Allemagne

13 avr 2017

Après le procès, Georgi Dimitrov se retrouva en première ligne pour exposer la nature du fascisme, ce qu'il fit tout d'abord dans la presse soviétique (Les premiers enseignementsCe que nous devons dire avant tout). Voici l'extrait principal d'un article qu'il écrivit pour la Pravda, l'organe du Parti Communiste d'Union Soviétique (bolchévik). Paru dans ce quotidien le 4 mars 1934, l'articile s'intitule Une victoire de la solidarité prolétarienne :

L'incendie du Reichstag devait marquer et marqua effectivement l'origine d'une campagne terroriste du fascisme allemand contre le mouvement révolutionnaire du prolétariat.

La provocation du 27 février 1933 visait à être le signal de l'« anéantissement » du marxisme, en entendant par là le mouvement révolutionnaire du prolétariat allemand...

9 avr 2017

Georgi Dimitrov s'installa à Vienne à partir de la fin janvier 1927, ville abritant la direction du Comité Central du Parti Communiste de Bulgarie (étroit). Il se rendit en 1928 en URSS, pour assister au IVe congrès du Profintern (l'Internationale Syndicale Rouge) et au VIe Congrès du Komintern, où il fut le délégué bulgare, parlant à ce titre le 6 août 1928.

5 fév 2017

Le centrisme de Karl Kautsky se prolongea y compris en pleine effervescence révolutionnaire en Allemagne. Lors d'un conférence générale de l'opposition en avril 1917, Karl Kautsky s'opposa ainsi tant à la présence des spartakistes qu'à la formation d'une nouvelle organisation, le Unabhängige Sozialdemokratische Partei Deutschlands - USPD (Parti social-démocrate indépendant d'Allemagne).

L'USPD eut pourtant un succès immédiat, obtenant 120 000 adhérents en quelques mois, alors que le vieux parti social-démocrate n'en avait alors plus que 240 000. Karl Kautsky et Eduard Bernstein prirent dans ce cadre une position tellement réformiste qu'ils devinrent les chefs de file de son aile droite...

4 fév 2017

Il est nécessaire ici de voir que c'est précisément cette passivité typique de Karl Kautsky que Lénine dénonce sous le vocable de kautskysme. Le kautskysme est ici un centrisme, c'est-à-dire une collusion avec la droite contre la gauche, au nom du succès mécanique inévitable censé arriver.

Karl Kautsky assuma cette position centriste jusqu'à la caricature. En 1915, il publia dans ce cadre État national, État impérialiste et fédération des États. C'était un ouvrage étrange : Karl Kautsky tentait d'y formuler une ligne de pseudo-critique de l'impérialisme, en pleine guerre...

28 déc 2016

À l'opposé de l'esprit modernisateur de Jean-Baptiste Colbert, l'Espagne pratiqua une forme totalement décadente de mercantilisme. Si la France était une monarchie absolue, avec une base féodale et une superstructure en contradiction avec sa propre base, tel n'était pas le cas en Espagne, bastion du féodalisme et du catholicisme.

Le processus de conquête espagnol en Amérique se déroula, par conséquent, dans une optique d'esprit étroit, borné, féodal, ce qui aboutit au fétichisme complet pour l'or. C'est la fameuse figure du conquistador avec son obsession pour ce métal précieux...

21 déc 2016

L'attentat à Berlin et le nouveau féodalisme

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Lundi soir, un poids lourd a foncé sur un marché de Noël à Berlin sur la place Breitscheidplatz ; il y a eu 12 morts, 45 personnes ont été blessées, dont 30 grièvement.

Il y a six mois, quelque chose de tout à fait similaire s'est déroulé à Nice et ici aussi l’État Islamique a pris la responsabilité de l'attentat.

C'est terrible et cela montre de nouveau la capacité historique du féodalisme de se réaliser de manière politico-militaire, dans la mesure où il mène des attaques nihilistes...

13 sep 2016

L'un des courants relativement exemplaire du volontarisme gauchiste – avec toute l'apologie d'une énergie vitaliste se précipitant dans une sorte de recette-miracle comme « clef » de la révolution – fut ce qui sera par la suite appelé le « national-bolchevisme ».

