Parti Socialiste

30 Jan 2017

Benoît Hamon a été le vainqueur des « primaires citoyennes » en réunissant autour de 59% des voix lors du seond tour, alors que la large majorité des responsables du Parti Socialiste ne le soutenaient pas. C'est la particularité des « primaires » organisées pour la première fois en 2011, où François Hollande était sorti vainqueur.

C'est l'expression d'un changement très profond au sein du Parti Socialiste, qui a cessé d'être une structure politique avec une tradition bien déterminée, des courants d'idées, pour ne plus être qu'une machine électorale. Le succès de Benoît Hamon accompagne cette transformation, dans la mesure où il vient de la tradition portée par Michel Rocard d'une « seconde gauche » sociale et moderne, en opposition historique à ce que symbolisèrent Léon Blum et François Mitterrand...

20 Jan 2017

A voir le troisième débat des « primaires citoyennes », on se dit qu'après tout si Lionel Jospin avait une attitude passe-muraille et un air pince sans rire, il avait en fin de compte vraiment du style et que François Hollande, c'est un Lionel Jospin plus rondouillard et osant faire quelques petites blagues.

Un dirigeant socialiste, somme toute, c'est un énarque qui sait prendre un calva au bistro, en faisant de bonnes promesses...

18 Jan 2017

Éditorial du 18 janvier 2017

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Les «Primaires citoyennes» ne sont pas enthousiasmantes, c'est le moins qu'on puisse dire. Mais ce qui est frappant, surtout, et même choquant, c'est ce silence sur les religions qui pourtant gagnent du terrain tout en étant toujours plus insupportables aux larges masses.

16 Jan 2017

Le second débat des « Primaires citoyennes » a montré parfaitement qu'un seuil de basculement a été atteint ; désormais, seuls les thèmes post-modernes ont le dessus, c'est-à-dire ceux qu'on appelle « sociétaux », qui relèvent d'une philosophie de la « modernisation » de la société, au moyen de la conquête de « droits » nouveaux.

Quels sont ces « droits » ? Leur nombre est réduit, ce sont toujours les mêmes qui reviennent.

Il y a le droit à l'éducation, qui permettrait d'abolir les inégalités, celui aux énergies renouvelables, ce qui est une manière de se prétendre soucieux de l'environnement...

14 Jan 2017

Hier, les médias ne faisaient même pas un vrai effort pour trouver un intérêt réel au premier débat télévisé des primaires citoyennes qui s'est tenu avant-hier à la télévision. Les sept candidats ont été fades, sans envergure.

C'est là que les gens de gauche comprennent le drame : la tendance est soit à aller à Jean-Luc Mélenchon si l'on privilégie une sorte d'altermondialisme et de nationalisme social, soit à aller à Emmanuel Macron si on adhère à l'européisme libéral...

9 Jan 2017

La primaire citoyenne et «Je suis Charlie»

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Le mouvement « Je suis Charlie » a été historiquement une vague progressiste de nature petit-bourgeoise, permettant de vrais débats, sans pouvoir aller jusqu'au fond des choses, mais tout de même. C'est pour cette raison que la fraction la plus conservatrice de la société a été totalement opposé à ce phénomène, tout comme par ailleurs l'extrême-gauche devenue ultra-gauche. En fait, le mouvement « Je suis Charlie » correspond à tout un pan de la société qui est l'allié objectif de toute bataille pour une démocratie populaire.

Pourtant, on peut voir que les candidats à la primaire citoyenne n'abordent pas la question du mouvement « Je suis Charlie ». Pire encore, leur approche s'y oppose même pratiquement entièrement pour la plupart d'entre eux...

16 déc 2016

La primaire de 2017, sous l'égide d'une « Belle Alliance populaire » (le PS, l'Union des démocrates et des écologistes, le Parti écologiste et le Front Démocrate auxquels s'est joint récemment le Parti Radical de Gauche) est un nouveau nivellement par le bas, uniquement au service des « républicains de gauche ».

