimoine, non seulement pas encore atteint ailleurs, mais définitivement acquis.

Et ce n'est pas non plus l'analyse du « social-mpérialisme », parce que même en y recourant, nous ne considérons pas la catégorie du « social-impérialisme » comme une catégorie valable, capable de rendre compte, de façon exhaustive, de la complexité de la formation soviétique...

31 mai 2015

Le protestantisme est le prolongement direct du hussitisme. On doit même parler d'identité, ce que bien entendu seul le matérialisme dialectique est en mesure de constater. La forme et le contenu du hussitisme et du protestantisme sont en tout point similaire.

De fait, de la même manière qu'on y retrouve le rejet des images, on a une remise en cause des cérémonies religieuses traditionnelles et du rôle de l’Église et de son clergé.

Le vrai maître, c'est Jésus, qui parle à l'entendement, par conséquent tout doit tourner autour de lui. Son arrivée bouleverse la tradition qu'on trouvait dans l'Ancien Testament : désormais, chacun est égal face à Dieu...

30 mai 2015

En tant que vision du monde, le calvinisme avait à réaliser une tâche très importante. Le mouvement hussite – à la base du protestantisme – avait attaqué vigoureusement l’Église catholique pour son utilisation des images, dégradant la dignité de Dieu afin de servir

28 mai 2015

On comprend tout à fait pourquoi Jean Calvin a souligné l'importance de ce qui est pour les chrétiens l'Ancien Testament. En effet, s'il entendait mettre en avant une morale économique, il avait besoin d'un modèle de société, et inversement.

On ne trouve pas cela dans le Nouveau Testament, mais l'Ancien est parfaitement utile puisqu'on y trouve de représenté une communauté organisée sur de nouvelles règles. Il suffisait seulement de les interpréter de manière conforme aux exigences de sa propre époque.

Jean Calvin est ici quelqu'un qui produit une vision du monde, maniant de manière dialectique la forme idéologique et les exigences matérielles propres à la petite production s'élançant dans le capitalisme génétalisé...

25 mai 2015

Le calvinisme ne s'adresse pas qu'aux capitalistes en formation, il vise également à façonner les travailleurs libres. Chacun doit participer au grand projet entrepreneurial, à l'activité raisonnable, s'appuyant sur l'entendement.

Cette participation, on la retrouve donc dans le militantisme des pasteurs pour organiser une société marquée par de larges secteurs populaires marginalisées, issues des campagnes et formant une plèbe urbaine qui va être le futur prolétariat.

Pacifier cette plèbe fut une étape incontournable pour le développement franc du capitalisme. On a vu dans le hussitisme comment la plèbe avait joué un rôle historique de très grande importance, avec des tendances communistes...

24 mai 2015

Jean Calvin a fourni une œuvre dont la dimension économique est historiquement d'une importance immense. En fait, sa perspective est même celle d'un capitalisme organisé qui n'en est pas un ; il témoigne encore une fois ici d'une approche dialectique très poussée.

Son point de vue sur la banque est ici un exemple tout à fait pertinent dans ce cadre. Jean Calvin s'oppose ainsi formellement aux banques ; il a lutté pour qu'il n'y en ait pas à Genève...

23 mai 2015

Ce que dit Jean Calvin permet l'avènement de l'individu, en tant que forme sociale nécessaire pour le capitalisme. Il faut bien faire ici à ne pas réduire les positions de Jean Calvin à la base culturelle pour le développement des capitalistes, ce qui en ferait une religion des capitalistes pour les capitalistes.

En réalité la théologie de Jean Calvin est le reflet des besoins du capitalisme en tant que mode de production. Or, quels étaient ces besoins ? Ils ne consistaient pas seulement en l'apparition d'une nouvelle couche sociale ayant des pratiques adéquates : il faut également la couche sociale qui est son pendant dialectique...

22 mai 2015

Jean Calvin propose ici un paradoxe, l'être humain pourrait et devrait être bon, mais la chute d'Adam a bouleversé la donne :

« Nous disons donc que l'homme est naturellement corrompu en perversité : mais que cette perversité n'est point en lui de nature.

Nous nions qu'elle doit de nature, afin de montrer que c'est plutôt une qualité survenue à l'homme, qu'une propriété de substance, laquelle a été dès le commencement enraciné en lui : toutes les fois que nous l'appelons naturelle, afin qu'aucun pense qu'elle s'acquiert d'un chacun par mauvaise coutume et exemple, comme ainsi soit qu'elle nous enveloppe tous dès notre première naissance. »...

21 mai 2015

Jean Calvin considère que les « philosophes » ont eu raison de chercher ce qu'était l'entendement humain, mais que leur méconnaissance de la chute d'Adam les a empêchés de comprendre l'origine du problème.

Jean Calvin fait donc la même chose que Maïmonide ou Thomas d'Aquin : il considère que les philosophes, normalement rejetés catégoriquement par les religions, ont posé des problèmes intéressants, mais qu'ils ne pouvaient comprendre authentiquement.

On voit ici que les religions ne pouvaient plus exister sous leur ancienne forme féodale ; elles devaient élever leur niveau technique, intellectuel, théologique, s'adapter aux nouvelles conditions...

19 mai 2015

Jean Calvin, malgré sa défense de l'entendement, n'est donc pas un matérialiste : il ne peut pas assumer le matérialisme. Il n'appartient pas à une société dont le mode de production s'est émancipé de la soumission à l'environnement. Son appel à l'entendement tout puissant correspond aux exigences de la bourgeoisie qui veut transformer, qui a commencé à le faire, mais qui n'a pas encore transformé l'ensemble de la réalité.

On se doute que, forcément, par la suite les enseignements de Calvin changeront de sens pour la bourgeoisie une fois arrivée au pouvoir. En tout cas, à l'époque où il écrit, Calvin a besoin du concept de Dieu; il parle donc ouvertement des épicuriens, c'est-à-dire pour lui les matérialistes ; il aborde ouvertement les thèmes d'Aristote, qu'il reconnaît partiellement pour les contrebalancer par les thèses idéalistes de Platon...

15 mai 2015

Dieu produit la piété qui produit la religion – mais pourquoi Jean Calvin ne pense-t-il pas, tels les philosophes, que les êtres humains peuvent utiliser l'entendement – la piété – sans la religion ?

C'est parce qu'il a constaté que les esprits faisaient un fétichisme de leur capacité à raisonner. Le calvinisme n'est pas une idéologie de l'individualisme bourgeois, mais de l'individualité bourgeoise au sein de la société bourgeoise. C'est radicalement différent...

14 mai 2015

Le calvinisme a une image de grande rigueur et de grande exigence, dans un esprit particulièrement austère. Une telle approche est erronée et ne s'intéresse qu'aux apparences.

Si l'on veut comprendre la démarche de Jean Calvin, et son importance, il faut se concentrer sur comment Jean Calvin formule une théorie de la connaissance où la conscience a un rôle majeur. C'est ici que Jean Calvin révèle sa nature de classe révolutionnaire, portant la bourgeoisie qui alors brise les chaînes de la féodalité...

12 mai 2015

Ce qui caractérise la pensée de Jean Calvin, c'est l'affirmation de l'individu en tant qu'être autonome disposant de l'entendement. A l’Église catholique qui interdit de lire la Bible, réservant l'interprétation de celle-ci à une caste, Jean Calvin oppose les larges masses étudiant et lisant la Bible.

L'être humain, chez Jean Calvin, est capable de discerner le bien et le mal. Voici ce qu'il dit dès le début de son ouvrage majeur, l'Institution de la religion chrétienne (au français relativement modernisé ici pour faciliter la compréhension)...

10 mai 2015

L’État turc ne peut pas reconnaître le génocide arménien, parce qu'à la base même de son existence en tant que régime, il s'est construit sur un mythe politique, forgé par Mustapha Kemal dit Atatürk, le « père des Turcs ».