Ce courant n'a rien rien à voir avec les courants de droite qui utilisent la démagogie sociale ; le national-bolchevisme initial est une tentative gauchiste de profiter d'une situation particulière pour faire avancer la révolution...

8 sep 2016

L'une des principales figures du gauchisme allemand fut Otto Rühle. Professeur membre de la social-démocratie, il fut élu au parlement en 1912 et fit partie des 15 parlementaires sociaux-démocrates sur 111 qui le 3 août 1914 refusèrent de voter pour les crédits de guerre.

Il participa ensuite à une importante réunion de la gauche, en mars 1915, dans l'appartement de Wilhelm Pieck, qui sera par la suite dirigeant du KPD (Parti Communiste d'Allemagne), avec Liebknecht, Mehring et neuf autres personnes, qui fondèrent la revue Die Internationale, qui n'aura qu'un numéro mais donnera naissance au Gruppe Internationale, qui deviendra le Spartakusgruppe et donnera naissance au KPD...

7 sep 2016

Le gauchisme – 3e partie : le KAPD et l'AAUD

Submitted by Anonyme (non vérifié)

L'élan de la révolution allemande fut très profond et, malgré la mort de Rosa Luxembourg et de Karl Liebknecht, le Parti Communiste d'Allemagne (KPD) se construisit de manière très rapide.

Toutefois, il y avait deux axes possibles qui en découlaient. Soit il fallait se tourner vers tout un ensemble de structures dispersées liées directement à la perspective de l'insurrection, dans l'idée d'aller le plus rapidement possible, en mettant l'idéologie et l'organisation de côté...

19 aoû 2016

Le décès de l'historien bourgeois Ernst Nolte

Submitted by Anonyme (non vérifié)

On a appris hier le décès de l'historien bourgeois allemand Ernst Nolte, une figure très célèbre pour son interprétation du national-socialisme. Ernst Nolte a, en effet, provoqué une polémique importante en affirmant que le national-socialisme n'était qu'une simple réaction au communisme.

Selon lui :

« Ce qu’il y a dans le national-socialisme de plus essentiel, c’est son rapport au marxisme, au communisme particulièrement, dans la forme qu’il a prise grâce à la victoire des bolcheviks. »
(La Guerre civile européenne)

14 aoû 2016

SED : la nature de la RFA et la RDA (1952)

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Nous voulons conserver une solide fidélité à la bannière de Marx – Engels – Lénine – Staline et réaliser de manière conséquente les conseils du grand Staline sur la nécessité d'assurer l'amitié entre les peuples. (Applaudissements tempétueux)

En Allemagne de l'est, après la libération par l'armée soviétique, ont été tirées les leçons de la catastrophe où le fascisme hitlérien avait amené l'Allemagne. Les forces démocratiques et amoureuses de la paix ont mené une politique de paix, de reconstruction de l'économie pacifique et d'amitié entre les peuples...

15 juil 2016

15 juillet 1971 : la mort de Petra Schelm

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Il y a 45 ans, Petra Schelm était tuée par la police ouest-allemande. C'était le 15 juillet 1971, un mois avant l'anniversaire de ses 21 ans.

Après des études de coiffeuse, elle qui venait de milieux modestes avait choisi la rupture. Elle participait aux milieux hippies politisés, surnommé le « blues » et composé de cent colocations rassemblant plusieurs centaines de gens vivant de manière « alternative », dans un mélange de rock et de haschich (tout en refusant l'alcool, dans l'esprit hippie de l'époque). C'est du « blues » dont seront largement issus des organisations de lutte armée comme « les rebelles du hasch », « le mouvement du 2 juin », « les Tupamaros de Berlin-Ouest »...

28 mai 2016

Extrait du rapport lu par Walter Ulbricht, à Berlin le 19 avril 1946, lors du XVe congrès du Parti Communiste d'Allemagne.

La question essentielle qui se pose présentement en Allemagne est de se débarrasser des bases matérielles de l'impérialisme et du militarisme allemands, et la lutte contre les idéologies impérialistes et militaristes.

Il ne doit pas être de nouveau permis aux forces impérialistes réactionnaires, aux messieurs des monopoles et de la banque et aux grands propriétaires terriens d'utiliser la démocratie dans leur combat contre l'ordre démocratique et pour la reconstruction de leurs organisations réactionnaires...