C'est, au sens strict, une opération des élus socialistes afin de se positionner comme incontournables en tant que force d'opposition et de gouvernement ; le plébiscite des primaires est censé assécher de manière totale tout le terrain de l'autonomie populaire et du débat politique pour la transformation sociale...

2 déc 2016

Quiconque a lu notre présentation de la candidature de François Fillon a compris quelles sont les forces sociales derrière lui. Quiconque a un aperçu matérialiste dialectique sur ce que trame l'appareil d’État – c'est une des tâches que forcément nous assumons – sait que les hauts fonctionnaires ont gelé tous les projets, considérant que le prochain président sera François Fillon.

Cela signifie que tant le grand capital que l'appareil d’État ont décidé de pousser pour que François Fillon soit le grand vainqueur des prochaines élections présidentielles.

François Hollande l'a compris et alors qu'il avait prévu depuis bien longtemps de se présenter, alors que le Parti Socialiste avait déjà acheté une voiture blindée pour sa campagne, il a abandonné.

22 aoû 2016

C'est tout un symbole de l'effacement intellectuel et culturel des valeurs de gauche, contre quoi il faut se dresser. Il y a quarante ans, Pierre Joxe avait donné naissance à une « fête de la rose » à Frangy-en-Bresse ; quoi qu'on en pense, il y avait un contenu, une vraie démarche cherchant à aller à gauche.

Cette année, cela s'est vu transformer en « fête populaire » organisée par Arnaud Montebourg (qui a récupéré à son compte la fête depuis les années 2000) se pavanant devant les journalistes. Si auparavant il évitait à tout prix les grosses voitures – pour « faire peuple » – cette fois c'est une berline qu'il a utilisée...

15 juin 2016

Ce qui est terrible avec les psychodrames syndicaux, c'est que l'irrationnel y progresse de manière toujours plus démesurée, conformément à l'hystérie des mentalités petites-bourgeoises et aristocrates ouvrières.

La grande manifestation d'hier a été un succès certain pour le bloc syndical en lutte contre le projet de loi travail, toutefois arguer comme le fait la CGT qu'il y aurait eu 1,3 million de personnes dans tout le pays, c'est résolument forcé...

16 mar 2016

Le « Projet de Loi Travail »  a été officialisé hier par le gouvernement. Il a totalement réécrit le projet et enlever les mesures les plus controversées. Les « concessions » sont tellement importantes et semblent tellement contenter tant le MEDEF que la CFDT, la CGC-CFE et l'UNSA, qu'il paraît évident que tout cela était prévu d'avance.

Bien qu'on ne connaisse pas encore exactement de manière précise le contenu du « Projet de Loi Travail » et qu'il sera très certainement transformé durant les débats parlementaires, les grandes lignes en ont été publiées...

25 fév 2016

La publication de la contribution « Sortir de l'impasse », texte rendu public hier dans le quotidien Le Monde, au nom d'une « gauche moderne », est à comprendre comme une tentative d'occuper l'espace, de prendre la place à prendre.

Le contexte de la publication de ce document est, naturellement, la crise idéologique très importante ouverte par le projet de réforme du code du travail, qui a provoqué un très fort émoi dans les masses populaires, ouvrant pratiquement un nouveau cycle de lutte de classes...

21 fév 2016

La principale caractéristique sociale du capitalisme connaissant sa crise générale est le basculement dans le corporatisme, c'est-à-dire l'organisation technocratique, par en haut, de l'économie, avec une mobilisation de la base populaire en faveur des projets d'« unité sociale », d'amélioration de la production « nationale ».

Si la révolution socialiste ne vient pas bloquer ce processus, le renverser, le corporatisme avance inévitablement, porté par le fascisme qui n'est, à ce titre, que l'expression politique la plus cruelle et sanguinaire visant à réaliser ce corporatisme, avec la tendance à la guerre impérialiste qui en forme l'arrière-plan...

22 Jan 2016

Les épouvantables Hollande, Valls et Macron

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Que n'a-t-on entendu ces derniers jours ! Des « socialistes » assumant ouvertement leur soutien au capitalisme le plus « moderne »...