La nature du kémalisme en tant qu'idéologie à la base de l’État turc forcément fasciste a été analysé par Ibrahim Kaypakkaya. Né en 1949 et mort sous la torture en 1973, il n'a pas eu le temps d'aborder directement la question du génocide arménien. Cependant, il en explique l'arrière-plan dans les textes fondamentaux qu'il a écrit...

9 mai 2015

Les 70 ans du 9 mai 1945

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Il y a 70 ans l'Allemagne nazie signait sa reddition, à une heure tardive permettant une modification de date pour l'URSS en raison du décalage horaire. Les représentants allemands signent la reddition sans conditions à 23h16, au soir du 8 mai, ce qui fait que pour l'URSS la date est celle du 9 mai à minuit et seize minutes.

Ce décalage doit être compris dans le cadre de la magouille précédente des forces américaines, qui avaient accepté que la reddition de l'armée allemande soit signée dès le 7 mai à Reims en France, alors que l'URSS exigeait, avec raison, qu'elle soit signée à Berlin même, ce qui fut le cas lors du 8-9 mai.

Que l'armée allemande signe la capitulation dans sa capitale était pourtant un signe fort. Cela fermait toute une période, cela indiquait un chemin nouveau...

8 mai 2015

Pourquoi Jean Calvin est-il une figure absolument française, la plus progressiste du XVIe siècle, qui soit si peu connue en France ?

La raison tient à la victoire de la réaction catholique en France, formant un obstacle au progrès qui reste encore à surmonter. L'image de Jean Calvin a été noirci au possible, comme en témoigne la présentation qu'en fait Honoré de Balzac dans son roman Sur Catherine de Médicis, par ailleurs fascinant et qui décrit justement la période décisive pour l'histoire de France où le calvinisme a été écrasé...

7 mai 2015

De toutes les figures de l'histoire de France, Jean Calvin est celle dont l'impact culturel et idéologique a été le plus puissant. Pourtant, on pense plutôt à Maximilien Robespierre et Napoléon, ou encore Charles De Gaulle, quand on se réfère aux grandes figures de l'histoire de notre pays.

La figure de Jean Calvin reste obscure, voire inconnue ; dans la plupart des cas, si elle est un tant soit peu connue elle sera reliée au sectarisme, à un puritanisme fanatique, bref à une mort de la pensée et à des raisonnements opposés à la joie et aux sentiments.

Tout cela a une origine : le triomphe des forces féodales sur les forces progressistes portées par le protestantisme dont Jean Calvin a été le héraut, la figure la plus aboutie, la plus conséquente...

6 mai 2015

En commençant à écrire le présent livre, je n’avais pas l’intention, Sire, d’écrire quoi que ce soit à Votre Majesté : mon but était seulement d’enseigner quelques éléments simples, destinés à alimenter la piété de ceux qui éprouveraient le désir de servir Dieu. Je voulais, principalement, que mon travail soit utile aux Français, dont je voyais plusieurs avoir faim et soif de Jésus-Christ et bien peu le connaître comme il fallait. Ce projet ressort clairement du livre dans lequel j’ai utilisé la forme la plus simple possible d’enseignement. Mais, voyant que l’opposition de quelques personnes malintentionnées avait été telle en votre royaume qu’elle n’avait laissé aucune place à la saine doctrine, il m’a semblé expédient d’utiliser ce présent livre à la fois pour l’instruction de ceux que, tout d’abord, j’avais délibéré d’enseigner, mais aussi comme confession de foi, afin que vous connaissiez quelle est la foi contre laquelle s’élèvent ceux qui, par le feu et par le glaive, troublent aujourd’hui votre royaume. Je n’aurai aucune honte à reconnaître que je présente, ici, une sorte de résumé de cette doctrine que certains estiment devoir être réprimée par la prison, le bannissement, la proscription et le feu, et qu’ils déclarent avec insistance devoir être totalement éradiquée...

4 mai 2015

L'appel universaliste de Comenius

Submitted by Anonyme (non vérifié)

« Ce n'est pas un seul d'entre vous que j'appelle pour être juge ni un nombre limité, ni une multitude non plus ; je vous appelle au contraire tous à la fois à former un tribunal ; ce n'est pas la sentence de plusieurs d'entre vous que j'attends, c'est la sentence de tous...

Et si je vous appelle en nombre illimité, ce n'est pas pour vous faire décider du sort d'un seul homme, mais du salut du monde entier ; je ne vous mène pas devant l'autel d'une divinité fictive, mais devant la face du vrai Dieu vivant ... qui n'est pas le roi des guerres et des meurtres, mais de la paix et de la vie, et qui vous a comblés de ses présents pour vous confier la direction des affaires humaines ...

4 mai 2015

Comenius est l'auteur d'un ouvrage intitulé La grande didactique. Il est difficile de comprendre la dimension révolutionnaire de cet appel démocratique pour l'éducation des masses, puisqu'entre-temps celle-ci s'est réalisée, même si le plan de la contenu bien sûr la bourgeoisie devenue réactionnaire a imposé ce dont elle avait besoin.

Cette combinaison d'esprit démocratique absolu et de sens pratique est précisément ce qui fournit à Comenius sa dimension historique. Il assume l'humanisme et ne laisse strictement personne derrière, et en même temps il affirme qu'un rythme éducatif est possible pour tous et toutes, un rythme amenant une harmonie intellectuelle en suivant des formes appropriées. La lassitude ne peut tout simplement pas exister quand on apprend, si l'enseignement est adéquat...

2 mai 2015

Comenius exprime de manière magistrale la position matérialiste de l'esprit de synthèse. Il y a là un point historique d'une importance transcendante.

Il est intéressant de savoir ici que Comenius a vécu à la même époque que Descartes, et qu'il l'a rencontré. Les quelques heures de discussion n'ont abouti à rien, et pour cause. Descartes considère qu'il faut partir de l'individu et étudier le monde morceau par morceau, en partant de l'élément le plus simple.

Comenius, lui, fait comme Spinoza : il part du tout. Il est d'accord pour aller du simple au complexe, sauf que lui reconnaît la nature de « tout » à ce qui est complexe...

29 avr 2015

On sait à quel point l'obscurantisme religieux est un obstacle à la science, car il affirme qu'il faut partir de la « révélation » comme base « scientifique ». On trouve bien sûr chez Comenius la position matérialiste inverse ; s'il reconnaît la religion, il le fait toujours en la considérant comme base morale finale, nullement comme socle clérical.

Il affirme ainsi que dans l'enseignement :

« Il faudra procéder graduellement, en commençant par les choses matérielles, en continuant sa route avec les choses de l'esprit, et en la terminant par les choses révélées. »...

24 avr 2015

« Puisse l'école cesser d'être un labyrinthe, un bagne, une prison et un lieu de détresse, et puisse-t-elle commencer à être un stade, un palais, un festin et un paradis ! »

Tel est l'appel de Jan Amos Komenský (1592-1670), dit Comenius, qui n'est pas moins que le fondateur de la pédagogie.

24 avr 2015

Le déroulement du génocide arménien

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Il y a 100 ans, le 24 avril 1915, Talaat Pacha, le ministre de l'intérieur du gouvernement « Jeunes-Turcs » de l'Empire ottoman, donnait l'ordre de rafler tous les intellectuels arméniens de Constantinople (l'actuelle Istanbul), lançant ainsi le génocide des Arméniens.

A la fin du XIXe siècle, il y avait à peu près 3 millions d'Arméniens en Anatolie. En 1914, avant le génocide donc, ils n'étaient déjà plus que 2 250 000 suite aux vagues de massacres et à l'exil. Au recensement de 1927, on n'en comptait plus que 64 000...