4 mai 2016

SED : Nous réussissons l'unité (1947)

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Nous nous tenons mutuellement fermement les mains… Nous réussissons l'unité !

Camarades ! Une année de dure labeur s'est terminée. La nouvelle année commence avec des tâches encore plus grandes !

L'année 1946 rentrera dans l'histoire du mouvement ouvrier comme le début de l'unité organisationnelle. Dans la zone Est de l'Allemagne, le Parti Social-Démocrate et le Parti Communiste se sont unifiés en Parti Socialiste de l'Unité !...

26 Jan 2016

Qu'est-ce que le révisionnisme ? C'est modifier le marxisme, l'histoire du mouvement révolutionnaire, les valeurs révolutionnaires, afin d'en changer la substance. L'objectif, c'est la négation de la révolution et la soumission au capitalisme.

C'est un processus objectif, dont les porteurs n'ont souvent nullement conscience. L'esprit d'escroquerie est tel, cependant, au bout d'un moment, que les révisionnistes comprennent bien qu'ils sont des escrocs...

24 nov 2015

Comme on le sait, le matérialisme dialectique enseigne qu'il existe le schéma historique suivant : féodalisme => capitalisme => socialisme. A chaque fois, un mode de production en remplace un autre. Ce développement en étapes historiques est historiquement été présenté par Karl Marx et Friedrich Engels.

Toutefois, conformément à la loi matérialiste dialectique du développement inégal, ce processus de développement apparaît comme particulièrement tourmenté dans certains cas...

20 sep 2015

Bernhard Falk est un exemple de décadence post-moderne. Issu de la gauche anti-impérialiste allemande partisane de la RAF, il est devenu un salafiste soutenant Al Qaïda. C'est d'une logique absolument implacable : le tiers-mondisme subjectiviste est un radicalisme petit-bourgeois romantique, ne menant qu'à la liquidation et la réaction.

On connaissait le profil de Horst Mahler. Avocat de la RAF au début des années 1970, il participa alors à sa mouvance, écrivant même un long document prônant un parti communiste marxiste-léniniste armé. Tant ce document que lui-même seront pourtant toujours rejetés de la RAF. Arrêté, il se dissocia rapidement et une fois sorti de prison, il commença un parcours ouvertement contre-révolutionnaire, allant jusqu'à rejoindre le camp des néo-nazis...

12 sep 2015

L'opinion publique française a été extrêmement frappée de la décision de l'Allemagne d'accueillir pas moins de 800 000 réfugiés et migrants cette année. Rien qu'en août, 413 000 réfugiés et migrants sont arrivés en Allemagne, 800 000 étant déjà arrivés depuis 2011 ; 400 000 sont encore attendus d'ici la fin de l'année, 500 000 l'année prochaine.

Rien que ce week-end plus de 42 000 personnes sont attendues, alors que les capacités ferroviaires autrichienne et hongroise sont déjà dépassées, amenant à la suspension temporaire des lignes entre les deux pays, avec la fermeture de la gare internationale de Budapest et d'une autoroute autrichienne...

18 mai 2015

Jean-Luc Mélenchon contre l'Allemagne

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Jean-Luc Mélenchon est très connu en France comme politicien de gauche ; ancien socialiste, il a fondé le Parti de Gauche et cela fait partie de sa tradition d'être grossier et provocateur. Mais son style a un sens : un complet populisme.

Il y a quelques jours, en fait juste soixante-dix ans après la fin de la seconde Guerre Mondiale, il a publié un livre : Le hareng de Bismarck - Le poison allemand. Pour rendre les choses encore plus excitantes pour ainsi dire, il a posté auparavant sur son site une vidéo, avec la faute du gardien de but Harald Schumacher sur le joueur français Patrick Battiston lors de la demi-finale de la Coupe du Monde de football de 1982 !..

11 fév 2015

Hymnes de la RDA et du SED

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Auferstanden aus Ruinen (« Ressuscité des ruines ») fut l'hymne national de la République démocratique allemande à sa fondation en 1949.

Le texte reflétant l'idéologie et la démarche du principe de Démocratie populaire, le régime interdisa son utilisation officielle, l'hymne devenant purement instrumental. On peut écouter l'hymne ici...

