baroque

5 déc 2016

Né en 1860 en Moravie, Alfons Mucha est un artiste très célèbre en France, ayant vécu longtemps à Paris, où il a réalisé notamment de nombreuses affiches, au style éminemment reconnaissable. Résumer le style Mucha à une approche simplement art nouveau serait une profonde erreur, aussi y a-t-il lieu de se pencher sur ses ressources artistiques, tenant au foklore national tchèque.

Initialement artiste autodidacte, car se voyant refuser par les écoles d'art, il commence une carrière à Vienne, puis Mikulov, avant d'aller étudier à l'académie des arts de Munich, tout en faisant partie de l'association artistique tchèque locale, la Škréta, spolek mladých českých výtvarníků v Mnichově, fréquenté également par des artistes d'Europe de l'est en général...

19 juin 2016

La France a toujours possédé des liens étroits avec l'Italie. C'est une nation en quelque sorte cousine, si ce n'est sœur, et il est considéré que finalement la différence entre Français et Italiens ne tient qu'à quelques différences de tempérament, de mentalités. Historiquement, la figure de Benito Mussolini n'a ainsi jamais pu être prise au sérieux en France, pays où le classicisme et les Lumières ont amené une exigence de propreté formelle, de linéarité dans l'expression.

Benito Mussolini apparaît pour cette raison, comme une figure de la commedia dell'arte, qu'on ne peut pas prendre au sérieux. Le fascisme italien est dévalué comme une sorte d'aventure foklorique propre à l'Italie, à placer au même niveau que les simulations des joueurs italiens de football ou les frasques de Silvio Berlusconi, l'entrepreneur qui a dirigé l'Italie pendant de longues années...

29 fév 2016

L'école de Port-Royal a pu profiter, dans le cadre de ses activités, du soutien d'un peintre : le belge Philippe de Champaigne (1602-1674). Au départ, celui-ci eut une carrière classique, progressant comme peintre pour le régime : d'abord pour la reine mère, Marie de Médicis, ensuite pour Richelieu, qu'il sera le seul à représenter en tenue de cardinal, onze fois au total. Il devient, dans ce cadre, en 1648, un des membres fondateur de l'Académie royale de peinture et de sculpture. 

Philippe de Champaigne prend cependant le parti pris de Port-Royal, où sa fille est pensionnaire, et où il pense qu'elle a été guérie miraculeusement de sa paralysie. La voici, dans son tableau le plus célèbre, intitulé Ex-voto. En-dessous, on a le Double portrait de Mère Agnès et de Mère Angélique...

21 oct 2015

A partir du moment où l’État exige des œuvres magnifiques témoignant idéologiquement de son existence, les polémiques ne pouvaient qu'être rapides et enfler aisément. Ce fut le cas lorsque Pierre Corneille publia en 1637 le Cid.

Trois grands problèmes se posent immédiatement...

15 oct 2015

Sans le protestantisme pour assumer l'individu comme autonome, la tragédie ne pouvait pas se maintenir. Elle présentait les contradictions de l'individu, ses tourments face à la responsabilité : c'était là une problématique propre au calvinisme.

Il pouvait bien y avoir une récupération par la faction culturelle de la monarchie absolue, au moyen de Sénèque et de la vertu à respecter dans le cadre de l’État gérant la société, cela ne suffisait pas...

8 fév 2015

Le baroque se confond avec la contre-réforme, avec l'esprit de la réaction: c'est la règle générale. Cependant, dans certains cas, comme la Belgique et l'Autriche, le baroque a été prolongé y compris dans une phase d'affirmation nationale, ce qui lui confère une dimension populaire certaine, la difficulté étant de scinder l'aspect réactionnaire de l'aspect culturel authentique.

Cela ne saurait toutefois être le cas pour la Bohême-Moravie, pays dominé par l'Autriche et connaissant une colonisation idéologique dans le cadre de l'oppression nationale. Si Prague est une ville baroque, ce baroque ne saurait avoir le même sens celui de Vienne, où la bourgeoisie parvient lentement à s'affirmer aux côtés de la monarchie essayant de devenir absolue...

6 fév 2015

Le baroque espagnol est l'un des sujets les plus difficiles à interpréter. Le baroque prend son élan à un moment où l'Espagne est déjà devenue un bastion catholique, tant de par la grande opération de « reconquista » (reconquête) idéologique d'un territoire repris définitivement aux Arabes en 1492, que par la « découverte » cette même année de l'Amérique, avec la colonisation qui s'ensuit, marquée bien entendu par les opérations des missionnaires.