21 avr 2015

La philosophie française, née avec René Descartes, a cette particularité de se placer à ce qu'elle pense être à mi-chemin de l'idéalisme et du matérialisme, et donc d'être authentiquement rationaliste. C'est là une illusion profondément ancrée dans la société française, et qui provient du statut particulier de la France par rapport au Vatican, ce statut de grande autonomie.

La France est ainsi catholique, mais travaillée largement par le rationalisme, voire le matérialisme, et l'idéologie dominante maintient cette triste fusion, dont l'une des expressions est la cohabitation de l'école publique et de l'école privée...

20 avr 2015

Le contexte du génocide arménien

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Il y a 100 ans, en avril 1915, débutait le génocide des Arméniens par le gouvernement nationaliste turc de l'empire ottoman. Connaître cet épisode dramatique de l'histoire et faire vivre sa mémoire est une tâche importante pour toute personne progressiste.

Le génocide arménien fut le premier grand génocide du XXe siècle, organisé de manière méthodique, répondant à des objectifs précis. Tout comme l'Holocauste juif de la Seconde Guerre mondiale par le fascisme, le génocide arménien est le produit du nationalisme réalisant ses perspectives politiques dans le cadre moderne du capitalisme développé...

19 avr 2015

Il restait à Bergson de faire en sorte de placer, comme Descartes, les mathématiques au centre de la question de l'esprit. La vision bornée, anti-matérialiste du monde, a besoin de voir les choses en termes de statistiques pour comptabiliser les ressources, pour transformer chaque élément de la réalité en marchandises.

Bergson explique alors simplement que le monde est mécanique et que l'intuition, en quête d'action, trouve de manière naturelle ou logique les mathématiques, puisque celles-ci permettent l'action. C'est une vision classiquement planiste à la française...

16 avr 2015

De la conception de « l'élan » de la vie et de « l'intuition » de l'individu, on aboutit à une vision anthropocentriste et individualiste en même temps : chaque individu est poussé en avant par la vie comprise de manière mystique, chaque individu est issu de « l'élan », et les individus s'affrontent, les espèces s'affrontent.

Au lieu que les êtres vivants soient considérés comme la vie elle-même, ils sont considérés comme le produit matériel de l'élan de la vie...

15 avr 2015

Une fois sa base affirmée, Henri Bergson publia en 1907 L'Évolution créatrice, son œuvre maîtresse dans la mesure où il part de sa thèse sur l'intuition pour tenter de formuler pas moins qu'une théorie de l'univers.

Il ne s'agit, en pratique et c'est logique, que d'une réponse au matérialisme dialectique, réponse bien entendu en inversant tous les repères. Le matérialisme dialectique considère que :

* la matière connaît des sauts qualitatifs, elle devient toujours plus complexe, elle ne peut pas revenir en arrière ;

* la matière est unifiée, reliée et composant un système unique et total...

13 avr 2015

Si on suit Henri Bergson, l'esprit est donc encadré par les sens d'un côté, le « disque dur » de l'autre. Il maintient une position, totalement fictive, entre la reconnaissance matérialiste des sens et l'idéalisme complet. A ses yeux :

« La mémoire est autre chose qu'une fonction du cerveau, et il n'y a pas une différence de degré, mais de nature, entre la perception et le souvenir. »

...

12 avr 2015

Quand on lit Henri Bergson, on se dit qu'au final ses constructions n'aboutissent à rien de concret, voire de compréhensible. Quel est l'intérêt de son travail ? Eh bien son influence est en fait telle, que l'on peut dire que l'idéologie dominante en France est traversée par le bergsonisme en la plupart des points.

La manière dont la science est considérée en France relève du bergsonisme ; on dit que les Français sont cartésiens, on devrait dire que la France relève du bergsonisme.

Nous avons vu que, selon Henri Bergson, le cerveau est une sorte de processeur utilisant un disque dur : l'être humain est un esprit qui vit dans l'immédiat, et que dans l'immédiat...

10 avr 2015

Henri Bergson considère en pratique le corps humain à peu près comme on conçoit un ordinateur personnel aujourd'hui. Dans ce dernier cas, il y a trois éléments : la mémoire vive qui consiste grosso modo en la capacité de calcul de mémorisation de l'ordinateur lors de ses activités, cette mémoire s'effaçant quand on l'éteint.

Il y a ensuite la mémoire morte, contenant les données de démarrage de l'ordinateur (aujourd'hui on peut réécrire ces données donc la mémoire n'est plus vraiment « morte »). Et enfin, il y a le disque dur qui stocke les données.

Il y a bien entendu tout le reste, avec notamment la carte-mère, le processeur, etc : c'est ce qui est en quelque sorte pour Henri Bergson l'esprit...

8 avr 2015

Tout cela n'aurait rien d'original, si Henri Bergson n'était pas en mesure de dresser le constat, soi-disant, comme quoi l'intuition est précisément ce qui caractérise la nature humaine. Car c'est bien là la conclusion logique de son double refus de « l'idéalisme » et du « réalisme ».

Henri Bergson compare, en effet, le cerveau à un bureau téléphonique central, qui à l'époque consistait en une personne déplaçant des câbles pour les placer de telle manière que deux personnes puissent se parler au téléphone.

Il rejette l'idéalisme, en disant que le cerveau ne peut pas « créer » de représentations, d'images. Mais en même temps, il rejette que la conscience ne soit que le reflet de la réalité, de ces « images »...

7 avr 2015

Après avoir établi la base de sa position idéaliste sur la « durée » et la primauté de la conscience sur la matière, Henri Bergson tenta de systématiser son approche dans Matière et mémoire, dont le sous-titre est « essai sur la relation du corps à l'esprit », publié en 1896.

On est là dans le refus catégorique du « monisme », du caractère uniquement matériel du monde...

6 avr 2015

Il va de soi que l'éloge du subjectivisme va forcément de pair avec celui du libre-arbitre. C'est un élément de base du rejet du matérialisme, et a fortiori du matérialisme dialectique. Henri Bergson considère qu'il va plus loin qu'Emmanuel Kant (et donc que René Descartes) dans sa défense de ce principe.

Il faut dire ici qu'Henri Bergson a fort à faire. D'un côté, il doit combattre le déterminisme sans jamais pour autant aborder le matérialisme dialectique (dont les principes sont bien entendu niés, comme son existence). Et de l'autre, il doit tout de même lier la conscience à la réalité pour ne pas basculer dans une abstraction mystique, métaphysique, qui n'aurait été d'aucune utilité pratique...

4 avr 2015

Henri Bergson s'évertue à justifier ce que René Descartes a justifié. Il parle ainsi d'un « moi fondamental », qui serait au plus profond de la conscience, formant la dimension réellement personnelle et créative alors qu'en surface on ne trouve que ce qui est réflexe, réflexions qu'il dit « solidifiées » et par conséquent codées dans le langage. Les mots sont considérés comme une forme insuffisante ne permettant pas de révéler la complexité de la conscience, on est plus que des mots: on touche ici la dimension anti-rationnelle typique du post-modernisme.
Le moi, comme dans le post-modernisme, se renouvelle de manière ininterrompue: les objets sont statiques dans l'espace, même s'ils changent parfois (et jamais de manière interne, jamais qualitativement) alors que dans le temps, à travers la durée, la conscience se modifie. Henri Bergson nous dit ainsi...

3 avr 2015

En accordant une dimension centrale à la conscience, Henri Bergson réalise un tour de passe-passe visant à supprimer tout espace théorique où l'on pourrait accorder à la matière un mouvement interne. Le temps n'existe plus pour les objets et les phénomènes, il ne s'y passe rien, en raison de ce que Henri Bergson interprète comme la loi de la conservation de l'énergie. Seule la conscience perçoit les changements, seule elle peut en définitive agir réellement. 