Ces propos sont une insulte à toute l'histoire de la gauche, celle du mouvement ouvrier. Mais elles correspondent, en fait, à cette « seconde gauche », cette gauche non marxiste et même anti-marxiste. Cette « seconde gauche » représente un courant « moderniste », cherchant à réimpulser le capitalisme...

21 Jan 2016

Le 10 janvier 2015, il y a eu une cérémonie commémorative en souvenir du massacre de la rédaction de Charlie Hebdo et de l'attaque de l'Hyper Cacher. Elle s'est déroulée place de la République et une plaque a été dévoilée, où l'on peut lire : « à la mémoire des victimes des attentats terroristes de janvier et novembre 2015, à Paris, Montrouge et Saint-Denis. Ici même, le peuple de France leur rend hommage. »

Il n'y avait rien de populaire dans cette cérémonie triée sur le volet et officiel. Pour faire « peuple » tout de même un peu, Johnny Hallyday a été invité à chanter une chanson, Un dimanche en janvier, tirée de son dernier album...

3 Jan 2016

Aujourd'hui, la vie quotidienne en France est marquée de manière régulière par le chaos. Chaos des migrants se déplaçant dans des conditions indignes, chaos de la construction urbaine qui s'étale toujours davantage, chaos du marché de l'emploi frappé toujours plus par la précarité, chaos des biens alimentaires de qualité toujours plus mauvaise et d'ailleurs sur le dos des animaux, chaos des services médicaux toujours plus chers et difficile d'accès, chaos du travail où les chefs se révèlent tyranniques et fainéants, vaniteux et arbitraires.

L'insécurité sociale, matérielle et culturelle de la vie traumatise les prolétaires et bouleverse d'inquiétudes les différentes couches de la petite-bourgeoisie ; le sentiment d'attente que quelque chose se passe est omniprésent...

19 oct 2015

Julien Dray exprime sa peur de la lutte armée

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Aujourd'hui, la France est au bord de craquer, et c'est ce qui va se passer, en l'absence de ligne rouge, c'est une logique de violence, oscillant entre révolte et nihilisme. Le terrorisme islamiste n'est qu'un avatar de cette réalité : il y en aura d'autres.

Il y a ainsi eu la mouvance anarcho-autonome et ses sabotages du « monde moderne », notamment ses nombreux incendies et destructions de distributeurs bancaires de billets. Mais il y aura inévitablement un terrorisme d'extrême-droite qui va apparaître, porté par un radicalisme racialiste n'ayant pas les mêmes bases idéologiques que le néo-gaullisme de Marine Le Pen..

3 oct 2015

François Hollande a un but très clair : faire en sorte que le Parti socialiste disparaisse, au sein d'une fédération de la « deuxième gauche » (par opposition au communisme), rassemblant depuis le centre-gauche jusqu'aux sociaux-démocrates de gauche, en passant par les écologistes.

En cela, il est appuyé par Manuel Valls et tous les tenants du« social-libéralisme » (qui est en fait une forme de radical-socialisme), de ce qui historiquement a été appelée le « molletisme », en référence à Guy Mollet...

6 juil 2015

Referendum grec : les réactions des PG, PS et PCF

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Les partis de gauche institutionnels et électoralistes ont immédiatement réagi aux résultats du referendum grec, de manière très laconique, en quelques lignes.

En apparence, on trouvera toujours le rejet de l'austérité. Cependant, comme les classes sociales sont toujours niées – à part du côté de Jean-Luc Mélenchon qui raisonne en termes d'oligarchie, ce qui ne change rien en pratique – il n'y a jamais de critique de la bourgeoisie et d'affirmation comme quoi celle-ci doit être expropriée...

23 juin 2015

Lors du dernier congrès du Parti Socialiste, les radicaux-socialistes ont obtenu une grand victoire, qui provient essentiellement du fait qu'ils tiennent actuellement l’État. Toutefois, le pragmatisme pose toujours un problème dans une société marquée par les contradictions de classe, d'autant plus en période de crise générale du capitalisme.

