Italie

10 aoû 2017

Brigades Rouges: Les vingt thèses finales (14-15)

Submitted by Anonyme (non vérifié)

14. La rapidité avec laquelle évolue le processus de crise – restructuration – internationalisation et la résistance offensive et tenace du prolétariat métropolitain oblige la bourgeoisie à lancer dans cette conjoncture une attaque à vaste échelle, à tous les niveaux de vie des masses.

Dans ce contexte, la lutte pour la défense des Intérêts Immédiats devient également toujours plus antagoniste avec les besoins de valorisation du capital et assume de fait toujours plus le caractère d’une confrontation de pouvoir...

4 aoû 2017

Brigades Rouges: Les vingt thèses finales (13)

Submitted by Anonyme (non vérifié)

13. Attaque sélective et anéantissement.

Dans cette conjoncture de transition, toute stratégie spécifique de désarticulation implique nécessairement une Logique Sélective dans les attaques, une « main de chirurgien », et cela pour le simple fait que c'est la voie magistrale pour la maximisation des résultats politiques.

Il est facile de comprendre que tous les personnels ou espaces n'ont pas la même importance stratégique pour l’État impérialiste, que toutes les attaques pensables – possibles n'approfondissent et 'étendent pas de la même manière les contradictions internes à l'ennemi...

27 juil 2017

Brigades Rouges: Les vingt thèses finales (11-12)

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Dans la Résolution de la direction stratégique des Brigades Rouges de février 1978, il est déclaré que :

« Le principe tactique de la guérilla dans cette conjoncture est la désarticulation des forces de l'ennemi.

Désarticuler les forces de l'ennemi signifie porter une attaque dont l'objectif principal est encore celui de mener la propagande pour la lutte armée et sa nécessité, mais avec le principe tactique de la phase suivante commençant déjà – la destruction des forces de l'ennemi...

24 juil 2017

Brigades Rouges: Les vingt thèses finales (8-10)

Submitted by Anonyme (non vérifié)

8.Les organismes révolutionnaires de masse, parce qu'ils sont la manifestation du pouvoir prolétarien, expriment une légalité en tant que tel, qui se place directement face à la « légalité démocratique ».

Dans un tel état de choses, la « défense de la légalité bourgeoise » vient à être définitivement exclu de la perspective du prolétariat métropolitain...

3 fév 2017

Le communisme et le fascisme sont deux idéologies qui proposent des choses grandioses, avec un très haut niveau d'exigence culturelle, dans le cadre d'une mise d'une société extrêmement développée sur le plan de l'organisation. À l'individu sans avis et acceptant tout de manière libérale, vivant par et pour le profit, le communisme et le fascisme affirment la formation d'un être social nouveau.

Il est bien connu que ces deux idéologies s'accusent l'une l'autre de n'être que mensonges et tromperies. En tant que communistes, nous ne pouvons donc que regarder avec ironie les propos du chef de la Casapound, le mouvement fasciste italien qui profitent désormais de sièges très nombreux à travers toute l'Italie...

29 nov 2016

On ne peut que comprendre, pour donner un exemple de révisionnisme, que le « Parti Communiste Maoïste d'Italie » n'a rien de maoïste, puisqu'il « salue » Fidel Castro en tant que « révolutionnaire anti-impérialiste ».

Cuba aurait été « un point de référence et de soutien de tout le mouvement anti-impérialiste et de la lutte anti-impérialiste sur le continent », « influençant une génération d'anti-impérialiste dans le monde »...

8 aoû 2016

La ligne du PCI, depuis que le régime a vacillé avec le « coup » contre Benito Mussolini et l'intervention militaire des Alliés en Italie même, est très claire : il faut unifier les masses pour chasser l'envahisseur allemand.

Les Instructions pour tous les camarades et pour toutes les formations du parti, écrites par Palmiro Togliatti en 1944, affirment les points suivants :

1) ligne générale du Parti pour le moment présent : Insurrection nationale du peuple dans toutes les régions occupées pour la libération du pays et l’écrasement des envahisseurs allemands et des traîtres fascistes...

7 aoû 2016

Le paradoxe du gouvernement de Pietro Badoglio, c'est que lorsque l'armistice fut organisé avec les alliés et déclaré le 8 septembre au soir, il dut fuir Rome, ce qui fut également le cas pour le Roi. Le commandement militaire lui-même s'enfuit en pleine panique, sans prévenir aucun ministre, abandonnant des documents secrets, le sceau de l'état-major, etc.

C'est ce qui fut appelé la défense manquée de Rome, et cela alors que 80 000 soldats italiens étaient présents en périphérie. Le 9 septembre, dans la matinée, l'Armée allemande a déjà le contrôle de la capitale italienne...

6 aoû 2016

Au sens strict, le fascisme est un modernisme poussé par la partie nord de l'Italie, industrialisée et ayant accepté un compromis avec le féodalisme du sud. Le respect de la royauté a fait partie de ce compromis.

Giovanni Gentile a été l'artisan de ce compromis, notamment avec une réforme de l'école. Désireux de mettre en avant la « morale », il avait fait en sorte que dans les « gymnases », c'est-à-dire les lycées, 70 % des cours relèvent des sciences humaines (italien, latin, grec, histoire, philosophie), comprises comme des « méthodes », des « règles », le par cœur étant la principale démarche...

5 aoû 2016

1943 est l'année de l'effondrement interne du fascisme italien. Rien qu'en mars ont lieu des grèves en masse, à Turin tout d'abord, puis Milan, Venise afin de se diffuser, pour toucher 100 000 ouvriers protestant contre leurs conditions de vie et exigeant la paix. Les centaines d'arrestations ne suffisent pas à ébrécher un mouvement témoignant d'une véritable relance de la lutte de classe ; elles nuisent par contre grandement aux réseaux communistes.

Toutefois, les impérialistes connaissent également la situation et ils ont intégré ce fait. En juillet 1943, le 10, les Alliés organisent un débarquement en Sicile, ayant pris au préalable de nombreux contacts avec la mafia italienne pour aider à assurer une transition. L'Armée fasciste ne fait pas le poids avec ses 18 divisions mal équipées, ainsi que 8 autres en garnisons dans les îles, alors que 34 autres sont actives en France, en Grèce et dans les Balkans...