Voici comment il formule sa vision du monde :

 « Tandis que le temps écoulé ne constitue ni un gain ni une perte pour un système supposé conservatif, c'est un gain, sans doute, pour l'être vivant, et incontes­tablement pour l'être conscient. Dans ces conditions, ne peut-on pas invoquer des présomptions en faveur de l'hypothèse d'une force consciente ou volonté libre, qui, soumise à l'action du temps et emmagasinant la durée, échapperait par là même à la loi de conservation de l'énergie ? »...

1 avr 2015

La pensée de Henri Bergson se déploie au même moment où la classe ouvrière surgit et produit le matérialisme dialectique. Cette mise en perspective permet de comprendre sur quoi Henri Bergson met l'accent.

Si en effet il considère la conscience comme « prioritaire » dans la saisie de la réalité, il doit aller plus loin. Il doit systématiser le fait que la réalité a plusieurs aspects ou plutôt plusieurs vérités. Il doit rendre baroque la réalité, il doit la rendre kaléidoscopique, et surtout il doit rendre « spatial » ce qui est spirituel.

Voici une explication de Henri Bergson. Il parle de sons de cloche, que l'on peut soit distinguer un à un, ou bien considérer selon une perspective d'ensemble. Mais dans ce dernier cas, cela signifie qu'un son passé, n'existant plus, a maintenu son existence dans l'esprit, qui a pu ainsi le relier aux autres sons...

31 mar 2015

Henri Bergson, avec sa conception de la conscience toute puissante, inverse la théorie matérialiste dialectique du reflet. Ce n'est plus la conscience qui est imprimée par la réalité, mais l'inverse.

Cela signifie que ce qu'on appelle mémoire n'est pas une impression, comme dans le matérialisme dialectique où la conscience est imprimée, mais un simple outil pour l'intuition, pour l'action future de la conscience. Le monde consiste en l'avenir de la conscience agissante...

29 mar 2015

Le premier ouvrage d'Henri Bergson a un titre particulièrement évocateur : Essai sur les données immédiates de la conscience. Paru en 1889, cet ouvrage tente de maintenir l'équilibre qu'a réalisé René Descartes entre la religion et le matérialisme.

René Descartes avait tenté d'ouvrir un espace à la bourgeoisie pour qu'elle réalise la science, dans des conditions difficiles où la catholicisme prédominait. En Angleterre, Francis Bacon pouvait ouvertement revendiquer les cinq sens comme base de la connaissance, mais en France ce n'était pas possible. Cela permit à René Descartes d'émerger comme un penseur « radical » alors qu'il n'était en réalité qu'un penseur coincé entre deux eaux.

Henri Bergson va essayer de maintenir ce savant équilibre, qui tente de faire cohabiter le spiritualisme le plus intransigeant, avec une âme individuelle et un monde conçu par un Dieu tout puissant, et un matérialisme transformant la réalité...

28 mar 2015

La France a connu de nombreux penseurs, et de grands auteurs de littérature. Leur grand point commun, c'est leur préoccupation pour le style et le mode de vie, c'est-à-dire, en fin de compte, pour une manière de vivre vertueuse, ou morale.

La France dite classique du XVIIe siècle, c'est celle des moralistes en quête de vertu, et celle des Lumières, c'est celle de la morale universaliste ; les auteurs réalistes, voire naturalistes, du XIXe siècle, se sont préoccupés de l'état d'esprit d'une époque où le capitalisme s'approprie toutes les initiatives.

Pour cette raison, la France n'a pas connu de philosophes en tant que tel. Les « philosophes des Lumières » sont des essayistes et des écrivains, nullement des philosophes en tant que tel. Aussi, l'élaboration de systèmes de pensée cohérents et complets est inconnue en France. Ni René Descartes ni Denis Diderot, ni Pierre-Joseph Proudhon ni Jean Jaurès n'ont cherché à systématisé leur pensée, à ériger une démarche complète, cohérente sur tous les plans...

13 mar 2015

Le paradoxe de la bataille pour la dignité est que Moïse, Jésus et Mahomet n'ont pas du tout été reconnus immédiatement et entièrement. Le matérialisme dialectique affirme que toute progression est non-linéaire, et étonamment pour une religion qui se veut forcément « droite » dans son parcours, on voit que les prophètes ont dû batailler ferme.

Cela ressemble bien plus à de la bataille politique qu'à la réalisation prophétique triomphale. Et justement le matérialisme dialectique montre que les progrès de la civilisation consistent en des sauts qualitatifs, l'histoire avançant en spirale, pas en ligne droite.

12 mar 2015

Qui dit droit et compassion dit en même temps dignité. Moïse, Jésus et Mahomet représentent une étape de civilisation, d'affirmation de l'humanité par rapport à elle-même, au moyen de Dieu servant de miroir.

C'est là le problème le plus épineux de la religion, qui s'est accaparé toute une vision du monde où l'être humain gagne en dignité grâce à Dieu, par l'intermédiaire du prophète.

Sans Dieu, sans la figure du prophète, il n'y a selon les religions monothéistes plus de dignité humaine. Il n'y a que l’infamie, l'ignorance, le paganisme. Le Coran utilise par exemple le terme de jâhilîya, qui vient du verbe jahala, signifiant être ignorant, agir stupidement...

11 mar 2015

Le droit ne peut s'imposer, s'il ne transporte pas quelque chose de supérieur par rapport à auparavant. C'est pour cela que la religion est un refuge ; Moïse, Jésus et Mahomet ont construit la religion comme projet politique très concret, comme modification juridique. Cependant, en même temps, ils devaient inévitablement également réfuter les difficultés de la vie matérielle, en tentant de souligner que le nouveau droit apporterait la justice.

C'est de là que vient « l'humanisme » que portent les religions ; c'est ce que Karl Marx a expliqué avec sa fameuse formule de « l'opium du peuple », sur le double caractère de la religion : protestation contre la dureté de la vie et expression en même temps de celle-ci...

10 mar 2015

Moïse, Jésus et Mahomet expriment un grand tournant historique. Par conséquent, il y a le droit qui fait irruption, comme superstructure nouvelle de la nouvelle infrastructure.

Les propos de Dieu relatés par Moïse sont ici très clairs dans l'expression de la nouveauté juridique désormais écrite :

12 L’Éternel parla ainsi à Moïse:
13 "Et toi, parle aux enfants d’Israël en ces termes : Toutefois, observez mes sabbats car c’est un symbole de moi à vous dans toutes vos générations, pour qu’on sache que c’est Moi, l’Éternel qui vous sanctifie...

4 mar 2015

Dieu est l'éternité et il intervient dans l'espace en jouant sur le temps. Lorsque Jésus marche sur l'eau, le temps de la chute est « bloqué », comme est bloquée l'eau de la mer rouge pour permettre le passage des Hébreux poursuivis par les troupes égyptiennes. Quant au Coran, il est un miracle intemporel pareillement puisqu'il est censé être co-éternel à Dieu.

Dans ces trois cas, on a à chaque fois un humain qui est là pour ce miracle, dans la mesure où il le porte, de par sa présence. C'est le statut de prophète qu'on retrouve ici, avec le judaïsme qui ne reconnaît que Moïse et les prophètes de la Bible juive, tandis que le christianisme reconnaît en plus Jésus Christ et l'Islam y ajoute Mahomet.

Cependant, qui est cet humain, de quoi témoigne-t-il ?...

3 mar 2015

Tant que Moïse, Jésus et Mahomet parlait de Dieu, ils pouvaient faire référence à l'éternité. Le problème est tout à fait différent si l'on se place sur le plan spatial. L'équivalent de l'éternité est l'infini. Or, si un humain peut dire que quelque chose a existé avant lui et existera après lui, le problème est tout autre avec l'espace, puisque là il est obligé non pas de parler, mais de montrer l'infini.