9 nov 2014

Les 25 ans de la chute du mur de Berlin

Submitted by Anonyme (non vérifié)

La chute du mur de Berlin, et plus globalement du bloc soumis aux social-impérialisme soviétique, voilà qui fut une source de joie pour les progressistes. C'était la fin d'une exploitation et d'une oppression mises en place par les « nouveaux tzars » ; comme nous l'avions formulé en 2009, la chute du mur de Berlin, c'est le symbole de la chute des nouveaux tzars.

Les pays de l'Est européen étaient soumis au joug fasciste maquillé en « socialisme » ; il s'agissait ni plus ni moins de pays semi-coloniaux, inféodés à l'URSS devenu un social-impérialisme en 1953...

10 oct 2014

Il y a lieu de préciser, pour conclure, les caractéristiques générales du national-socialisme.

1. Le national-socialisme n'est pas une rencontre du nationalisme et du socialisme, mais une perspective idéaliste de réponse « nationale » aux questions sociales. Pour cette raison, l'anticapitalisme romantique est nécessaire, afin de « compenser » la non-remise en question du capitalisme.

2. La réponse « nationale » à la question sociale présuppose le fait que la nation ne connaîtrait pas de contradictions internes ; la base est ainsi la négation de la lutte des classes et du principe de dialectique en général...

9 oct 2014

La date du 25 juin 1934 est davantage connue pour la liquidation, en même temps que les putschistes de la « révolution conservatrice », de nombreux dirigeants de la S.A.. Officiellement, du côté nazi, c'est une réponse à la tentative de putsch du dirigeant de la S.A., Ernst Röhm. L'expression la « nuit des longs couteaux » n'a jamais été employée en Allemagne, seulement en France, en Angleterre, etc. comme surnom donnée à une opération qui aurait servi à liquider la « gauche » nazie.

Ce n'est pas le cas. Preuve en est que nulle part le programme du parti nazi ne prévoyait d'expropriations, à part dans le cas d'activités dites anti-nationales, et que de plus le responsable de la S.A. à ce moment-là était Ernst Röhm, placé en réponse aux agissements populistes de Walter Stennes.

Quant à l'arrêt des violences de la S.A. comme prétexte, une telle interprétation n'a pas de sens, alors que l'Allemagne passe sous la coup de bouchers...

8 oct 2014

L'Allemagne nazie connut bien entendu des contradictions, en fait elle ne connut que cela : contradictions entre elle et les pays conquis et opprimés, contradictions entre les larges masses et la grande bourgeoisie, contradictions entre l'armée allemande et les nouvelles factions dans l'appareil d’État, contradictions entre les factions nazies elle-même, etc. etc.

La première grande contradiction visible fut celle entre la haute bourgeoisie et l'aristocratie partisanes de la « révolution conservatrice » et le parti nazi. Elle s'exprima par l'intermédiaire de Franz von Papen, qui avait lui-même joué un rôle essentiel pour qu'Adolf Hitler accède au rôle de chancelier...

7 oct 2014

Les S.A. ne connurent pas de réel bouleversement à partir de 1933. Cela peut sembler paradoxal, et ce problème théorique a été « résolu » de manière totalement idéaliste au moyen d'une interprétation fondamentalement erronée de la « nuit des longs couteaux » en juin 1934.

La liquidation de dirigeants S.A. qui a eu lieu alors ne tient pas spécifiquement à la base de la S.A., et d'ailleurs la répression frappe autant les milieux de la « révolution conservatrice ». La thèse d'une « gauche » de la S.A. se révoltant et exigeant une « seconde révolution » n'a pas de fondements.

La base des S.A. n'était pas unifiée, même si elle provenait de couches populaires. Dans les zones ouvrières les S.A. étaient en bonne partie eux-mêmes d'origine ouvrière, alors que dans les grosses villes du sud comme Munich ou Francfort sur le Main, il n'y avait pratiquement pas de S.A. faisant partie de la classe ouvrière...

4 oct 2014

Lors de la destruction de la population juive d'Europe par les nazis, seulement la moitié environ des personnes assassinées le furent de manière industrielle, au moyen des camps d'extermination, les sinistres Auschwitz, Treblinka, Bełżec, Sobibor, Chełmno, Majdanek.