Par conséquent, les tensions à gauche entre cette tendance opportuniste-pragmatique qui domine et la social-démocratie timidement renaissante sont forcément de plus en plus fortes. Cela reflète les colères, les incertitudes, les inquiétudes...

11 juin 2015

Député socialiste de la neuvième circonscription des Français établis hors de France (Afrique du Nord et de l'Ouest), Pouria Amirshahi a lancé une « invitation » publiée dans le Journal du Dimanche, alors que c'était le dernier jour du congrès du Parti Socialiste à Poitiers.

Cette « invitation » vise à « créer un mouvement citoyen de type nouveau : un Mouvement Commun ». Il y a là quelque chose d'important, évidemment.

Car Pouria Amirshahi est peut-être, en effet, le dernier socialiste, et pour cause : c'est un produit pratiquement « pur » du mitterrandisme. Activiste lors du mouvement de la jeunesse contre la loi Devaquet en 1986, il sera par là suite président du syndicat UNEF-ID de 1994 à 1998, puis de la mutuelle étudiante de la MNEF de 1999 à 2000...

9 juin 2015

Ce week-end, le Parti Socialiste a tenu son congrès, le 77e, ce qui est un événement pour notre pays : c'est un parti issu historiquement du mouvement ouvrier, portant des valeurs encore considérés comme un espoir par bon nombre de personnes progressistes en France.

Pourtant, le Parti Socialiste n'est pas un parti réformiste assumant des transformations profondes réalisées par les institutions, comme avait pu le prétendre Jean Jaurès.

Pour preuve, on a ce qu'a osé faire le premier ministre Manuel Valls. Il a quitté le congrès du Parti Socialiste pour rejoindre, tous frais payés par l’État, un match de football à Berlin : la finale de la Ligue des Champions entre le FC Barcelone et la Juventus de Turin...

2 déc 2014

Dans la social-démocratie, le syndicalisme est imbriqué dans le mouvement et est secondaire par rapport au Parti, à la théorie. En France, le syndicalisme s'est justement, à l'inverse, autonomisée. La charte d'Amiens est le produit catastrophique du refus de la politique par la classe ouvrière, au nom des nécessités pragmatiques du syndicat.

Voici comment Jean Jaurès soutient l'esprit du congrès de Rennes de 1898 de la Confédération Générale du Travail (née en 1895), dans une démarche pleine de complaisance...

30 nov 2014

Le problème de fond de la démarche de Jean Jaurès, c'est que tout comme chez Pierre-Joseph Proudhon, on est dans l'éclectisme le plus complet. Tout se mélange, de manière incohérente, et est même justifié, comme chez Pierre-Joseph Proudhon, par le principe de deux devient un : il serait intelligent d'allier, d'unir les deux aspects de la contradiction.

Cela n'a aucun sens : pour Karl Marx, la pensée est le reflet du mouvement de la matière, elle est de la matière grise. Or, Jean Jaurès dit qu'il accepte cette thèse, puis il tente de la combiner à la thèse contraire, et cela au nom de la « synthèse des contradictoires »...

29 nov 2014

Jean Jaurès parlait allemand, suffisamment donc pour étudier les documents de la social-démocratie allemande, pour donner son point de vue sur les oeuvres de Karl Marx et Friedrich Engels. Pourtant, il ne l'a pas fait. Il n'a jamais popularisé le marxisme, et pour cause !

Pour autant, Jean Jaurès doit tout de même se positionner par rapport à l'interprétation du marxisme. Il ne défend pas le marxisme, mais il doit se positionner de par la vigueur de la confrontation au sein de la social-démocratie internationale. On a ainsi Karl Kautsky qui défend l'orthodoxie, alors qu'Eduard Bernstein la réfute (au nom du fait que le mouvement est tout, le but n'est rien)...

28 nov 2014

Jean Jaurès est ainsi à l'origine d'une mystique, où le « socialisme » agit miraculeusement sur le capitalisme, au moyen de la « République ».