C'est ici très précisément ce que font les « super-héros », parce que leurs réserves d'énergie semblent inépuisables, infinis : Superman n'est jamais fatigué, l'homme-élastique conserve sa plasticité, etc...

2 mar 2015

Il existe de très nombreuses manières de lire les récits concernant la vie de Jésus fait par les apôtres (les Évangiles ou Nouveau Testament), tout comme le Coran ou encore les écrits de la Bible juive (appelée Tanakh en hébreu et correspondant en partie à ce qui est appelé Ancien Testament par les chrétiens). Habituellement, deux approches se présentent, se contredisant : la première admet que les textes ont ici une dimension sacrée, divine, relevant de ce qui est révélé par une entité parfaite, omnisciente, omnipotente (résumée sous le concept de Dieu).

Quant à la seconde, elle considère que ces textes sont une retranscription historique d'événements uniquement humains, avec des ajouts surnaturels propre aux superstitions de l'époque dans un endroit donné...

20 fév 2015

Cette question de l'accumulation est indéniablement difficile et il est facile de se tromper. Rosa Luxembourg est dans ce cas ; son monument qu'est L'accumulation du capital consiste justement en la critique de la position de Karl Marx sur l'accumulation.

Aux yeux de Rosa Luxembourg, ce qu'explique Karl Marx est insuffisant. La richesse ne peut pas provenir du capitalisme lui-même. Ne voyant pas l’élévation des forces productives, le progrès qualitatif, elle va chercher un progrès quantitatif...

19 fév 2015

L'une des caractéristiques de l'anticapitalisme romantique est de penser que le capital financier « triomphant » dans le capitalisme revient à un capital usuraire médiéval. C'est là une très lourde erreur. En effet, le profit ne peut venir que de l'exploitation des prolétaires. Par conséquent, le capital financier n'existe pas de manière autonome au capital industriel, l'impérialisme est justement la fusion de l'un et de l'autre.

Nous avons vu comment le capitalisme naissait, mais pour s'agrandir, comment fait-il ? Sur le plan de l'accumulation du capital une fois le capitalisme élancé, que nous dit Karl Marx ?

Il constate déjà un paradoxe apparent. Si en effet il faut mettre de l'argent de côté afin de pouvoir investir plus tard, alors qui consomme ?...

17 fév 2015

Le fermier capitaliste ne suffit pas à donner le véritable élan au capitalisme, il faut l'industriel capitaliste. Il faut davantage de moyens, et ceux-ci ne pouvaient être fournis que par la société passée, aussi faut-il regarder dans la féodalité où est-ce qu'on trouve du capital, c'est-à-dire du travail accumulé.

Karl Marx constate ainsi que :

« Le moyen-âge avait transmis deux espèces de capital, qui poussent sous les régimes d'économie sociale les plus divers, et même qui, avant l'ère moderne, monopolisent à eux seuls le rang de capital. C'est le capital usuraire et le capital commercial...»

16 fév 2015

Nous avons vu quelle a été la base de l'accumulation primitive : le fait que des paysans aient été chassés de leur ancien mode de vie, et ainsi rendus disponibles pour le capital. Mais cela ne suffit pas ; comme Karl Marx le constate :

« Après avoir considéré la création violente d'un prolétariat sans feu ni lieu, la discipline sanguinaire qui le transforme en classe salariée, l'intervention honteuse de l'État, favorisant l'exploitation du travail - et, partant, l'accumulation du capital - du renfort de sa police, nous ne savons pas encore d'où viennent, originairement, les capitalistes. Car il est clair que l'expropriation de la population des campagnes n'engendre directement que de grands propriétaires fonciers. »

Or, les grands propriétaires fonciers sont des féodaux, pas des capitalistes. Cependant, ces propriétaires fonciers vont en Angleterre utiliser d'anciens serfs comme « fermiers » devant gérer les terres, et pour cela employant des travailleurs journaliers. Très vite, il devient indépendant, payant un loyer au propriétaire...

15 fév 2015

La compréhension de la nature du rapport entre les deux contraires accumulation du capital et accumulation des prolétaires – ayant comme contradiction interne le paupérisme – permet de saisir d'où vient l'accumulation du capital.

En effet, pour qu'il y ait capital, il faut des prolétaires, et donc tout doit venir de là. Or, d'où viennent les prolétaires ? Ils viennent des campagnes. Or, s'ils n'y sont pas restés, c'est qu'ils ont été obligés de partir, et d'être dans un statut où ils pouvaient passer sous la coupe du capital...

14 fév 2015

Tous les problèmes auxquels nous avons été confrontés pour comprendre l'accumulation du capital disparaissent quand on a compris la loi générale de l'accumulation capitaliste. Et cette loi, qui permet de comprendre l'identité des contraires accumulation du capital / accumulation du prolétariat, c'est celle du paupérisme.

En fait, nous avons constaté des contradictions... mais il nous en manquait une. Nous avons en effet vu que, d'une certaine manière, on pouvait constater que plus le capital s'accumule, plus il emploie des prolétaires, mais plus il en emploie, plus la part dédiée aux moyens de production devient importante, et moins il y a de prolétaires !

Tout prend un sens si on comprend que les prolétaires ne sont qu'une variable de la production, et que, qui plus est, il existe un formidable accroissement du rendement individuel de chaque prolétaire, au fur et à mesure de l'accumulation du capital...

13 fév 2015

Pour comprendre l'accumulation du capital, il faut se rappeler que le capital est du travail accumulé. Ainsi, si le capital s'accumule, alors les forces de production s'accumulent également - pas seulement le prolétariat, les forces productives aussi.

C'est précisément ce que ne voient pas les idéalistes raisonnant seulement en termes de salaires (et par conséquent Léon Trotsky, dans le Programme de transition, était obligé de prétexter que les forces productives auraient cessé de croître, afin de justifier sa propre position)...

12 fév 2015

Comment le capitalisme a-t-il commencé ? C'est là une question essentielle, qui détermine également comment il fait pour grandir, pour s'élargir, pour s'approfondir, pour s'intensifier ou, plus précisément sans doute, pour se dilater.

Cette question, c'est celle de l'accumulation du capital. Le problème évident étant ici que si on peut comprendre que le capital s'accumule une fois qu'il est lancé, comment a-t-il fait justement pour se lancer ? Comment quelque chose de non capitaliste a-t-il pu donner naissance au capital ?

Et si c'est le cas, pourquoi ne pas penser, comme le fit Rosa Luxembourg dans son ouvrage L'accumulation du capital, que le capital a besoin pour grandir de zones non capitalistes à intégrer ?...

11 fév 2015

Le monument de la colline Letna à Prague

Submitted by Anonyme (non vérifié)

C'est un épisode qui témoigne de l'intense complexité de la bataille qui s'est joué au tout début des années 1950 entre les communistes et les révisionnistes. Nous sommes à Prague, le premier mai 1955 : un immense monument dédié à Staline est inauguré.

Le paradoxe est que Khrouchtchev est présent, alors que depuis la mort de Staline en 1953 il a réorganisé tout le Parti Communiste d'Union Soviétique, dans un coup d’État dont le point culminant  victorieuxsera le « rapport secret » du 20e congrès de ce parti. Mais nous sommes alors en Tchécoslovaquie, pays où proportionnellement à la population, les communistes ont leur bastion mondial...

11 fév 2015

Hymnes de la RDA et du SED

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Auferstanden aus Ruinen (« Ressuscité des ruines ») fut l'hymne national de la République démocratique allemande à sa fondation en 1949.

Le texte reflétant l'idéologie et la démarche du principe de Démocratie populaire, le régime interdisa son utilisation officielle, l'hymne devenant purement instrumental. On peut écouter l'hymne ici...