Les nazis procédèrent à la « Shoah par balles », sur le tas, parallèlement à leurs conquêtes militaires. Cet aspect est totalement négligé et incompris en France, ce qui fut largement employé par les négationnistes niant qu'il y ait eu un « plan » d'extermination et niant les chambres à gaz, sans jamais parler et pour cause de la « Shoah par balles ».

Ce qu'il s'agit de comprendre, c'est que les S.A. avaient comme base idéologique un « socialisme national » prônant l'unité de l'Allemagne sur une base pangermaniste et sa « purification » du pouvoir de « l'argent ». Les choses s'arrêtaient là en termes de dynamique idéologique ; il s'agissait d'un anticapitalisme romantique, d'une sorte de « repli sur soi » absolu...

2 oct 2014

Adolf Hitler fut nommé chancelier d'Allemagne par le président Paul von Hindenburg, le 30 janvier 1933, à la suite d'un long processus de tractations. Le parti nazi était alors financièrement exsangue et la base des S.A. toujours plus pressée d'obtenir des résultats concrets.

En pratique, il s'agit donc d'une alliance entre le parti nazi et la fraction ultra-conservatrice, regroupant notamment le DNVP (Deutschnationale Volkspartei – Parti national-allemand du Peuple) et la « Stahlhelm, Bund der Frontsoldaten » (« Casque d'acier », ligue des soldats du front).

Le DNVP faisait grosso modo entre 9 et 15 % des voix aux élections, quant au Stalhelm, c'était une milice d'un million de personnes. Ces structures, avec d'autres, s'étaient déjà alliées aux nazis dans le « Front de Harzburg » en 1931...

1 oct 2014

Le parti nazi disposait en réponse à cette tendance à la guerre et à la réaction de pas moins de trois organisations concernant l'économie, tissant des liens avec les grands capitalistes.

Le 31 janvier 1931 avait été fondé le « département de politique économique du NSDAP » (Wirtschaftspolitische Abteilung der NSDAP), où l'on retrouvera à la fois le directeur général de la Deutsche Bank Emi..l Georg von Stauß et le théoricien nazi de l'usure Gottfried Feder...

De cette structure sortit, d'octobre 1930 à octobre 1931, un « service de presse de politique économique » du NSDAP, à destination de 60 grands industriels, dont Fritz Thyssen, Gustav Krupp von Bohlen und Halbach, Peter Klöckner, ou encore le responsable d'IG Farben Carl Duisberg par ailleurs chef de l'association nationale des industriels de 1925 à 1931...

30 sep 2014

« L'ennemi est à gauche ! », tel était le titre du « journal des employeurs allemands » du 17 octobre 1929. Si en 1918 le régime monarchique s'était effondré, l'appareil d’État était lui resté le même et les généraux pesaient de tout leur poids sur le régime républicain, dans une sorte d'alliance contre-nature avec la social-démocratie qui avait été aux premières loges pour écraser la révolution de 1918 dirigée par Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg.

Les dirigeants de la social-démocratie étaient aux premières loges de la répression contre les communistes, avec notamment le ministre national de l'intérieur Carl Severering, le ministre prussien de l'intérieur Albert Grzesinski, le chef de la police berlinoise Karl Zörgiebel...

27 sep 2014

Gottfried Feder a « découvert » une « clef » pour que le national-socialisme ne soit pas simplement un nationalisme allemand opposé aux autres pays, mais également une force capable de mobiliser à l'intérieur du pays même, dans un sens de « réconciliation » des classes sociales.

L'ajout de Gottfried Feder, essentiel pour le national-socialisme, est le proudhonisme, c'est-à-dire l'affirmation qu'il existe un capital, même petit, dont l'activité est purement parasitaire. Que le capitalisme, en soi, n'est pas mauvais, s'il est relié au travail, alors que s'il existe de manière « autonome », alors il relève de l'usure...

26 sep 2014

L'anticapitalisme romantique des S.A. et du parti nazi s'appuie sur la conception de l'oppression et de l'exploitation comme venant de « l'extérieur ». C'est la conception de Eugen Dühring, critiquée par Friedrich Engels dans l'Anti-Dühring, ou encore de Pierre-Joseph Proudhon et du proudhonisme qui a suivi.

Cependant, il a bien fallu que cette conception soit adaptée aux conditions allemandes, et elle a été formulée par Gottfried Feder (1883-1941), principalement dans une oeuvre intitulée « Manifeste pour briser l’asservissement aux intérêts de l'argent », publiée en 1919...