Voici comment Jean Jaurès voit les choses stratégiquement, expliquant que la classe ouvrière... doit être introduite dans la propriété ! Il attribue même à Karl Marx, ce qui relève de l'escroquerie et Jean Jaurès ne pouvait pas ne pas le savoir, le concept d'« évolution révolutionnaire » !..

25 nov 2014

Si l'on comprend bien la démarche de Jean Jaurès, alors on voit forcément que pour lui, le statut de prolétaire est une malédiction. L'idéal c'est le bourgeois, cultivé et humaniste, et tout le monde doit pouvoir l'être.

Le statut du prolétariat est pour l'instant d'être « déshérité », les prolétaires sont « dépouillés et nus », l'humanité est en « lambeaux », et par conséquent il faut une grande réconciliation. Jean Jaurès parle des arts, et logiquement il explique que cette sorte d'unification par le « socialisme » est nécessaire afin d'universaliser l'art...

21 nov 2014

Le 14 octobre 2014 a été adoptée la « loi sur la transition énergétique pour la croissance verte ». Ce projet était porté par Ségolène Royal, l'actuelle ministre Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie.

Voyons en quoi consiste cette loi mettant en avant les économies d'énergie.

Du point de vue de Ségolène Royal, l'écologie en elle-même n'est pas quelque chose de « vendeur », d'intéressant politiquement. Elle n'a de cesse de répéter que « l'écologie ne doit pas être punitive » ; c'est que le Parti Socialiste ne voudrait surtout pas chambouler les habitudes de la France capitaliste.

19 nov 2014

Jean Jaurès – 6e partie : deux devient un

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Le socialisme est pour Jean Jaurès non pas l'abolition de la propriété privée, mais sa généralisation : la bourgeoisie cesse d'en avoir le « monopole ». Jean Jaurès raisonne en termes d'individu, pas de classe ; il raisonne toujours du point de vue individuel, jamais selon les modes de production.

Par conséquent, le communisme est chez Jean Jaurès une unification des antagonismes, comme chez Pierre-Joseph Proudhon pour qui deux devient un, à l'opposé de la dialectique. Au lieu d'avoir un qui devient deux, on a deux qui deviennent un, par un mouvement de réconciliation. C'est typiquement l'erreur française sur la dialectique, que Karl Marx notait de manière acerbe au sujet de Pierre-Joseph Proudhon...

18 nov 2014

Faisant l'apologie de l'enseignement comme base morale et idéologique du socialisme, Jean Jaurès prônait la fondation d'universités, de formations permanentes ; il voulait que les officiers ne passent pas que par des institutions militaires, mais par l'armée également.

Cependant, cette conception montre la dimension inter-classiste de son « socialisme ». Inévitablement, Jean Jaurès est obligé d'élargir le champ de ceux qui profiteraient de son « socialisme ». Ce dernier est en effet un concept, une morale, un style, une approche, pas une idéologie ni la dictature du prolétariat et encore moins un mode de production.

Le « socialisme » de Jean Jaurès est une évolution naturelle à une société « plus rationnelle ». Par conséquent, l'ennemi a tendance à être non pas la bourgeoisie (en tant que composante d'un mode de production), mais des forces obscures...

17 nov 2014

Jean Jaurès croit donc en la « République » comme forme neutre, utilisable pour le socialisme. Mais comment voit-il les choses concrètement, à défaut d'en élaborer la théorie ? Tout simplement, il s'imagine que cela se réalisera par l'enseignement; dans la même démarche que Victor Hugo, il voit la solution en l'éducation.

Or, le problème est bien entendu que l'éducation dépend jusqu'à présent de couches sociales liées à la bourgeoisie et à l'aristocratie, à l'Eglise. D'où les campagnes de Jean Jaurès : d'abord celle, qui triomphera, en faveur de la laïcité à l'école. Ensuite, mais la démarche échouera, en faveur de la liaison organique des écoles primaires avec les communes, afin de casser l'hégémonie de l'idéologie cléricale-réactionnaire...

15 nov 2014

Jean Jaurès n'est pas un intellectuel organique, un dirigeant révolutionnaire né sur le terrain de la lutte des classes, en se fondant sur les principes prolétariens scientifiques les plus avancés de son époque. Il le dit lui-même, ce qu'il veut c'est un « socialisme français ».