11 fév 2015

Réquisitoire du procureur - affaire Rajk

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Les audiences de l'affaire du complot de Laszlo Rajk et de ses complices ont éveillé, à juste titre, un écho puissant dans notre peuple travailleur, chez nos amis étranger et chez nos ennemis étrangers aussi.

Ce procès a une très grande importance. Je puis affirmer sans exagérer : ce procès est d'importance internationale. En effet, il faut juger des accusés qui n'ont pas seulement levé la main sur le régime de notre République populaire, sur les grandes conquêtes de notre démocratie, mais qui ont été, dans leur activité de conspirateurs, des instruments, des pantins tirés par les ficelles des impérialistes étrangers, ennemis de notre peuple hongrois qui édifie le socialisme...

11 fév 2015

Hymne de la République Populaire de Roumanie

Submitted by Anonyme (non vérifié)

« Zdrobite cătușe » (« Brise les chaînes ») fut l'hymne de la République Populaire de Roumanie, de 1947 à 1953.

L'hymne roumain fut ensuite modifié en 1953, devenant la chanson « Te slăvim, Românie » (« Nous te glorifions, Roumanie »), au texte patriotique bourgeois, à part une seconde strophe faisant référence au léninisme et à la fraternité exprimée au peuple soviétique, qui ne fut plus chantée dès les années 1960. A partir de 1965, Ceausecu instaura un nouvel hymne, intitulé « Trei culori » (« Trois couleurs »).

On peut écouter la version instrumentale de Zdrobite cătușe ici...

11 fév 2015

Discours prononcé le 16 juillet 1950 à la Ve session plénière du Comité Central du Parti Ouvrier Polonais Unifié

Les délibérations de la Ve Session plénière du CC sur le plan de six ans et la formation des cadres nécessaires à sa réalisation ont clos la longue période des travaux préparatoires, commencés encore avant le Congrès d'Unification, c'est-à-dire il y a de cela deux ans.

Des délibérations de cette Session plénière, il ressort que le plan de six ans est un plan prêt, un plan étudié, vérifié et entièrement préparé pour quo l'on puisse...

11 fév 2015

Loi du 13 janvier 1949 de la République Populaire de Roumanie.

Art. I : Les crimes suivants sont soumis à la peine de mort :

a) Trahison du pays, activité en faveur de l'ennemi, action préjudiciable au Pouvoir de l’État ;

b) Transmission. de secrets d'Etat à un pays ennemi ou étranger ;

c) Complot contre la sécurité intérieure ou extérieure de la République Populaire Roumaine...

11 fév 2015

Pourquoi posons nous dans la situation internationale actuelle la question du Front National au premier plan de la lutte pour la paix et pour le Plan de six ans? Nous le faisons pour les raisons suivantes :

Premièrement : la situation internationale actuelle — alors que l'impérialisme mobilise toutes ses forces pour une nouvelle agression nous impose de nouvelles tâches importantes et exige la plus grande concentration de tous nos efforts et la mobilisation de toutes nos réserves.

Deuxièmement: l'agression impérialiste menace les conquêtes et les acquisitions des masses laborieuses, l'existence même de la nation polonaise et son indépendance...

11 fév 2015

La première année de notre grand Plan Sexennal, de notre plan de relèvement, de consolidation et de renforcement des forces politiques, économiques, culturelles et spirituelles de la Pologne Populaire, est écoulée.

Les tâches de cette première année ont été réalisées avec succès et considérablement dépassées par les travailleurs de notre pays.

Nous entrons actuellement dans la deuxième année de notre Plan Sexennal. Il n'est que juste qu'au seuil de cette année nous nous rappe-lions l'étendue, l'importance et le caractère des tâches qui nous attendent pendant cette deuxième année de notre plan qui, avec l'année suivante, est l'une des plus importantes car elle constituera l'étape décisive pour la réalisation de l'ensemble du Plan Sexennal et pour sa victoire...

8 fév 2015

Le baroque se confond avec la contre-réforme, avec l'esprit de la réaction: c'est la règle générale. Cependant, dans certains cas, comme la Belgique et l'Autriche, le baroque a été prolongé y compris dans une phase d'affirmation nationale, ce qui lui confère une dimension populaire certaine, la difficulté étant de scinder l'aspect réactionnaire de l'aspect culturel authentique.

Cela ne saurait toutefois être le cas pour la Bohême-Moravie, pays dominé par l'Autriche et connaissant une colonisation idéologique dans le cadre de l'oppression nationale. Si Prague est une ville baroque, ce baroque ne saurait avoir le même sens celui de Vienne, où la bourgeoisie parvient lentement à s'affirmer aux côtés de la monarchie essayant de devenir absolue...

5 fév 2015

La République Populaire de Pologne est une république du peuple travailleur. La République Populaire de Pologne continue les plus nobles traditions progressistes du peuple polonais et met en pratique les idées libératrices des masses travailleuses polonaises.

Le peuple travailleur de Pologne, sous la direction de l'héroïque classe ouvrière, et s'appuyant sur l'alliance des ouvriers et des paysans, a lutté pendant des dizaines d'années pour se libérer de l'asservissement national imposé par les annexionnistes et colonisateurs prussiens, autrichiens et russes, de même qu'il a lutté pour l'abolition de l'exploitation des capitalistes et des grands propriétaires fonciers polonais...

5 fév 2015

Programme d'action du nouveau gouvernement tchécoslovaque

10 mars 1948
Discours prononcé par le président du conseil Klement Gottwald
à l'Assemblée Nationale Constituante

Mesdames, Messieurs, Les membres du gouvernement pour les partis socialiste national, populiste et démocrate slovaque ont démissionné le 20 février 1948. Par ce fait fut ouverte la crise gouvernementale.

28 Jan 2015

Trente est une ville au nord de l'Italie, très connue pour son « concile », réunion des évêques de l'Église catholique romaine. Ce concile s'est tenu alors que le protestantisme s'affirmait, et le Vatican disposait de deux options principales :

- « mettre de l'eau dans son vin », en s'adaptant au protestantisme : ce sera la ligne du jansénisme, théorisé dans des zones marquées par la pression protestante ;

- aller à l'affrontement : ce sera la ligne des jésuites.

25 Jan 2015

Pour comprendre la dynamique autonome de l'Église catholique et de ses « saints », il faut saisir qu'au cœur du baroque, on a un mouvement extrêmement bien organisé, une sorte d'élite, une armée prête à mener la bataille idéologique : la « Compagnie de Jésus ». Ses membres sont appelés les « jésuites » et ce sont eux qui sont à l'origine de la première église baroque, l'église du Gesù à Rome.

Outil essentiel de la « reconquête » idéologique des masses, les jésuites sont des cadres formés au cours d'un long processus – une quinzaine d'années –, dans un parcours extrêmement dur sur le plan des enseignements (sciences, religion, etc.) et humain, les trois « vœux » consistant en l'occurrence en la pauvreté, la chasteté et l'obéissance au supérieur.

On est là dans une abnégation complète, et ces trois « vœux » sont d'ailleurs symbolisés par pas moins que trois clous perçant un cœur, sous le monogramme latin Jesus Hominum Salvator (Jésus sauveur des hommes), surmonté d'une croix, le tout servant de symbole des jésuites...

25 Jan 2015

Saint Ignace de Loyola - Exercices spirituels (1548)

Submitted by Anonyme (non vérifié)

[Le texte a été approuvé par Paul III le 31 juillet 1548 et édité pour la première fois la même année]

Traduction du texte espagnol par le Père Pierre Jennesseaux de la Compagnie de Jésus
Numérisation de l'édition de 1913 par le Frère Jérôme novice de la même Compagnie
Namur 2005

Annotations

Propres à faciliter l'intelligence des Exercices spirituels qui suivent: utiles à celui qui doit les donner, et à celui qui doit les recevoir.