L'Espagne, comme l'Italie, a donc totalement évité la vague protestante ; elle a connu ce qui est appelé un « siècle d'or » de par la vigueur de la monarchie espagnole maintenant une féodalité complète, et ainsi le baroque est devenu un des vecteurs de l'affirmation nationale espagnole...

3 fév 2015

A l'opposé de la France où le baroque fut marginalisé par l'hégémonie de la monarchie en alliance avec la bourgeoisie, certains pays ont au contraire connu un baroque comme idéologie nationale, de par la domination de l'aristocratie avec l’Église, de la nécessité d'une offensive de la réaction pour maintenir le régime.

Par la suite, la monarchie tendant à l'absolutisme s'alliera à la bourgeoisie pour tenter de faire ce qui s'est passé en France, développant également un néo-classicisme....

2 fév 2015

Le culte des saints était dans l'intérêt des monarchies, puisque cela renforçait la religion et le statut du « roi de droit divin ». Cependant, les rois, lorsqu'ils parvenaient à élaborer les bases de la monarchie absolue, tendaient à rejeter l'influence par trop massive de l’Église, et on retrouve la même opposition dans l'aristocratie.

On a ainsi un style artistique royal qui existe, qui « évite » le contenu du baroque. Si l'on regarde le château de Versailles, l'hôtel des Invalides, l’église Saint-Sulpice, la chapelle de la Sorbonne, le château de Vaux-le-Vicomte, le palais du Luxembourg, le château de Maisons-Laffitte ou encore la place des Vosges, on n'y voit ainsi rien de baroque...

28 Jan 2015

 « Si c'est là l'amour divin, il m'est très familier » : voici ce qu'a dit quelque proche du matérialisme lorsque, au XVIIe siècle, il vit Thérèse et l'ange, sculptures de Le Bernin (1598-1680), Gian Lorenzo Bernini de son véritable nom italien.

Ce Napolitain est, de fait, la grande figure artistique du baroque, son rôle est central et son style résumé le baroque, comme en témoigne le baldaquin, qui abrite le ciboire (le vase utilisé lors des cérémonies), placé dans la basilique Saint-Pierre. Le Bernin fut le principal architecte porté par le vatican; menant une activité incessante, il est un activiste idéologique de premier plan...

28 Jan 2015

Trente est une ville au nord de l'Italie, très connue pour son « concile », réunion des évêques de l'Église catholique romaine. Ce concile s'est tenu alors que le protestantisme s'affirmait, et le Vatican disposait de deux options principales :

- « mettre de l'eau dans son vin », en s'adaptant au protestantisme : ce sera la ligne du jansénisme, théorisé dans des zones marquées par la pression protestante ;

- aller à l'affrontement : ce sera la ligne des jésuites.

25 Jan 2015

Pour comprendre la dynamique autonome de l'Église catholique et de ses « saints », il faut saisir qu'au cœur du baroque, on a un mouvement extrêmement bien organisé, une sorte d'élite, une armée prête à mener la bataille idéologique : la « Compagnie de Jésus ». Ses membres sont appelés les « jésuites » et ce sont eux qui sont à l'origine de la première église baroque, l'église du Gesù à Rome.

Outil essentiel de la « reconquête » idéologique des masses, les jésuites sont des cadres formés au cours d'un long processus – une quinzaine d'années –, dans un parcours extrêmement dur sur le plan des enseignements (sciences, religion, etc.) et humain, les trois « vœux » consistant en l'occurrence en la pauvreté, la chasteté et l'obéissance au supérieur.

On est là dans une abnégation complète, et ces trois « vœux » sont d'ailleurs symbolisés par pas moins que trois clous perçant un cœur, sous le monogramme latin Jesus Hominum Salvator (Jésus sauveur des hommes), surmonté d'une croix, le tout servant de symbole des jésuites...

20 Jan 2015

La compréhension du baroque exige une vision précise de la situation propre à chaque pays, sans quoi on arrive à des contradictions patentes. Un exemple « classique » d'erreur complète des commentateurs bourgeois en France concerne le tableau « Les ambassadeurs », de l'allemand Hans Holbein le jeune (1497-1543).

Selon eux, en effet, l'anamorphose – avec un crâne déformé « caché » au premier plan - fait que ce tableau serait « baroque ». Ce n'est nullement le cas.