Jean Jaurès fut ainsi quelqu'un à gauche de Georges Clémenceau : ce dernier voulait gérer au mieux, Jean Jaurès comptait lui pousser le mouvement vers un « idéal » socialiste – sans pour autant avoir jamais donné de base scientifique à sa conception...

 

14 nov 2014

Jean Jaurès n'a jamais dit « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage ». C'est une citation erronée, doublement même puisque non seulement elle ne résume pas la pensée de Jean Jaurès, mais exprime même le point de vue contraire de celui-ci. L'erreur provient de l'assassinat de Jean Jaurès, devenu un martyr pour la paix.

Voici déjà ce qu'a en réalité dit Jean Jaurès...

12 nov 2014

Jean Jaurès - 1re partie : le jauressisme

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Jean Jaurès est entré au Panthéon en 1924 : c'est tout un symbole. Logiquement, comme symbole du pacifisme et du socialisme, il aurait dû être condamné par l'opinion publique outrancièrement nationaliste suite à la victoire de 1918.

Son meurtrier Raoul Villain, fut d'ailleurs acquitté lors de son procès en 1919, après cinquante-six mois de détention préventive ; ce fut par conséquent la veuve de Jean Jaurès qui dût payer les frais du procès.

Comment se fait-il alors que, dans le même contexte, Jean Jaurès put être porté aux nues par le même régime qui laisse libre son assassin ? C'est là une contradiction absolue qui, en fait, puise dans la figure même de Jean Jaurès, pour qui le socialisme consiste en la généralisation de la petite propriété privée à travers le capitalisme, par l'intermédiaire de la République...

8 nov 2014

Au tout début des années 2000, les trotskystes sont à leur apogée. Leur influence sur la société française est au plus haut ; parler d'extrême-gauche politique, c'est parler d'eux.

Le pic sera atteint aux élections présidentielles de 2002 : Olivier Besancenot du courant frankiste-pabliste fait 4,25 %, Arlette Laguiller du courant Lutte Ouvrière 5,72 %, les deux dépassant le candidat « communiste », Robert Hue, qui n'obtient que 3,37 % des voix...

6 nov 2014

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, les trotskystes se retrouvent très peu nombreux, et qui plus est, ils vont être en désaccord profond sur les forces à choisir pour leur « entrisme ». Les uns considèrent que ce sont les « staliniens » qui vont l'emporter, et il faut par conséquent les infiltrer. Les autres considèrent qu'il ne faut pas hésiter à s'allier avec les anti-communistes.

Cette scission entre forces trotskystes est vrai par ailleurs au niveau international. Ainsi, les forces cherchant à mener l'entrisme chez les « staliniens » se retrouvent dans le « secrétariat unifié de la quatrième Internationale », tandis que les partisans des alliances ouvertement anti-communistes forment le « Comité international pour la reconstruction de la IVe Internationale »...

14 oct 2014

Les trotskysmes français sont historiquement des réformismes « durs » s'opposant à l'utilisation de concept de « république » par la social-démocratie. Le trotskysme n'est nullement « communiste » ; sa base idéologique est une sorte d'indépendantisme de la social-démocratie.

Pour cette raison, la dynamique des trotskysmes français s'appuie sur cette volonté de « rupture » de la social-démocratie avec les nécessités pratiques gouvernementales. Le pouvoir est censé revenir aux organisations ouvrières, partis comme syndicats, s'unifiant pour un nouveau régime issu des luttes économiques « maximalistes »...

12 oct 2014

Le fait que la social-démocratie française n'ait été qu'une pâle copie, vide de contenu, de la social-démocratie allemande, a amené un résultat aux conséquences politiques immenses pour le mouvement ouvrier de notre pays.

En Allemagne, la social-démocratie c'est une série d'organisations de masse, organisées autour d'une idéologie bien déterminée : le marxisme. L'objectif se veut la prise du pouvoir d'Etat, par la lutte des classes, et cela reste le cas même lorsque les forces électoralistes triomphent complètement...