4 aoû 2016

Le fascisme épuise sa crédibilité alors que la crise sociale s'approfondit et que la guerre impérialiste devient la seule orientation véritable du régime. Le PCI a quant à lui décider de lutter pour conquérir les masses ; en comprenant qu'il doit lutter y compris au sein de syndicats ou de la jeunesse fascistes, il a compris que le radicalisme verbal bordiguiste était une faille. Il assume le travail de fond et dans ce cadre, le PCI assume ainsi enfin la ligne du Front populaire, ce qui est d'autant plus facile que l'Italie fasciste s'allie totalement à l'Allemagne nazie...

31 juil 2016

L'Italie ayant émergé sur le tard comme puissance impérialiste, le « partage du monde » était déjà en grande partie réalisé et le pays eut un rôle colonial mineur comparé à l'Angleterre ou la France, se contentant des zones secondaires. La toute première colonie italienne fut établie en Érythrée par l'armateur Rubattino en 1882 ; dix ans tard, au terme d'une rude concurrence avec les britanniques, s'ajouta la Somalie voisine.

Une option disponible pour les Italiens était également de se confronter aux forces coloniales déjà existantes pour leur arracher des territoires. Ce fut le cas de la guerre de 1911 contre l'Empire Ottoman, l'Italie de Giolitti arrachant la Tripolitaine, la Cyrénaïque ainsi que le Dodécanèse grec...

31 juil 2016

L'annonce de la fin de la guerre d'Afrique a été saluée par vous avec joie, car dans vos coeurs s'est allumée l'espérance de voir finalement s'améliorer vos pénibles conditions de vie.

On nous a répeté que les sacrifices de la guerre étaient nécessaires pour assurer le bien-être au peuple italien, pour garantir le pain et le travail à tous nos ouvriers, pour réaliser - comme disait Mussolini - "la plus haute des justices sociales, qui, depuis la nuit des temps, est le plus grand désir des masses en lutte âpre et quotidienne avec les necessités de la vie les plus élémentaires", pour donner des terres à nos paysans, pour créer les conditions de la paix...

30 juil 2016

La mort d'Antonio Gramsci, le 27 avril 1937, apparaît comme le moment qui clôt toute une période. Antonio Gramsci, qui était bossu, avait une santé très faible en général et la détention a fait des dernières années de sa vie un enfer, alors qu'il souffrait de dépression cardiaque, de tuberculose pulmonaire, d'arthrite, d'hypertension, d'une hernie ombilicale, d'une pyorrhée alvéolaire qui lui a fait perdre plusieurs dents.

Les conditions infectes de son emprisonnement étaient supervisées directement par Benito Mussolini ; il s'agissait d'empêcher que le PCI puisse profiter, de quelque manière que ce soit, de son dirigeant emprisonné...

28 juil 2016

Qu'est-ce que la société italienne fasciste ? Est-elle un « totalitarisme » ? En fait, la société italienne reste une société où les valeurs libérales prédominent au plan individuel ; le fascisme se veut même le meilleur porteur du libéralisme.

Cependant, selon l'idéologie fasciste, seul l’État est le garant des droits individuels. C'est ici qu'on retrouve la philosophie de Giovanni Gentile, le maître d'oeuvre idéologique du régime. Selon Giovanni Gentile, la philosophie de la praxis est conforme à la réalité : ce n'est qu'en s'actualisant dans la pratique que la conscience est réalité...

28 juil 2016

Du 14 au 21 avril 1931 a lieu le 4e congrès du PCI, à Cologne en Allemagne. On y retrouve 35 ouvriers, 3 artisans, 2 ouvriers agricoles, 2 paysans, 7 employés, 2 étudiants et 5 intellectuels. Un ouvrage de 1952, retraçant les 30 années de lutte du PCI, raconte à ce sujet :

« Les travaux étaient entourés par le calme de la forêt tandis que les équipes de surveillance du parti communiste allemand étaient nuit et jour en alerte. Non seulement l’organisation logistique fut admirable mais également la protection... »

26 juil 2016

​A quoi ressemble le régime fasciste une fois qu'il a placé dans l'illégalité toute l'opposition et considérablement affaibli le PCI ?

L'une des choses les plus importantes qu'il réalise, dans le cadre italien, est un accord avec le Vatican, signé le 11 février 1929. Ces « accords de Latran » – du nom du palais du Latran, la résidence du pape – donnent naissance à l’État du Vatican, formellement indépendant, et fait de l’Église catholique, apostolique et romaine la tenante de la religion officielle de l'Italie...

24 juil 2016

L'un des grands soucis posés par le fascisme italien est l'émigration des progressistes. Celle-ci touche 44 782 personnes en 1921, 100 000 en 1922, 167 000 en 1923, 201 000 en 1924, 45 528 en 1925, 111 252 en 1926.

Comment lutter contre le fascisme si les plus progressistes s'en vont, abandonnant le terrain ? Le PCI, lui, décide de rester fermement sur le terrain de la lutte de classes en Italie ; seule une centaine de cadres émigre pour des conditions de sécurité. Pratiquement 6 500 militants combattent de pied ferme, dans 47 organisations provinciales (23 provinces n'ayant pas de structure unifiée), affrontant une terrible répression les ciblant de manière prioritaire : 3000 communistes passent par la prison...

23 juil 2016

Toutefois, le fascisme ne compte pas ne pas profiter de sa situation de force, notamment après l'affaire Zaniboni. Le responsable du Parti Socialiste Unitaire, Tito Zaniboni, aidé du général fasciste mais franc-maçon Luigi Capello, tenta en effet de tuer Mussolini, le 4 novembre 1925.

L'opération échoua, mais tendit encore plus la situation ; le régime exigea que la presse soutienne désormais le régime, forçant la presse contestataire à capituler. En septembre 1925, la Stampa fut suspendue pour un mois, par la suite son responsable Luigi Salvatorelli fut obligé de quitter sa direction...

22 juil 2016

Le grand problème posé par le fascisme au gouvernement est de savoir comment l'en sortir. Le PCI considère que pour l'extirper, il faut nécessairement changer de régime. Le PSI, basculant toujours plus à droite, pense qu'il est possible justement de s'appuyer sur le régime pour le chasser.

Il y a toutefois pire comme problématique : personne ne pense que le fascisme puisse se maintenir. Tout le monde pense que Benito Mussolini pousse dans la brutalité des chemises noires justement afin de parvenir à un compromis et de s'institutionnaliser...