25 sep 2014

C'est Carl von Clausewitz (1780-1831) qui théorisa toute la conception militaire prussienne, dans son ouvrage De la guerre, écrit surtout pendant les guerres napoléoniennes. Lorsque Carl von Clausewitz y affirme que « La guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens », il souligne l'importance de la fusion de l'armée et de la direction politique, de l'offensive militaire et de la société toute entière.

Lorsqu'il explique que « La guerre est un acte de violence destiné à contraindre l’adversaire à exécuter notre volonté », il exprime la vision aristocratique du principe hiérarchique.

C'est une conception directement pré-fasciste, directement issue de la Prusse où l'aristocratie s'est octroyée l'ensemble des postes de direction de l'armée, formant une sorte de caste, alors que pareillement le capitalisme était imposé par le haut...

24 sep 2014

Lors de la révolution française, la Prusse pensait profiter de son armée très organisée pour écraser ce qu'elle considérait comme des troupes éparpillées. La marche sur Paris fut cependant écrasée lors de la fameuse bataille de Valmy en 1792 : la levée en masse avait permis une gigantesque progression qualitative et quantitative.

Ce traumatisme fut suivi des guerres napoléoniennes, qui profitaient de l'élan républicain initial pour disposer d'armées puissantes. L'armée prussienne devait absolument se moderniser si elle voulait se maintenir, et elle le fit en organisant, par en haut, dans un esprit anti-démocratique, la levée en masse...

23 sep 2014

Les thèses de Rudolf Jung dans « Le socialisme national. Ses fondements, son devenir et ses buts » posent les bases de l'idéologie national-socialiste telle qu'elle a existé au départ.

Tout le début de l'oeuvre consiste en une histoire idéalisée du moyen-âge depuis Charlemagne. Rudolf Jung utilise ici en fait de manière démagogique le très haut niveau culturel des pays allemands et de la Bohème qui leur sont reliés durant la fin du moyen-âge, avec le formidable développement des villes et le grand élan humaniste...

22 sep 2014

Les positions de la « révolution conservatrice » n'ont pas directement influencé le national-socialisme, du moins pas avant la prise du pouvoir, puisque là l'intégration des forces ultra-conservatrices à ses propres forces a amené une synthèse aristocratique – national-socialiste.

Avant cette arrivée au cœur de l’État, et de la société allemande, le national-socialisme est une idéologie de la périphérie. L'Allemagne ne rassemblait en effet à la fin du XIXe siècle, ainsi qu'au début du XXe siècle, pas du tout l'ensemble du peuple allemand. Des parties importantes existaient en dehors, commençant tendanciellement ou franchement à vivre une destinée nationale différente, au sein de la Bohême et de l'Autriche notamment...

20 sep 2014

Ce qui est notable dans les S.A. était la division hiérarchique selon l'origine sociale. La base des S.A. était peuplée des classes les plus basses socialement, les cadres intermédiaires provenaient plutôt de la petite-bourgeoisie. Mais les dirigeants provenaient souvent de l'armée, à laquelle ils avaient appartenu avant même la guerre impérialiste de 1914-1918, et étaient d'origine aristocratique.
Cela n'est pas étonnant, car l'aristocratie, avec l'effondrement de la monarchie, s'est élancée dans une grande campagne idéologique anticapitaliste romantique, prônant une société « organisée » face au chaos capitaliste. Le terme employé pour désigner pour cette organisation sociale fut celui de « socialisme », désignant par là en réalité une société divisée en corporations avec l'armée comme colonne vertébrale...

19 sep 2014

Les S.A. avaient une démarche particulièrement agressive, principalement dans les années 1931-1932, années de guerre civile larvée. Un exemple parlant est la situation à Berlin en juin 1930 : en une semaine il y eut pas moins de 25 attaques par les S.A., avec comme bilan 5 morts, 38 grièvement blessés, 75 légers. Par la suite, la situation ne fit que s'envenimer.

Un autre exemple berlinois fut, le 12 septembre 1931, à l'occasion du nouvel an juif appelé Rosh Hashana, lorsque les S.A. menèrent une grande opération antisémite dans le quartier chic de l'avenue Kurfürstendamm (qui fait 3,5 kilomètres de long), dont un quart des personnes y vivant étaient juives...