1 sep 2014

Très très emmerdée, voilà ce qu'est la gauche du Parti Socialiste, dont l'université d'étét vient de se terminer à La Rochelle. Pourquoi ? Pas seulement parce que le premier ministre Manuel Valls penche carrément vers le libéralisme. Le fond du problème est que cela appelle à des définitions, ce que le Parti Socialiste a toujours évité jusque-là.

Jean-Christophe Cambadélis , ancien cadre trotskyste ayant rejoint le Parti Socialiste dont il est désormais le sécrétaire, a affirmé hier soir dans l'émission BFM Politique/Le Point/RMC plusieurs choses importantes à ses yeux :

« Le Parti Socialiste ne sera pas social-libéral. C'est clair et net. »...

26 aoû 2014

Finie la tradition historique du Parti Socialiste, place au libéralisme social teinté de « progressisme » post-moderne : tel est le sens du nouveau gouvernement dit Valls II.

Le ministre de l'économie, de l'industrie et du numérique Emmanuel Macron ne fait même pas partie du Parti Socialiste ; âgé de 37 ans, il a fait sciences-po, l'ENA, banquier d'affaires à la banque Rotschild & Cie., avant d'être secrétaire général de l'Elysée entre mai 2012 et juin 2014.

Il fait partie des carriéristes expert en « technique » qui sont nommés par en haut, par « utilité », par pragmatisme bourgeois. Pareillement, des femmes comme Ségolène Royal, Fleur Pellerin, Najat Vallaud-Belkacem, Christiane Taubira... sont l'expression du pire féminisme bourgeois, coupé de tout lien historique culturel et idéologique avec la classe ouvrière...

26 aoû 2014

Editorial du 26 août 2014

Submitted by Anonyme (non vérifié)

«Il n'a pas de nom, pas de visage, pas de parti (…) et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c'est le monde de la finance» déclarait en janvier 2012 François Hollande, alors candidat socialiste à l'élection présidentielle. De telles paroles relèvent de l'anticapitalisme romantique, dans une tendance nette et générale depuis quelques années de piques ultra-populistes, anti-américaines et anti-allemandes primaires, voire directement antisémites. La ligne populiste générale, c'est : «la nation subit les assauts des puissances étrangères». Une ligne dont participe le populiste Arnaud Montebourg anciennement ministre du «redressement productif»...

8 Jan 2014

Dans l'affaire Dieudonné, on retrouve aujourd'hui les mêmes lignes que dans l'affaire Dreyfus.

Regardons en arrière, cette fameuse affaire Dreyfus. A l'époque, il y avait trois tendances : les dreyfusards qui refusaient catégoriquement l'antisémitisme. En face d'eux, les anti-dreyfusards ne voulant pas que l'on remette l'armée française en cause, voire le plus souvent étant franchement antisémites. Et à côté, toute une extrême-gauche refusant de défendre Alfred Dreyfus, car c'est un soldat et un bougreois, rejetant la lutte contre l'antisémitisme qui dévierait des luttes économiques, syndicales...

26 juin 2013

Le gouvernement PS révèle une vidéo de la bagarre où Clément Méric a été assassiné, interdisant des organisations d'extrême-droite en même temps. Un jeu habile de la part de la social-démocratie...

8 juin 2013

Pierre Mauroy : mort d'un traître

Submitted by Anonyme (non vérifié)

A la fin du 19e siècle, la social-démocratie a été le fer de lance de la classe ouvrière en Europe, même si en France les problèmes étaient déjà immenses. Pierre Mauroy en est le produit : c'est un fils du peuple qui a trahi les valeurs progressistes, c'est un traître qui a aidé à anesthésier les masses populaires du Nord...

4 avr 2013

La France capitaliste en pleine décadence, c'est le grand n'importe quoi, la foire au délire, le folklore établi en règle. Tout le monde s'arroge le droit de raconter n'importe quoi, n'importe comment, et dans ce concert de guignols, Jean-Luc Mélenchon n'est pas le dernier...