21 juil 2016

1923 a été un tournant pour le Parti Communiste d'Italie : il y a d'un côté la répression légale qui nuit, la répression para-légale qui tue, la question de la direction qui est posée avec Antonio Gramsci remplaçant Amadeo Bordiga.

Au final de la réorganisation, le PCI a 8619 activistes, principalement basés en Italie du Nord. Ils sont 1244 dans le Piémont, 350 en Ligurie, 1260 en Lombardie, 818 en Veneto, 866 en Vénétie Julienne, 1385 en Emilie-Romagne, 989 en Toscane, 280 dans les Marches, 123 en Ombrie, 585 dans le Latium, 150 dans les Abruzzes Molise, 394 en Campanie, 340 dans les Pouilles, 378 en Calabre, 338 en Sicile, 119 en Sardaigne.

20 juil 2016

Il est clair que le fascisme présente des caractéristiques différentes suivant les pays, en fonction des situations concrètes, spécifiques à chacun. Il a néanmoins deux caractéristiques constantes : d'une part, un programme pseudo-révolutionnaire qui, de façon extrêmement habile, prend appui sur les courants d'opinion, les intérêts et les revendications des masses sociales les plus larges et, d'autre part, l'emploi de la terreur la plus brutale.

L'Italie offre à ce jour l'exemple classique du fascisme et de son développement. Dans ce pays, le fascisme a trouvé un terrain favorable en raison du démantèlement et de la faiblesse de l'économie...

19 juil 2016

Un an après la soi-disant révolution fasciste, on ne peut rester indifférent au souvenir de ce qu'était le programme du fascisme à la veille de la conquête du pouvoir, et en examinant les résultats atteints pendant ce laps de temps. Une période de douze mois, dans cette époque vertigineuse durant lesquels les mois semblent des décennies, ne peut pas être considerée trop brève pour juger d'un gouvernement, même si ce dernier - comme celui fasciste en l'occurrence - déclare qu'avant d'accepter le jugement de qui que ce soit, il a besoin de "temps"...

14 juil 2016

C'est donc une chose très importante à comprendre : en 1922, le fascisme ne prend pas le pouvoir, il prend seulement la tête du gouvernement. Il y a une répression illégale menée par les squadristes, il y a des interdictions, mais le régime n'a pas changé officiellement de nature.

Ainsi, en 1923 l’État procède à un très vaste coup de filet anti-communiste, décapitant la direction du Parti Communiste d'Italie. Or, les 2000 personnes arrêtées ne le sont que pour peu de temps, quelques mois au maximum, 97 sont libérées pour manques de preuves alors que les 31 personnes passant en procès sont acquittés, sauf une à quatre mois de prison...

13 juil 2016

L'Internationale Communiste, depuis le début, a un problème avec la direction du PCI, qui n'hésite pas à faire comme bon lui semble, au nom de la révolution qui serait imminente dans toutes les situations, ce qui nécessiterait une position ultra-gauchiste afin d'apparaître comme la seule option aux yeux des masses.

Lorsque l'Internationale Communiste exige que le Parti Communiste d'Italie fusionne avec le Parti Socialiste italien, Amadeo Bordiga qui est emprisonné parvient à exposer sa ligne dans ses messages : il faut dire non et rejeter l'Internationale Communiste. La rupture est alors complète et l'Internationale Communiste peut enfin remplacer la direction du PCI, ce qui se réalise à la mi-1924, avec enfin un poste de secrétaire général qui est formé, Antonio Gramsci assumant cette fonction...

10 juil 2016

Les avancées énormes du fascisme ont deux conséquences à gauche. La première est l'organisation militaire du PCI, la seconde la scission du Parti Socialiste italien.

A partir de 1921 et du tournant de 1922, le PCI dispose de structures clandestines qui sont progressivement efficaces, principalement dans les villes : Turin est son bastion, à quoi il faut ajouter Milan et Rome, ainsi que Novara, Trieste et Gênes...

9 juil 2016

La marche sur Rome est l'événement le plus connu du fascisme italien. Il est souvent associé à la prise du pouvoir en tant que tel, ce qui est tout à fait erroné : avec cette marche, le fascisme a progressé d'une étape, mais il ne possède pas encore réellement le pouvoir.

Ce qui se passe est que, après que les faisceaux italiens de combat se soient lancés contre la gauche par la violence, il y a une tentative de capitaliser cela politiquement avec la fondation, le 9 novembre 1921, d'un Parti National Fasciste (PNF).

Benito Mussolini tente, par cette manœuvre, d'unifier un mouvement disparate. Avant la fondation du PNF, les 2200 faisceaux regroupent 320 000 personnes, dont la majorité consiste en des étudiants, des employés, des commerçants et artisans, des propriétaires terriens...

6 juil 2016

Né en 1889, Amadeo Bordiga a été le premier dirigeant du Parti Communiste d'Italie, sa grande figure théorique. A ce titre, il a une responsabilité absolue dans la défaite du PCI.

Amadeo Bordiga était quelqu'un se plaçant directement dans la lignée du syndicalisme révolutionnaire, rejetant la politique : à ses yeux, le Parti Communiste jouait le rôle moteur, comme le syndicat pour les syndicalistes révolutionnaires, et c'était absolument suffisant pour le processus révolutionnaire...

5 juil 2016

Pendant que les forces du PCI sont harcelées et débordées sur tout le territoire, des antifascistes se regroupent spontanément, principalement des anciens combattants progressistes, des républicains du Parti Populaire Italien (catholique), des anarchistes, des socialistes...

En quelques mois, ce phénomène de cellules autonomes, les Arditi del Popolo, prend une ampleur telle que leur nombre atteint 20 000 hommes pour 144 sections. Le style des Arditi del Popolo était au moins en partie problématique, car il reprenait le principe de la brigade de choc de la première guerre mondiale, l'esthétique rebelle sans démilitations culturelles et politiques, etc. C'était une révolte populaire épidermique, née sur le terrain de la contre-violence face aux violences fascistes...

4 juil 2016

La gauche, à la suite du bienno rosso, a de plus en plus perdu les masses. Les fascistes ont réussi à happer des secteurs entiers dans le corporatisme, c'est-à-dire le syndicalisme révolutionnaire sans la révolution, l'énergie sociale-révolutionnaire passant dans le nationalisme.