16 sep 2014

D'où provient l'attribution à « Mein Kampf » d'une telle importance pour le national-socialisme, au lieu de voir les S.A. comme élément central ? En fait, la confusion a eu lieu car la bataille politico-militaire de la S.A. a été d'une violence inconnue pour la plupart des autres pays. On prétend ainsi encore en France qu'Adolf Hitler a été élu « démocratiquement », alors que les dernières élections de la république de Weimar en mars 1933 ont été marquées par une violence extrême des S.A..

Un autre aspect très important qui n'a pas été vu est que, justement, « Mein Kampf » traite notamment des S.A., dans le chapitre 9 de la seconde partie. C'est-à-dire que « Mein Kampf » pose justement les S.A. comme élément moteur du national-socialisme. Voici ce que dit Adolf Hitler...

15 sep 2014

La dimension paramilitaire, voire militaire, des formations politiques est une donnée essentielle des luttes de classe en Allemagne après 1918. A l'opposé de la France victorieuse, le pays est marqué par un changement de régime puisque la monarchie s'est effondrée, et doit de très importantes « réparations » de guerre.

Les forces réactionnaires sont très puissantes et tentent des coups d’État, alors que du côté révolutionnaire depuis l'échec de la révolution de 1918, c'est une lente et patiente réorganisation des très larges mouvements de masse qui a lieu, pavant la voie à un puissant Parti Communiste.

Dans ce contexte, Adolf Hitler donna l'ordre de formation de la S.A. dès le 3 août 1921. Depuis ce moment-là, les S.A. se considéreront toujours comme ayant une place à part, et ce même après 1933. Les S.A. se voyaient comme les soldats politiques du national-socialisme ; à leurs yeux, ce n'était pas les élections, mais leur propre mouvement qui avait permis l'avènement du régime hitlérien.

14 sep 2014

L'idéologie national-socialiste est synthétisée le mieux dans la chanson de la S.A., intitulée chanson de Horst Wessel. Cette chanson n'a d'ailleurs pas été que l'hymne de la S.A., mais celle du parti nazi lui-même ; elle fut systématiquement chantée, de 1933 à 1945, après l'hymne allemand dans les cérémonies officielles.

Horst Wessel rejoignit le parti nazi en 1926 et devint une des principales figures de la S.A. berlinoise, extrêmement violente et étant dans une situation extrêmement difficile dans une ville étant un bastion communiste. Il fut par la suite exécuté dans des conditions obscures, liées plus ou moins à la prostitution, mais son histoire fut récupérée comme symbole par le parti nazi, qui en fit un martyr ; il fut même raconté que les autres S.A. refusèrent à un médecin juif d'intervenir alors qu'il était grièvement blessé, etc...

13 sep 2014

Le « national-socialisme » est un phénomène propre au capitalisme en crise : il s'agit d'une réponse qui lui est immanente, naturelle. Tentant de prolonger son existence, le capitalisme tente de s'unifier intérieurement, ce qui signifie nier les luttes de classe au sein de la société. A côté de cela, il s'agit de satisfaire ses propres besoins, et cela signifie la guerre.

Ces deux aspects ont besoin d'une idéologie qui soit commune, qui permette tant un aspect que l'autre, et tel est le sens du national-socialisme. La version la plus connue, car la plus aboutie, est bien entendu le national-socialisme qui a existé en Allemagne, avec Adolf Hitler à sa tête...

18 aoû 2014

Sur ordre direct de Hitler et de Himmler, Ernst Thälmann a été assassiné le 18 août 1944, après plus de onze années d'isolement. Il avait auparavant été amené de la prison de Bautzen au camp de concentration de Buchenwald, près de Weimar, où son corps a été brûlé après l'assassinat, afin qu'il n'ait pas de tombe.

27 sep 2013

Dire « Mon cher Vladimir » en parlant de Poutine présent à quelques mètres, c'est clairement montrer une connivence, surtout quand c'est lors d'un forum d'intellectuels organisé chaque année par l'administration présidentielle russe...

 
1 sep 2012

Le matérialisme dialectique est très clair : le capitalisme va forcément à l'impérialisme, à la guerre. L'absence de campagne anti-guerre en général, et en particulier alors que des pays impérialistes dont la France tentent de renverser un pays comme la Syrie, est une catastrophe par rapport aux événements à venir.