En réalité, ce crâne est une allusion à la devise d'un des deux ambassadeurs représentés. Jean de Dinteville avait en effet comme devise « memento mori » (souviens-toi que tu vas mourir), et le globe terrestre à l'arrière-plan est centré sur l'Europe et indique même Policy, c'est-à-dire Polisy, le petit domaine de Jean de Dinteville...

17 Jan 2015

Les saints et les reliques devinrent ainsi une composante vitale des églises. Mais le baroque utilisa de nombreuses autres armes idéologiques. Un élément significatif très connu du baroque, d'une importance extrême pour lui, est ainsi le trompe-l'oeil.

A la base une église romane, l'Abbaye de Neresheim en Bavière est un exemple significatif du baroque, puisqu'en effet elle a été « modernisée » en ce sens à la fin du XVIIe siècle; voici son trompe-l'oeil...

15 Jan 2015

Il fallait, en quelque sorte, réimpulser la religiosité du Moyen-Âge. Cependant, l’Église avait besoin pour cela d'intermédiaires entre les gens et Dieu, afin d'empêcher tant les soulèvements mystiques incontrôlés que les éventuels choix raisonnables se passant de l’Église elle-même.

Il y eut alors à la généralisation théologique des « intercesseurs » : les « saints ». Le culte des « saints » est par conséquent une composante essentielle du baroque. Le Vatican a dépensé une énergie importante pour disposer de « saints » locaux sur lesquels s'appuyer pour évangéliser et reconquérir les zones perdues aux protestants...

6 Jan 2015

Les vanités ne forment qu'une approche du baroque et de l'esprit de la Contre-Réforme. Il ne suffisait pas de montrer que toute activité intellectuelle était vaine : il fallait également, pour les forces réactionnaires, présenter le monde comme directement incompréhensible.

De la même manière que la bourgeoisie, au XXe siècle, a utilisé les principes de l'existentialisme, de la phénoménologie, la micro-économie, la mécanique quantique, etc., au XVIIe siècle la réaction cléricale et aristocratique a cherché à présenter le monde comme sans cesse changeant, comme insaisissable, comme incompréhensible...

2 Jan 2015

Le baroque, forme de la contre-réforme, a réussi à mettre en place tout un système artistique autour du thème de la vanité. C'est une démarche tout à fait cohérente et aisément compréhensible : pour contrer l'humanisme et le protestantisme, qui en appellent à la raison, le baroque a affirmé de très nombreuses manières que tout est vain, que rien n'a de sens, que rien ne sert à rien.

Cela donne un mot d'ordre – « memento mori », « souviens toi que tu vas mourir » - qui devient essentiel au catholicisme, et une série de représentations, communément appelé « vanités », du terme employé dans le passage biblique « vanité des vanités, tout est vanité »

Le plus couramment existant sous la forme de peintures, les vanités montrent des « rappels » : on a ainsi un crâne, symbole de la mort, parfois un sablier pour désigner le temps qui passe. On a cependant également une systématisation de cette présentation allégorique, avec une fleur dans un vase (qui va donc faner), on fruit (qui va pourrir), une bougie allumée (qui va se consumer), etc.

29 déc 2014

Noël, une fête de la Nature d'hiver

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Nous avons vu que Noël est une fête liée au solstice d'hiver. Elle tombe donc au moment le plus sombre de l'année. Mais pas seulement.

Lorsque Noël arrive, fin décembre donc, l'hiver s'installe dans l'hémisphère nord de notre planète (de manière plus ou moins avancée selon les latitudes). La France se situant relativement au nord de l'hémisphère nord, les saisons y sont bien marquées ; en hiver, il fait donc froid.

Noël est donc une fête de l'hiver, de la nature d'hiver pour être exact. C'est la fête de la Nature se mettant au ralenti pour mieux relancer le cycle de la vie le printemps venu.

27 déc 2014

L'auteur espagnol Pedro Calderón de la Barca (1600-1681) a exprimé le relativisme du baroque de la manière la plus brutale dans une œuvre capitale pour saisir l'esprit du baroque : La vie est un songe.

Dans la pièce, un roi a enfermé son fils seul dans une tour, en raison d'une prédiction sur sa nature future criminelle. Pris de remords, il le drogue et le place sur le trône pour une journée puis, devant l'échec de l'expérience, le ramène dans sa tour après l'avoir drogué. A chaque fois le jeune prince croit que ce qu'il a vécu est un songe, une illusion, et à la fin de la pièce il parvient au pouvoir.

Cette alternance de vérités relatives est propre au baroque : aucune connaissance ne tient debout, à part celle de Dieu. La vie est un songe, une illusion. Il ne sert à rien d'y accorder une véritable importance...