On reste dans l'apolitisme, au nom de l'anti-parlementarisme, mais la sortie n'est plus une hypothétique révolution, mais la transformation nationale-révolutionnaire. Benito Mussolini est historiquement le dirigeant socialiste qui a le plus accepté et soutenu le syndicalisme révolutionnaire...

30 juin 2016

Les fascistes avaient réussi à s'organiser et à développer une réelle pratique. Qu'en était-il à gauche ? Tout dépendrait de cela.

Soit la gauche s'épuisait, soit elle avançait réellement et alors elle pouvait faire face au fascisme. L'aile droite du PSI ne le voulait pas, appelant à « tendre l'autre joue », à respecter la « civilité socialiste » à tout prix, pensant que le fascisme n'était qu'un phénomène faible et passager...

29 juin 2016

En réaction au mouvement ouvrier, ainsi que dans le prolongement de l'irrédentisme et du nationalisme, le fascisme s'est développé en Italie avec un grand succès. Son symbole était un faisceau, un fascio, d'où le qualificatif de fasciste (qui se prononce ainsi initialement en français avec un son en « s » et non en « ch »).

Le faisceau avait été utilisé comme symbole révolutionnaire, surtout démocrate, dans l'Italie de la fin du XIXe siècle, notamment en Sicile ; composé de verges, c'est-à-dire de baguettes en bois, le faisceau représentait la force de l'unité, de par la solidité de l'ensemble par rapport à la fragilité d'une verge seule...

28 juin 2016

Au lendemain de la Première Guerre mondiale impérialiste, ce n'est pourtant pas le nationalisme qui a immédiatement l'initiative, mais le mouvement ouvrier, avec deux années d'intenses mobilisations.

Le drame historique est qu'il n'y eut pas de développement d'un contenu idéologique et culturel conséquent; pour cette raison, le « bienno rosso » - les « deux années rouges » - ont abouti directement à renforcer le fascisme en lui laissant un espace majeur.

De fait, le Parti Socialiste italien disposait en 1919 d'une base solide. Il avait 200 000 membres, ayant encore ses structures intactes en s'étant surtout mis en veilleuse pendant la Première Guerre mondiale, sur une ligne refusant tant le soutien à la guerre que son refus, synthétisé par le mot d'ordre « ni adhérer ni saboter »...

26 juin 2016

La contradiction entre l'Italie du Nord et celle du Sud devait être résolue soit par une révolution démocratique – qui ne pouvait plus être menée que par le prolétariat, la bourgeoisie étant devenue réactionnaire alors – soit par une tentative de modernisation par en haut ossifiant la contradiction dans une fuite en avant.

L'irruption de la première guerre mondiale impérialiste précipita la seconde option ; tel est la nature du fascisme qui triomphera à sa suite...

22 juin 2016

Quelle a été la base pour l'émergence de la pensée d'Antonio Labriola, du courant futuriste, du théâtre « existentiel » de Luigi Pirandello ?
Il s'agit du contraste et de la contradiction entre l'Italie du Nord et l'Italie du Sud, c'est-à-dire d'une question nationale et, par conséquent, d'une question liée à l'émergence du capitalisme face au féodalisme...

21 juin 2016

Il serait totalement erroné de penser que le volontarisme subjectiviste modernisateur se soit cantonné dans les arts et la littérature de l'Italie du début du XXe siècle ; en réalité, les arts et la littérature sont le reflet culturel-idéologique de toute lame de fond sociale et intellectuelle.

De la même manière qu'en France, le marxisme a été largement incompris en Italie. Cela a donné, comme en France, la combinaison d'un réformisme politique « socialiste » et d'une ligne « ultra » de type syndicaliste-révolutionnaire...

20 juin 2016

L'approche de Luigi Pirandello en littérature, dans le roman et le théâtre, trouve son plus proche parent dans le futurisme, un mouvement artistique fondé et dirigé de manière despotique par Filippo Tommaso Marinetti (1876-1944).

Ce dernier puise directement dans le symbolisme-décadentisme, mais de par les particularités italiennes, cela se transforme non pas en élitisme de la mise à l'écart esthétisante des artistes, mais par l'appel à la prise de contrôle des destinées artistiques du pays...

19 juin 2016

La France a toujours possédé des liens étroits avec l'Italie. C'est une nation en quelque sorte cousine, si ce n'est sœur, et il est considéré que finalement la différence entre Français et Italiens ne tient qu'à quelques différences de tempérament, de mentalités. Historiquement, la figure de Benito Mussolini n'a ainsi jamais pu être prise au sérieux en France, pays où le classicisme et les Lumières ont amené une exigence de propreté formelle, de linéarité dans l'expression.

Benito Mussolini apparaît pour cette raison, comme une figure de la commedia dell'arte, qu'on ne peut pas prendre au sérieux. Le fascisme italien est dévalué comme une sorte d'aventure foklorique propre à l'Italie, à placer au même niveau que les simulations des joueurs italiens de football ou les frasques de Silvio Berlusconi, l'entrepreneur qui a dirigé l'Italie pendant de longues années...

18 juin 2016

Où en est le mouvement italien de la Casa Pound, regroupant les « fascistes du troisième millénaire » ? Il y a lieu de s'y intéresser, puisque comme on le sait le fascisme n'est pas tant une idéologie qu'un style et que, justement, la Casa Pound tente de renouveler ce « style ».

La Casa Pound ne ménage d'ailleurs pas ses efforts pour faire en sorte que ce style se diffuse hors d'Italie, et particulièrement en France : le blog Zentropa fut le fer de lance de cette tentative, tout à fait d'esprit post-moderne, « post-intellectuel »...

3 juin 2016

Le « revenu universel » est un concept revenant de manière importante ces derniers mois, étant présenté comme une démarche « révolutionnaire » permettant à chaque individu d'acquérir une dignité économique et sociale minimale, par l'obtention d'un revenu garanti à vie.

Il faut employer le terme de revenir, car ce n'est pas une idée neuve. C'est d'ailleurs sans doute la chose la plus intéressante dans ce concept, la plus révélatrice.

Ainsi, ce dimanche 5 juin 2016, en Suisse, la population doit voter pour l'instauration éventuelle d'un « revenu de base inconditionnel ». L'initiative a comme origine un collectif d'orientation majoritairement libérale...

13 oct 2015

Brigades Rouges: Les vingt thèses finales (7)

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Dans cette conjoncture de transition, la caractéristique dominante du programme politique général est la conquête des masses à la lutte armée et leur organisation sur ce terrain, les deux étant des conditions essentielles pour le passage à la phase de la guerre civile général.