On a une montée en puissance du fascisme et de la tendance à la guerre impérialiste, parallèlement à la véritable vague de 5ème colonne à l'extrême-gauche, qui objectivement sert la confusion, l'anti-communisme, l'antisémitisme et l'hystérie petite-bourgeoise.

19 juil 2011

L’attention qu’il faut porter en France à la concurrence au sein des fractions de la bourgeoisie est d’un intérêt certain pour la révolution.

Les mouvements de la contre-révolution, la progression du fascisme, puisent leur source dans les mouvements de fond de l’infrastructure de la société capitaliste ; l’antifascisme, pour être concret, doit comprendre les tendances générales de l’époque, et voir comment le fascisme tente de grandir.

L’exemple allemand apporte beaucoup de leçons ; il aide à comprendre que non seulement la démagogie fasciste mute en fonction des situations, ce que l’on sait dès qu’on étudie le fascisme, mais également pourquoi il mute...

15 Jan 2009

Le 15 janvier 1919, les camarades Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht étaient assassinés par le pouvoir social-démocrate, social-traître, qui parachevait ainsi la répression brutale de l'insurrection spartakiste.

1 fév 2007

Chronique des relations entre le NSDAP et le capital monopolistique d’octobre 1923 au 30 janvier 1933 (sélection), extrait de De Weimar à Hitler : Les causes de l’avènement de la dictature fasciste, de Kurt Gossweiler.

Octobre 1923 : Fritz Thyssen remet au général Ludendorff 100000 marks-or pour le NSDAP.

8/9 novembre 1923 : Putsch de Hitler et de Ludendorff à Munich...

31 Jan 2007

Brochure ANTIFASCISME - Kurt Gossweiler

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Kurt Gossweiler, né en 1917 en Allemagne, il déserte en 1943 l’armée nazie pour rejoindre l’armée rouge. Il devient alors un responsable de l’agitation antifasciste auprès des anciens membres de l’armée nazie, puis l’une des principales figures universitaires d’Allemagne de l’est ; de 1970 à 1983 il est collaborateur scientifique de l’Institut central d’histoire de l’Académie des Sciences en RDA. Auteur en 1972 d’une thèse sur Les monopoles industriels et l’Etat, il a publié de très nombreux travaux sur le mouvement nazi et le nazisme au pouvoir.

Aux élections du 6 novembre 1932, le NSDAP perd deux millions de voix et tombe à 11,7 millions de voix, cela malgré l’énorme démagogie sociale et la violence des centaines de milliers de SA. Les communistes sont à 5,2 millions de voix, gagnant 700,000 voix, alors que l’action antifasciste, front uni de lutte, se développe...

29 Jan 2007

Brochure ANTIFASCISME - Clara Zetkin

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Si Zetkin est la première à analyser le fascisme, c’est parce que ce dernier est un mouvement nouveau. Mussolini prend le pouvoir en Italie en 1922 ; quelques années auparavant on trouve la dictature de Horthy en Hongrie, instaurée en 1920, ou encore la terrible répression des « rouges » par les « blancs » en Finlande en 1918. La révolution de 1917 en Russie a été suivie d’une vague révolutionnaire, qui a amené une vague contre-révolutionnaire. Il a donc été logique de mettre a priori tous les mouvements de répression anticommuniste sur le même plan, et de considérer que les dictatures se valent toutes.

Zetkin fût la première à expliquer que cette analyse est fondamentalement erronée. Elle oppose la terreur blanche comme conséquence de l’existence d’un fort mouvement révolutionnaire, et le fascisme qui apparaît comme un châtiment parce qu’il n’y a pas de mouvement révolutionnaire. La terreur blanche « classique » est le produit de la tentative de faire de la révolution, le fascisme est le produit de l’absence de cette tentative...

9 mai 2006

Il y a trente années Ulrike Meinhof a été assassiné, le 9 mai 1976. Cette affirmation est encore aujourd'hui interdite en Allemagne, parce que officiellement elle s'est "suicidée". L'Etat ouest-allemand ne pouvait pas laisser vivre cette dirigeante communiste, chef de file de la lutte contre le révisionnisme, pour la reconstruction de la ligne rouge.

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