15 Jan 2015

Baroque et contre-réforme - 7e partie : les reliques

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Du temps même du Christ, il existait une telle ferveur populaire que les gens étaient transcendés et arrivaient à disposer de volonté et d'engagement qu'ils n'osaient pas auparavant. Nulle magie ici, simplement l'importance de la capacité à prendre des décisions, avec, inévitablement et c'est un aspect de grande importance, l'hypothèse absolument nécessaire que Jésus était en fait médecin.

Soins réels, ferveur permettant d'aller de l'avant, voilà ce qui a aidé Jésus comme figure révolutionnaire anti-romaine et, partant de là, opposé aux rabbins entrés politiquement en collaboration avec l'occupant...

15 Jan 2015

Il fallait, en quelque sorte, réimpulser la religiosité du Moyen-Âge. Cependant, l’Église avait besoin pour cela d'intermédiaires entre les gens et Dieu, afin d'empêcher tant les soulèvements mystiques incontrôlés que les éventuels choix raisonnables se passant de l’Église elle-même.

Il y eut alors à la généralisation théologique des « intercesseurs » : les « saints ». Le culte des « saints » est par conséquent une composante essentielle du baroque. Le Vatican a dépensé une énergie importante pour disposer de « saints » locaux sur lesquels s'appuyer pour évangéliser et reconquérir les zones perdues aux protestants...

6 Jan 2015

Les vanités ne forment qu'une approche du baroque et de l'esprit de la Contre-Réforme. Il ne suffisait pas de montrer que toute activité intellectuelle était vaine : il fallait également, pour les forces réactionnaires, présenter le monde comme directement incompréhensible.

De la même manière que la bourgeoisie, au XXe siècle, a utilisé les principes de l'existentialisme, de la phénoménologie, la micro-économie, la mécanique quantique, etc., au XVIIe siècle la réaction cléricale et aristocratique a cherché à présenter le monde comme sans cesse changeant, comme insaisissable, comme incompréhensible...

30 déc 2014

Noël, une fête de la famille et de la générosité

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Comme nous l'avons vu, Noël est donc une fête de la nature liée au solstice d'hiver. Mais cela n'est pas son seul aspect.

Le fait que Noël soit la fête la plus importante dans la culture des masses de France provient aussi de son autre aspect : Noël est une fête de la générosité et de la famille. Cela est d'ailleurs visible dans toutes les cultures fêtant Noël avec chacune ses propres rites et coutumes.

Cette centralité de la générosité comme cœur de « l'esprit de Noël » renvoie d'ailleurs là aussi à la Nature qui est perçue par les êtres humains comme étant généreuse puisque prodiguant nos moyens de survie...

29 déc 2014

Noël, une fête de la Nature d'hiver

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Nous avons vu que Noël est une fête liée au solstice d'hiver. Elle tombe donc au moment le plus sombre de l'année. Mais pas seulement.

Lorsque Noël arrive, fin décembre donc, l'hiver s'installe dans l'hémisphère nord de notre planète (de manière plus ou moins avancée selon les latitudes). La France se situant relativement au nord de l'hémisphère nord, les saisons y sont bien marquées ; en hiver, il fait donc froid.

Noël est donc une fête de l'hiver, de la nature d'hiver pour être exact. C'est la fête de la Nature se mettant au ralenti pour mieux relancer le cycle de la vie le printemps venu.

27 déc 2014

Le principe du baroque était le suivant : la vie sur Terre ne pouvait être que brève et troublée, alors que la vie après la mort était éternelle et marquée par le bonheur divin ; se préoccuper du paradis avait un sens, s'attarder sur la vie matérielle n'en avait pas.

La quête de science prônée par l'humanisme, la volonté de compréhension prônée par la Réforme protestante, tout cela devait laisser indifférent qui avait compris que la priorité, c'était la vie après la mort. Le baroque consista ainsi en une offensive relativiste.

Voici un exemple avec un poème de Jean-Baptiste Chassignet (1571-1635), où le cadavre grouillant de vers, en mouvement donc, est opposé à la seule chose justement jamais en mouvement, et seul refuge selon lui: Dieu...

25 déc 2014

Le terme de « baroque » permet de désigner un mouvement intellectuel, culturel et artistique qui s'est imposé dans de nombreux pays d'Europe au XVIIe siècle. Sa vigueur a été exceptionnelle, et son impact a été si grand qu'il a profondément marqué de nombreuses cultures nationales apparaissant justement précisément en cette période.

Au sens strict, le mot « baroque » vient du portugais « barrocco » et désigne une perle irrégulière. S'arrêter cependant à une question de forme serait profondément erroné. En effet, le baroque est la forme historique qu'a prise la contre-réforme, c'est-à-dire la réaction s'opposant à l'humanisme et à la Réforme protestante du 16e siècle, dans le cadre de la bataille pour l'opinion publique...

25 déc 2014

Noël, une fête liée au solstice d’hiver

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La fête de Noël est intimement liée au solstice d’hiver qui est une date remarquable dans la rotation de notre planète la Terre autour de notre étoile le Soleil.

L’axe de rotation la Terre étant incliné par rapport au plan de l’ellipse que constitue sa course autour du  Soleil, c’est au moment de ce solstice que l’hémisphère nord de notre planète est le moins incliné vers le Soleil (et l’hémisphère sud le plus incliné). La situation inverse se passe au moment du solstice d’été. Ainsi, au moment du solstice d’hiver, le jour est le plus court de l’année et les rayons du soleil frappent l’hémisphère Nord avec l’angle le plus grand. Il fait donc plus froid et moins longtemps jour...

3 déc 2014

Jean Jaurès - 12e partie : les oppositions internes

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Jean Jaurès a été une catastrophe sur toute la ligne. Il a empêché la réception du marxisme en France, il a théorisé un « socialisme » comme généralisation de la petite propriété, il a mis en place un parti parlementariste et légaliste tentant de « conduire » la République au socialisme.

Deux conséquences majeures, demandant une analyse très approfondie, apparaissent ici...

2 déc 2014

Dans la social-démocratie, le syndicalisme est imbriqué dans le mouvement et est secondaire par rapport au Parti, à la théorie. En France, le syndicalisme s'est justement, à l'inverse, autonomisée. La charte d'Amiens est le produit catastrophique du refus de la politique par la classe ouvrière, au nom des nécessités pragmatiques du syndicat.

Voici comment Jean Jaurès soutient l'esprit du congrès de Rennes de 1898 de la Confédération Générale du Travail (née en 1895), dans une démarche pleine de complaisance...

30 nov 2014

Le problème de fond de la démarche de Jean Jaurès, c'est que tout comme chez Pierre-Joseph Proudhon, on est dans l'éclectisme le plus complet. Tout se mélange, de manière incohérente, et est même justifié, comme chez Pierre-Joseph Proudhon, par le principe de deux devient un : il serait intelligent d'allier, d'unir les deux aspects de la contradiction.

Cela n'a aucun sens : pour Karl Marx, la pensée est le reflet du mouvement de la matière, elle est de la matière grise. Or, Jean Jaurès dit qu'il accepte cette thèse, puis il tente de la combiner à la thèse contraire, et cela au nom de la « synthèse des contradictoires »...

29 nov 2014

Jean Jaurès parlait allemand, suffisamment donc pour étudier les documents de la social-démocratie allemande, pour donner son point de vue sur les oeuvres de Karl Marx et Friedrich Engels. Pourtant, il ne l'a pas fait. Il n'a jamais popularisé le marxisme, et pour cause !

Pour autant, Jean Jaurès doit tout de même se positionner par rapport à l'interprétation du marxisme. Il ne défend pas le marxisme, mais il doit se positionner de par la vigueur de la confrontation au sein de la social-démocratie internationale. On a ainsi Karl Kautsky qui défend l'orthodoxie, alors qu'Eduard Bernstein la réfute (au nom du fait que le mouvement est tout, le but n'est rien)...