Ce passage n'apparaît pas comme objectivement possible sans que soient patiemment formés tous les instruments organisationnels que la situation requiert. C'est-à-dire tant que le prolétariat métropolitain n'a pas conquis la capacité politico-militaire de manifester sa force dans un mode unitaire, mais également dans ses formes multiples que sa structure complexe revendique...

31 aoû 2015

Brigades Rouges: Les vingt thèses finales (6)

Submitted by Anonyme (non vérifié)

6. Cela introduit une autre question : la Ligne de Masses de l'Organisation, à savoir la question du Programme de Transition au Communisme, de ses Formes Conjoncturelles et de ses Formes Immédiates.

Sans un Programme de Transition au Communisme, qui explique les objectifs sociaux de la guerre, il n'est pas possible de localiser toutes les composantes prolétariennes qui y sont objectivement intéressés.

24 aoû 2015

Brigades Rouges: Les vingt thèses finales (4-5)

Submitted by Anonyme (non vérifié)

4. Ces dernières années, il y a eu l'organisation d'une aire de comportements antagoniques, que nous avons appelé le Mouvement Prolétarien de Résistance Offensive.

Ces comportements, sans les réduire à cela, ont assumé diverses formes d'organisations politico-militaires, et une dialectique incertaine les lie aux Organisations Communistes Combattantes davantage consolidées.

Dans l'actuelle conjoncture, nous ne pouvons nous limiter à constater cette hétérogénéité magmatique, mais nous devons multiplier nos efforts pour saisir quelles sont les tendances destinées à grandir et quelles sont condamnées à périr.

15 aoû 2015

Brigades Rouges: Les vingt thèses finales (1-3)

Submitted by Anonyme (non vérifié)

1. L'actuelle conjoncture politique se trouve entre deux phases : nous ne sommes plus dans la phase de la propagande armée et pas encore dans celle de la guerre civile. Il s'agit ainsi d'une conjoncture de transition.

Nous devons accorder une grande attention aux particularités et aux contradictions caractérisant cette conjoncture et ne pas sous-estimer le fait que la transition de l'une à l'autre peut également être prolongé dans le temps...

9 fév 2015

Pour comprendre le double caractère du baroque dans certains pays, on peut prendre en exemple l'oeuvre du peintre Michelangelo Merisi da Caravaggio (1571-1610), appelé en français Caravage ou plutôt Le Caravage.

Chaque nation développe certains traits particuliers, qui formeront une contribution à l'humanité unifiée dans le processus que Karl Marx et Friedrich Engels ont appelé le socialisme, précédant la société communiste.

La société italienne n'ayant pas du tout connu le protestantisme, on doit par conséquent discerner dans quelle mesure le caractère national-bourgeois s'exprime, malgré tout, dans voire contre le baroque. Quand on voit cette terrible difficulté, on ne peut qu'être heureux des situations française et tchèque, où le baroque est clairement un objet extérieur, opposé au caractère national-bourgeois...

6 fév 2015

Le baroque fut un outil utilisé par la monarchie autrichienne, rejeté par la monarchie française, mais il est avant tout une expression directe du Vatican.

Historiquement, le baroque initial est avant tout italien ; la moitié des saints est historiquement italienne, comme la quasi totalité des papes : le Vatican a pu faire du pays l'abritant un bastion. Pour cette raison, le baroque italien est d'une richesse démesurée, s'appuyant également sur une aristocratie puissante, passant de la Renaissance et son faste à une affirmation féodale nette.

Là où la situation se complique d'autant plus, c'est avec le manque d'unité nationale italienne. La Sicile, Naples, Rome connaissent des variantes de baroque, même si on reconnaît évidemment la localisation dans le sud du pays, bien plus arriéré sur le plan du mode de production.

22 déc 2013

Les Brigades Rouges et la politique

Submitted by Anonyme (non vérifié)

L’Italie des années 1970 et du début des années 1980 est une très grande référence pour les communistes, en raison du très haut niveau de « conflictualité » qui s'est développé, pour reprendre justement un concept italien.

Les luttes de classes ont été particulièrement fortes, et une multitude de groupes armés est apparue ; l'organisation la plus connue consistait naturellement en les Brigades Rouges.

La question du pouvoir était ouvertement posée, à la différence d'avec les extrêmes-gauches légalistes, syndicalistes, associatives, populistes, etc. existant alors dans toute l'Europe de l'Ouest, et particulièrement en France...

27 fév 2013

Le mouvement d'extrême-droite italien Casa Pound a connu une débâcle électorale, révélatrice sur sa vision profonde de la société italienne, uniquement comprise à travers le prisme cosmopolite de l'esprit bohème et nihiliste futuriste. Pour preuve, le scandale le plus important d'Italie est que les monuments historiques tombent en ruine...

12 nov 2011

éditorial du 12 novembre 2011

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Grèce et Italie : voilà donc un « gouvernement d'union nationale » qui se forme à chaque fois.

En l'espace de quelques heures lors de la matinée du 10 novembre 2011, deux responsables d'État ont été nommé, avec un même profil. Cela ne relève bien entendu pas du hasard. En Grèce, Lucas Papademos a été nommé premier ministre. Il a été le vice-président de la Banque Centrale de l'Union Européenne...

31 Jan 2007

Brochure ANTIFASCISME - Antonio Gramsci

Submitted by Anonyme (non vérifié)

En tant que dirigeant du mouvement communiste en Italie exactement au moment où le fascisme de développe et finit par triompher, Antonio Gramsci a été en première ligne dans la tentative d’analyse de ce phénomène « nouveau ». Gramsci a ainsi pu voir comment le fascisme a mis en place le corporatisme, découpage de la société en strates totalement compartimentées et soumises à l’Etat fasciste. Il interprète cette forme d’organisation sociale comme correspondant à l’idéologie de la petite-bourgeoisie...

1 Jan 1983

(Document de Diego Forastieri et Sergio Segio, membres de l’ex-direction historique de Prima Linea puis des Noyaux Communistes Combattants.]

    Reprendre aujourd’hui le fil du débat politique, donner une nouvelle finalité et perspective à la confrontation, à l’analyse, signifie en premier lieu rechercher et définir les causes qui nous ont conduit à ce qui peut sembler un cul-de-sac.