27 déc 2014

Le principe du baroque était le suivant : la vie sur Terre ne pouvait être que brève et troublée, alors que la vie après la mort était éternelle et marquée par le bonheur divin ; se préoccuper du paradis avait un sens, s'attarder sur la vie matérielle n'en avait pas.

La quête de science prônée par l'humanisme, la volonté de compréhension prônée par la Réforme protestante, tout cela devait laisser indifférent qui avait compris que la priorité, c'était la vie après la mort. Le baroque consista ainsi en une offensive relativiste.

Voici un exemple avec un poème de Jean-Baptiste Chassignet (1571-1635), où le cadavre grouillant de vers, en mouvement donc, est opposé à la seule chose justement jamais en mouvement, et seul refuge selon lui: Dieu...

25 déc 2014

Le terme de « baroque » permet de désigner un mouvement intellectuel, culturel et artistique qui s'est imposé dans de nombreux pays d'Europe au XVIIe siècle. Sa vigueur a été exceptionnelle, et son impact a été si grand qu'il a profondément marqué de nombreuses cultures nationales apparaissant justement précisément en cette période.

Au sens strict, le mot « baroque » vient du portugais « barrocco » et désigne une perle irrégulière. S'arrêter cependant à une question de forme serait profondément erroné. En effet, le baroque est la forme historique qu'a prise la contre-réforme, c'est-à-dire la réaction s'opposant à l'humanisme et à la Réforme protestante du 16e siècle, dans le cadre de la bataille pour l'opinion publique...

17 mar 2014

Molière ne s'arrache donc pas à la soumission à la cour. La Comtesse d'Escarbagnas est une comédie-ballet, sans grande envergure, mais soulignant la séparation entre Paris et la province sur le plan des mœurs. A ce titre, elle célèbre la séparation villes-campagnes, en affirmant la cour et en abaissant l'aristocratie.

Le ton est le même avec Le Malade imaginaire, comédie-ballet où la pièce qui se moque des médecins est entrecoupé de danses, de chants, et de scènes à la gloire du roi et du mode de la vie de la cour...

5 mar 2014

Avec Les Fâcheux en 1661, on a le grand tournant dans l'oeuvre de Molière. Non seulement on retrouve de développé le thème du portrait, mais on a cette fois bien plus : l'appui de Louis XIV, qui va donner une dimension historique à l'ensemble.

Comédie-ballet, Les Fâcheux décrit justement des personnes ennuyeuses, empêchant un homme d'aller voir la femme qu'il aime, parce qu'elles leur racontent une partie de cartes fameuse, ou bien parce qu'elles viennent chanter un air, etc.

On devine que ces fâcheux sont le genre d'importuns que connaît, en quelque sorte Louis XIV, qui va même, alors que l'oeuvre était encore à l'écriture mais que la liste était établie, en mentionner un qui manque : le fâcheux ne pensant qu'à la chasse à courre...

20 juil 2011

La bourgeoisie a permis l’avènement de l’individu et c’est là son mérite, mais elle donne naissance également par la suite à l’individualisme, dans toute sa confusion mentale, et cela est critiquable.

La bourgeoisie française a lutté de manière exemplaire contre les forces féodales ; sa révolution a été exemplaire et considérée comme un modèle pour toutes les bourgeoisies du monde. Et il faut bien souligner que sa décadence est tout aussi exemplaire.

23 nov 2009

Dans le second article traitant du baroque caractérisant la société française -La culture de la société française devient grotesque (et nécessite une critique réaliste s’opposant au formalisme-, il a été affirmé que « là où il y a du baroque, il y a le formalisme, et inversement. »

Cette affirmation est très lourde de conséquence pour la compréhension de la société française. En effet, la culture française dans son interprétation bourgeoise est considérée comme ayant vécu son apogée à l’époque de Louis XIV, avec le « classicisme. »

20 nov 2009

Le scandale d’ampleur nationale causée par la tricherie lors du match de football France – Irlande relève très exactement de la dimension baroque dont il est parlé dans l’article « Pour faire face à la pression, il faut comprendre le caractère baroque de notre époque. »

17 nov 2009

Nous rentrons cette année dans une période nouvelle.

Pourquoi affirmer cela ? Qu’est-ce qui caractériserait cette période nouvelle ?

C’est simple: le fait que rien ne semble plus correspondre sur le plan des idées et des démarches. Les valeurs de la société française s’effondre, et tout se mélange, dans une sorte de grand et horrible nuage toxique.

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