28 nov 2014

Jean Jaurès est ainsi à l'origine d'une mystique, où le « socialisme » agit miraculeusement sur le capitalisme, au moyen de la « République ».

Voici comment Jean Jaurès voit les choses stratégiquement, expliquant que la classe ouvrière... doit être introduite dans la propriété ! Il attribue même à Karl Marx, ce qui relève de l'escroquerie et Jean Jaurès ne pouvait pas ne pas le savoir, le concept d'« évolution révolutionnaire » !..

25 nov 2014

Si l'on comprend bien la démarche de Jean Jaurès, alors on voit forcément que pour lui, le statut de prolétaire est une malédiction. L'idéal c'est le bourgeois, cultivé et humaniste, et tout le monde doit pouvoir l'être.

Le statut du prolétariat est pour l'instant d'être « déshérité », les prolétaires sont « dépouillés et nus », l'humanité est en « lambeaux », et par conséquent il faut une grande réconciliation. Jean Jaurès parle des arts, et logiquement il explique que cette sorte d'unification par le « socialisme » est nécessaire afin d'universaliser l'art...

19 nov 2014

Jean Jaurès – 6e partie : deux devient un

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Le socialisme est pour Jean Jaurès non pas l'abolition de la propriété privée, mais sa généralisation : la bourgeoisie cesse d'en avoir le « monopole ». Jean Jaurès raisonne en termes d'individu, pas de classe ; il raisonne toujours du point de vue individuel, jamais selon les modes de production.

Par conséquent, le communisme est chez Jean Jaurès une unification des antagonismes, comme chez Pierre-Joseph Proudhon pour qui deux devient un, à l'opposé de la dialectique. Au lieu d'avoir un qui devient deux, on a deux qui deviennent un, par un mouvement de réconciliation. C'est typiquement l'erreur française sur la dialectique, que Karl Marx notait de manière acerbe au sujet de Pierre-Joseph Proudhon...

18 nov 2014

Faisant l'apologie de l'enseignement comme base morale et idéologique du socialisme, Jean Jaurès prônait la fondation d'universités, de formations permanentes ; il voulait que les officiers ne passent pas que par des institutions militaires, mais par l'armée également.

Cependant, cette conception montre la dimension inter-classiste de son « socialisme ». Inévitablement, Jean Jaurès est obligé d'élargir le champ de ceux qui profiteraient de son « socialisme ». Ce dernier est en effet un concept, une morale, un style, une approche, pas une idéologie ni la dictature du prolétariat et encore moins un mode de production.

Le « socialisme » de Jean Jaurès est une évolution naturelle à une société « plus rationnelle ». Par conséquent, l'ennemi a tendance à être non pas la bourgeoisie (en tant que composante d'un mode de production), mais des forces obscures...

17 nov 2014

Jean Jaurès croit donc en la « République » comme forme neutre, utilisable pour le socialisme. Mais comment voit-il les choses concrètement, à défaut d'en élaborer la théorie ? Tout simplement, il s'imagine que cela se réalisera par l'enseignement; dans la même démarche que Victor Hugo, il voit la solution en l'éducation.

Or, le problème est bien entendu que l'éducation dépend jusqu'à présent de couches sociales liées à la bourgeoisie et à l'aristocratie, à l'Eglise. D'où les campagnes de Jean Jaurès : d'abord celle, qui triomphera, en faveur de la laïcité à l'école. Ensuite, mais la démarche échouera, en faveur de la liaison organique des écoles primaires avec les communes, afin de casser l'hégémonie de l'idéologie cléricale-réactionnaire...

15 nov 2014

Jean Jaurès n'est pas un intellectuel organique, un dirigeant révolutionnaire né sur le terrain de la lutte des classes, en se fondant sur les principes prolétariens scientifiques les plus avancés de son époque. Il le dit lui-même, ce qu'il veut c'est un « socialisme français ».

Jean Jaurès fut ainsi quelqu'un à gauche de Georges Clémenceau : ce dernier voulait gérer au mieux, Jean Jaurès comptait lui pousser le mouvement vers un « idéal » socialiste – sans pour autant avoir jamais donné de base scientifique à sa conception...

 

14 nov 2014

Jean Jaurès n'a jamais dit « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage ». C'est une citation erronée, doublement même puisque non seulement elle ne résume pas la pensée de Jean Jaurès, mais exprime même le point de vue contraire de celui-ci. L'erreur provient de l'assassinat de Jean Jaurès, devenu un martyr pour la paix.

Voici déjà ce qu'a en réalité dit Jean Jaurès...

12 nov 2014

Jean Jaurès - 1re partie : le jauressisme

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Jean Jaurès est entré au Panthéon en 1924 : c'est tout un symbole. Logiquement, comme symbole du pacifisme et du socialisme, il aurait dû être condamné par l'opinion publique outrancièrement nationaliste suite à la victoire de 1918.

Son meurtrier Raoul Villain, fut d'ailleurs acquitté lors de son procès en 1919, après cinquante-six mois de détention préventive ; ce fut par conséquent la veuve de Jean Jaurès qui dût payer les frais du procès.

Comment se fait-il alors que, dans le même contexte, Jean Jaurès put être porté aux nues par le même régime qui laisse libre son assassin ? C'est là une contradiction absolue qui, en fait, puise dans la figure même de Jean Jaurès, pour qui le socialisme consiste en la généralisation de la petite propriété privée à travers le capitalisme, par l'intermédiaire de la République...

11 nov 2014

Le programme de Hainfeld

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Le programme de Hainfeld est un véritable bijou de la social-démocratie de sa période révolutionnaire, une synthèse d'un développement historique remarquable. On est ici dans la véritable social-démocratie, qui combine idéologie, culture et politique, et qui ne résume pas son combat à une approche sociale ou une simple perspective économique.

9 nov 2014

Les 25 ans de la chute du mur de Berlin

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La chute du mur de Berlin, et plus globalement du bloc soumis aux social-impérialisme soviétique, voilà qui fut une source de joie pour les progressistes. C'était la fin d'une exploitation et d'une oppression mises en place par les « nouveaux tzars » ; comme nous l'avions formulé en 2009, la chute du mur de Berlin, c'est le symbole de la chute des nouveaux tzars.

Les pays de l'Est européen étaient soumis au joug fasciste maquillé en « socialisme » ; il s'agissait ni plus ni moins de pays semi-coloniaux, inféodés à l'URSS devenu un social-impérialisme en 1953...

8 nov 2014

Au tout début des années 2000, les trotskystes sont à leur apogée. Leur influence sur la société française est au plus haut ; parler d'extrême-gauche politique, c'est parler d'eux.

Le pic sera atteint aux élections présidentielles de 2002 : Olivier Besancenot du courant frankiste-pabliste fait 4,25 %, Arlette Laguiller du courant Lutte Ouvrière 5,72 %, les deux dépassant le candidat « communiste », Robert Hue, qui n'obtient que 3,37 % des voix...

6 nov 2014

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, les trotskystes se retrouvent très peu nombreux, et qui plus est, ils vont être en désaccord profond sur les forces à choisir pour leur « entrisme ». Les uns considèrent que ce sont les « staliniens » qui vont l'emporter, et il faut par conséquent les infiltrer. Les autres considèrent qu'il ne faut pas hésiter à s'allier avec les anti-communistes.

Cette scission entre forces trotskystes est vrai par ailleurs au niveau international. Ainsi, les forces cherchant à mener l'entrisme chez les « staliniens » se retrouvent dans le « secrétariat unifié de la quatrième Internationale », tandis que les partisans des alliances ouvertement anti-communistes forment le « Comité international pour la reconstruction de la IVe Internationale »...