9 juin 1934

La force du fascisme (1934)

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Nous devons revenir sur la liste des mouvements, manifestations, protestations de masse contre les patrons et contre le fascisme que nous avons publié au cours des numéros de la présente revue. Elle contient une grande quantité d'éléments intéressants la situation italienne, que nous entendons mettre en lumière ici.

Le premier fait notable est l'abondance de mouvements, de manifestations et de protestations de masse dans les provinces habitées par les minorités slovènes et croates opprimées par l'impérialisme italien. L'indignation et la disposition à la lutte des masses laborieuses son dans cette province est plus grande qu'ailleurs, parce que le mécontentement de la misère, du chômage et des bas salaires s'unit au mécontentement dû aux provocations de l'oppression nationale de la politique de dénationalisation violente conduite par l'Etat italien, sous l'autorité fasciste...

9 mai 1932

Jusqu'ici le fascisme a réussi à faire prévaloir son influence au sein des masses laborieuses italiennes et au sein même du prolétariat industriel. Ce problème s'est posé un certain nombre de fois à notre Parti, mais nous n'avons pas toujours été en mesure de lui apporter une réponse appropriée.

C'est une erreur que d'exclure que le fascisme puisse influencer une partie des masses laborieuses. Cette erreur est due au sectarisme et dénote d'une séparation avec les masses. Celle ci provient du fait que nous attribuons aux larges masses les positions, les convictions, les mouvements et les tendances qui existent uniquement dans la partie la plus avancée des masses...

24 fév 1926

Notre Parti est né en janvier 1921, au moment le plus critique de la crise générale de la bourgeoisie italienne et de la crise du mouvement ouvrier. Si la scission était historiquement nécessaire et inévitable, les grandes masses, hésitantes, n'y étaient pas préparées. Dans cette situation, l'organisation matérielle du nouveau Parti a dû se faire dans des conditions extrêmement difficiles.

Le travail organisationnel a ainsi absorbé, à lui seul, la quasi-totalité des énergies créatrices...

4 Jan 1926

XIV. La défaite du prolétariat révolutionnaire dans cette période décisive est due aux déficiences politiques, organisationnelles, tactiques et stratégiques du parti des travailleurs. En raison de ces déficiences, le prolétariat ne parvient pas à prendre la tête de l'insurrection de la majorité de la population, et à la faire déboucher sur la création d'un État ouvrier ; bien au contraire, il subit lui-même l'influence des autres classes sociales qui paralysent son action.

La victoire du fascisme en 1926 doit donc être considérée non comme une victoire remportée sur la révolution mais comme la conséquence de la défaite subie par les forces révolutionnaires en raison de leurs faiblesses intrinsèques...

28 aoû 1924

Antonio Gramsci – Le destin de Matteoti (1924)

Submitted by Anonyme (non vérifié)

En commémorant, devant une assemblée de communistes, le Congrès de l'Internationale, un militant du nationalisme allemand fusillé dans la Ruhr par les nationalistes français, le camarade Radek a employé une formule incisive qui nous revient à l'esprit chaque fois que nous pensons au destin de Giacomo Matteotti.

« Le pèlerin du néant » : c'est ainsi que Radek a désigné le combattant malheureux, mais tenace jusqu'au sacrifice de soi, défenseur d'une idée qui ne peut conduire ses fidèles et ses militants à autre chose qu'un inutile cercle vicieux de luttes, d'agitations, de sacrifices sans résultat et sans issue. Un « pèlerin du néant », c'est ainsi que nous apparaît Giacomo Matteotti lorsque nous confrontons sa vie et sa fin à toutes les circonstances qui leur confèrent une valeur, non plus « personnelle », mais d'exemple universel et de symbole...

11 mar 1924

Antonio Gramsci : Le Vatican (1924)

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Le Vatican est sans doute la plus vaste et la plus puissante organisation privée qui ait jamais existé au monde. Il a, par certains aspects, le caractère d’un État, il est reconnu comme tel par nombre de gouvernements. Quoique le démembrement de la monarchie austro-hongroise ait considérablement diminué son influence, il n’en demeure pas moins une des forces politiques les plus efficientes de l’histoire moderne. La base d’organisation du Vatican est en Italie. C’est là que résident les organes dirigeants des organisations catholiques dont le réseau complexe s’étend sur une grande partie du globe.

L’appareil ecclésiastique du Vatican se, compose, en Italie, d’environ 200 000 personnes, ce chiffre est imposant, surtout si l’on pense qu’il comprend des milliers et des milliers de personnes, supérieures par leur intelligence, leur culture, leur habileté, consommée dans l’art de l’intrigue et dans la préparation et la conduite méthodique et silencieuse des desseins politiques. Beaucoup de ces hommes incarnent les plus vieilles traditions d’organisation de masses et de propagande que l’histoire connaisse...

3 Jan 1924

À une conférence des chefs de l'industrie italienne et des principaux dirigeants du syndicalisme fasciste tenue le 19 décembre, à Rome, sous les auspices et en présence du Président du conseil Mussolini, il a été formellement reconnu que le programme et les méthodes du fascisme, dans le domaine syndical, ont fait complètement faillite.

On se rappelle les tentatives acharnées du fascisme, avant et après son avènement au pouvoir, de créer un mouvement syndical à son service. On se rappelle également que ces tentatives, pour avoir donné des résultats relativement favorables parmi les travailleurs des campagnes, ont complètement échoué en ce qui concerne les ouvriers industriels. Il a été facile aux fascistes, vu les conditions de vie et de travail des paysans pauvres et des journaliers, dispersés dans les villages et seulement unis par de faibles liens syndicaux, de détruire les organisations socialistes des travailleurs agricoles et de contraindre, par la terreur et le boycottage économique, les masses laborieuses de la campagne d'entrer dans les corporations fascistes...

13 aoû 1923

Dans le récent discours prononcé à la Chambre pour arracher l'approbation de la nouvelle loi électorale, Mussolini a encore une fois répété avec ostentation la critique de la démocratie parlementaire, allant jusqu'à se battre contre les pauvres ombres de Cavallotti et de Brofferio. Et il a fait appel à l'argument, guère nouveau, selon lequel les adversaires les plus radicaux du fascisme sont anti-démocrates et anti-parlementaires et selon lequel en Russie les garanties démocratiques sont abolies pour tous les partis opposés au régime bolchevik.

Il est vrai qu'il y a une espèce de convergence, sur cette question, des points de vue des deux groupes politiques extrêmes. Mais l'argument ne s'adresse qu'à une bien petite partie des opposants du fascisme – les communistes – puisque les autres partis socialistes sont, dans leurs divers comportements théoriques, à la fois imbibés et avides de parlementarisme; quant aux syndicalistes-révolutionnaires et aux anarchistes, a-parlementaires il est vrai, ils s'opposent eux à toutes les dictatures...

27 fév 1922

L’emploi de certains termes dans l’exposition des problèmes du communisme engendre bien souvent des équivoques du fait des sens différents qu’on peut leur donner. C’est le cas des mots démocratie et démocratique. Dans ses affirmations de principe, le communisme marxiste se présente comme une critique et une négation de la démocratie; d’autre part les communistes défendent souvent le caractère démocratique, l’application de la démocratie au sein des organisations prolétariennes : système étatique des conseils ouvriers, syndicats, parti.

Il n’y a évidemment là aucune contradiction, et rien qu’on puisse opposer à l’emploi du dilemme : démocratie bourgeoise ou démocratie prolétarienne, en tant que parfait équivalent de la formule : démocratie bourgeoise ou dictature prolétarienne...

30 Jan 1922

Les présentes thèses ont pour objet le problème général des critères auxquels le Parti communiste doit obéir dans son action pour réaliser son programme et atteindre son but, de la méthode qu'il doit suivre pour déterminer les initiatives à prendre et la direction à donner à ses mouvements.

Dans les différentes sphères de l'action du Parti (question parlementaire, syndicale, agraire, militaire, nationale et coloniale, etc.), ce problème revêt des aspects particuliers, qui ne seront pas traités ici séparément car ils font l'objet d'autres discussions et résolutions des congrès internationaux et nationaux...

29 nov 1921

Amadeo Bordiga – Le programme fasciste (1921)

Submitted by Anonyme (non vérifié)

En même temps que le manifeste du parti, le quotidien fasciste a publié un article destiné (ainsi qu'une série d'autres) à défendre le mouvement contre l'accusation de n'avoir ni programme ni idéologie ni doctrine qui a été portée de toutes parts contre lui.

Le leader fasciste répond à ce chœur de reproches avec une certaine irritation: Vous réclamez de nous un programme ? Vous le réclamez de moi ? Il ne vous semble pas que j'ai réussi à le formuler dans mon discours de Rome ? et il trouve une parade non dépourvue de valeur polémique : les mouvements politiques qui disent avoir été déçus dans leur attente auraient-ils donc eux-mêmes un programme ?...

17 nov 1921

Amadeo Bordiga – Le Fascisme (1921)

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Le mouvement fasciste a apporté à son congrès [de trois jours à Rome, en 1921, marqué par une grève générale antifasciste d'une semaine] durant  le bagage d'une puissante organisation, et tout en se proposant de déployer spectaculairement ses forces dans la capitale, il a également voulu jeter les bases de son idéologie et de son programme sous les yeux du public, ses dirigeants s'étant imaginés qu'ils avaient le devoir de donner à une organisation aussi développée la justification d'une doctrine et d'une politique "nouvelles".

L'échec que le fascisme a essuyé avec la grève romaine n'est encore rien à côté de la faillite qui ressort des résultats du congrès en ce qui concerne cette dernière prétention. Il est évident que l'explication et, si l'on veut, la justification du fascisme ne se trouvent pas dans ces constructions programmatiques qui se veulent nouvelles, mais qui se réduisent à zéro aussi bien en tant qu'œuvre collective qu'en tant que tentative personnelle d'un chef: infailliblement destiné à la carrière d'"un homme politique" au sens le plus traditionnel du mot, celui-ci ne sera jamais un "maître"...

25 aoû 1921

Antonio Gramsci : Les deux fascismes (1921)

Submitted by Anonyme (non vérifié)

La crise du fascisme, dont les origines et les causes font couler tant d'encre ces jours-ci, est facilement explicable par un sérieux examen du développement du mouvement fasciste.

Les Fasci de combat, nés au lendemain de la guerre, étaient marqués de ce caractère petit-bourgeois propre aux diverses associations d'anciens combattants qui se sont créées à l'époque. Par leur caractère d'opposition radicale au mouvement socialiste, opposition en partie héritée des luttes du temps de guerre entre le Parti socialiste et les associations interventionnistes, les Fasci obtinrent l'appui des capitalistes et celui des autorités...

26 déc 1920

Programme du Parti communiste d'Italie

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Programme du Parti communiste d'Italie

  1. Dans l'actuel régime capitaliste se développe un contraste toujours plus important entre les forces productives et les rapports de production, donnant naissance à l'antithèse des intérêts et à la lutte des classes entre le prolétariat et la bourgeoisie dominante.

  2. Les actuels rapports de production sont protégés par le pouvoir de l'État bourgeois, qui créé sur le système représentatif de la démocratie, constitue l'organe pour la défense des intérêts de la classe capitaliste.

26 nov 1920

Un des membres de la délégation italienne qui vient de rentrer de Russie soviétique a appris aux travailleurs de Turin que sur la tribune dressée à Kronstadt pour accueillir la délégation on pouvait lire l'inscription suivante :

« Vive la grève générale turinoise de 1920 ! »

C'est une nouvelle que les ouvriers ont apprise avec beaucoup de plaisir et avec une profonde satisfaction. La plupart des membres de la délégation italienne en Russie avaient été opposés à la grève générale d'avril. Ils soutenaient dans leurs articles contre la grève que les ouvriers turinois avaient été victimes d'une illusion et qu'ils avaient surestimé l'importance de leur grève...

27 oct 1920

Programme d'action des communistes italiens (1920)

Submitted by Anonyme (non vérifié)

La crise qui depuis longtemps tourmente notre parti, sur laquelle votre attention a, été fréquemment appelée, soit à la suite des récents événements en Italie, soit par suite des délibérations du second Congrès de la 3e Internationale, rend nécessaire et urgent, à l'approche du Congrès du Parti, un effort harmonieux des éléments de gauche du parti pour sortir enfin d'une situation intolérable et qui contraste avec les exigences de la lutte révolutionnaire du prolétariat italien.

Tout cela nous a induits à prendre l'initiative d'un mouvement de préparation au Congrès dans le but d'arriver à une entente harmonieuse entre tous ces camarades qui sentent vraiment la nécessité que le Congrès indique une solution définitive et énergique du vaste problème...

28 juil 1920
  1. Le Parlement est la forme de représentation politique propre au régime capitaliste. La critique de principe que font les communistes marxistes du parlementarisme et de la démocratie bourgeoise en général démontre que le droit de vote ne peut empêcher que tout l’appareil gouvernemental de l’Etat ne constitue le comité de défense des intérêts de la classe capitaliste dominante. En outre, bien que ce droit soit accordé à tous les citoyens de toutes les classes sociales dans les élections aux organes représentatifs de l’Etat, ce dernier ne s’en organise pas moins en instrument historique de la lutte bourgeoise contre la révolution prolétarienne.

  2. Les communistes nient carrément que la classe ouvrière puissent conquérir le pouvoir en obtenant la majorité parlementaire. Seule la lutte révolutionnaire armée lui permettra d’atteindre ses objectifs. La conquête du pouvoir par le prolétariat, point de départ de l’œuvre de construction économique communiste, implique la suppression violente et immédiate des organes démocratiques qui seront remplacés par les organes du pouvoir prolétarien : les Conseils ouvriers...

27 juin 1920
  1. Le communisme est la doctrine des conditions sociales et historiques de l'émancipation du prolétariat. L'élaboration de cette doctrine commença dans la période des premiers mouvements prolétariens contre les effets du système de production bourgeois; elle prit forme dans la critique marxiste de l'économie capitaliste, la méthode du matérialisme historique, la théorie de la lutte des classes et la conception des développements que présentera le processus historique de la chute du régime capitaliste et de la révolution prolétarienne.
     
  2. C'est sur la base de cette doctrine, dont la première et fondamentale expression systématique est le Manifeste du Parti communiste de 1848, que se constitue le Parti communiste...
5 juin 1920

Antono Gramsci – Le conseil d'usine (1920)

Submitted by Anonyme (non vérifié)

La révolution prolétarienne n'est pas l'acte arbitraire d'une organisation qui s'affirme révolutionnaire ou d'un système d'organisations qui s'affirment révolutionnaires. La Révolution prolétarienne est un processus historique très long qui s'incarne dans le surgissement et le développement de forces productives déterminées (que nous résumons dans l'expression – prolétariat –) dans un contexte historique déterminé (que nous résumons dans les expressions "mode de propriété individuelle, mode de production capitaliste, système de la fabrique, mode d'organisation de la société dans l'État démocratico-parlementaire").

Dans une phase déterminée de ce processus, les forces productives nouvelles ne peuvent plus se développer et s'organiser de façon autonome dans les schémas officiels dans lesquels se déroule la vie collective : dans cette phase déterminée intervient l'acte révolutionnaire qui consiste à briser violemment ces schémas, à détruire tout l'appareil du pouvoir économique et politique, dans lequel les forces productives révolutionnaires sont opprimées, c'est-à-dire à anéantir la machine de l'État bourgeois pour constituer un type d'État dans lequel les forces productives libérées trouvent la forme adéquate à leur développement ultérieur et l'organisation nécessaire et suffisante pour la suppression de leurs adversaires...

31 mar 1920

Les éléments de la crise italienne, qui a reçu une solution violente par l'avènement, au pouvoir du parti fasciste, peuvent être brièvement résumés comme suit :

La bourgeoisie italienne a réussi à organiser son État moins par sa propre force intrinsèque que parce qu'elle a été favorisée dans sa victoire sur les classes féodales et semi-féodales par toute une série de conditions d'ordre international (la politique de Napoléon III en 1852-1860, la guerre austro-prussienne de 1866, la défaite de la France à Sedan et le développement que prit à la suite de cet événement l'empire germanique).

L'État bourgeois s'est ainsi développé plus lentement et suivant un processus qu'on ne peut point observer dans beaucoup d'autres pays...

22 fév 1920

Les agitations des derniers jours en Ligurie ont montré un phénomène qui se répète depuis peu avec une certaine fréquence et qui mérite d’être noté en tant que symptôme d’un état d’esprit spécial des masses travailleuses.

Les ouvriers, plutôt que d’abandonner le travail, se sont, pour ainsi dire, emparés des usines et ont cherché à les faire fonctionner pour leur propre compte ou mieux sans la présence des principaux dirigeants. Ceci veut avant tout dire que les ouvriers s’aperçoivent que la grève est une arme qui ne répond pas à tous les besoins, spécialement dans certaines conditions...

26 Jan 1920

A propos des propositions et des initiatives prises pour la constitution des Soviets en Italie, nous avons recueilli du matériel que nous voulons exposer dans l’ordre. Pour l’instant nous ferons quelques considérations d’ordre général, considérations que nous avons déjà exposé dans les numéros précédents.

Le système de représentation prolétarien, qui a été introduit pour la première fois en Russie, exerce des fonctions de deux ordres politique et économique...

13 sep 1919

Camarades,

La nouvelle forme prise dans votre usine par le comité d'entreprise, avec la nomination de délégués d'ateliers ainsi que les discussions qui ont précédé et accompagne cette transformation, ne sont pas passées inaperçues dans le monde ouvrier ni dans le monde patronal turinois. Dans l'un des camps, les ouvriers d'autres établissements de la ville et de la province s'appliquent à vous imiter, dans l'autre, les propriétaires et leurs agents directs, les dirigeants des grandes entreprises industrielles, observent ce mouvement avec un intérêt croissant, et ils se demandent, et ils vous demandent, quel peut être son but, quel est le programme que la classe ouvrière turinoise se propose de réaliser...

11 Jan 1909

Manifeste du futurisme (janvier 1909)

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Manifeste du futurisme, publié le 11 janvier 1909 dans Le Figaro.

Fondation et Manifeste du Futurisme : Nous avions veillé toute la nuit, mes amis et moi, sous des lampes de mosquée dont les coupoles de cuivre aussi ajourées que notre âme avaient pourtant des cœurs électriques.

Et tout en piétinant notre native paresse sur d'opulents tapis Persans, nous avions discuté aux frontières extrêmes de la logique et griffé le papier de démentes écritures. Un immense orgueil. gonflait nos poitrines, à nous sentir debout tout seuls, comme des phares ou comme des sentinelles avancées, face à l'armée des étoiles ennemies, qui campent dans leurs bivouacs célestes...

S'abonner à Italie