22 Jan 2013

L'accord national interprofessionnel prévoit un certain nombre de mesures permettant de faciliter les possibilité pour les entreprises de se débarrasser de leurs salariés en France. Grâce à la social-démocratie, la bourgeoisie mène une offensive de grande ampleur et se permet d'intensifier la pression pour élargir ses pouvoirs.

20 oct 2012

Disciples de Staline, nous le savons et l'affirmons : la social-démocratie et le fascisme sont deux faces d'une même pièce. Social-démocratie et fascisme sont des frères jumeaux.

A Marseille, c'est une responsable du Parti Socialiste qui veut qu'il y ait un ordre militaire. Et là, c'est un ministre socialiste, Arnaud Montebourg, qui est en couverture du « Parisien magazine », dans une campagne « made in France » véritablement innommable...

4 fév 2012

Jeudi soir, Martine Aubry était opposée à François Fillon lors d'un débat télévisé. Elle est la caution sociale-démocrate du Parti Socialiste, son rôle est de prouver à la bourgeoise qu'il est le mieux à même de mener la politique de l'impérialisme français. Mais la démagogie sociale du PS est impuissante face à la montée inéluctable du fascisme.

24 Jan 2012

François Hollande "contre le monde de la finance"

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Ce Dimanche 22 Janvier, François Hollande a tenu son premier grand meeting de campagne, sur fond de couleur bleue, devant un drapeau français. Comme nous l'annoncions au soir du premier tour des primaires socialistes, le candidat du Parti Socialiste court après la démagogie fascisante d'Arnaud Montebourg et Jean-Luc Mélenchon. S'il fait cela c'est pour masquer qu'il ne veut rien changer, qu'il n'a rien à proposer. 

Nous avions raison quand nous disons que « le Parti Socialiste a définitivement rompu les derniers liens qu'il gardait avec le mouvement ouvrier, ses traditions et ses pratiques. »

Car au final qu'a à proposer le candidat du Parti Socialiste ?...

8 déc 2011

édito du 8 décembre 2011

Submitted by Anonyme (non vérifié)

L'intervention de Marine Le Pen lors de son « think tank » sur l'armée était déjà inquiétante de par son orientation gaulliste « réaliste », comme si elle espérait désormais avec la crise gagner bien plus qu'une position symbolique en 2012.

Mais là on a un vrai saut, avec des membres de la Droite populaire – la frange la plus à droite de l'UMP – qui soutiennent les catholiques intégristes de « Civitas » dans leur combat contre la « christianophobie » de deux pièces de théâtre ("Sur le concept du visage du fils de Dieu" et "Golgota Picnic")...

14 oct 2011

A défaut d'avoir un véritable programme, le Parti Socialiste accapare l'attention afin de se rendre incontournable pour les masses, comme avec Montebourg: déclaration ambiguë de porte-parole, annonce bidon parue sur le site de Libération, démentie dans la foulée sur Twiter, etc. A chacune de leurs interventions, le PS prouve qu'il est un des rouages du système capitaliste, qu'il ne veut rien changer.

10 oct 2011

Plus de 2 millions de personnes se sont déplacés pour voter au premier tour de la primaire socialiste. Disons-le tout net, c'est une victoire pour la démagogie social-démocrate et cela signe l'échec cuisant de 15 ans d'opportunisme et de pragmatisme de l'extrême-gauche organisée de France.

16 sep 2011

« Brasserie Le cardinal, au centre de Paris. Au premier étage les Aubrystes baignent dans une ambiance festive, avant même le début de l'émission. Il fait chaud, tout le monde est très collé, entre le bar et les teintures de velours rouge. Les mojitos valsent. On entend le bouchon d'une bouteille de champagne: «Déjà, oh non, c'est prématuré», réprime une supersticieuse. »

15 avr 1934

Le Parti socialiste de France est fondé depuis quatre mois. II donne déjà des signes non équivoques de dégénérescence et de décomposition.

C'est qu'il fut, dès sa naissance, soumis à l'épreuve du feu - nous voulons dire des combats de classe, - et qu'il en a sévèrement pâti.

Il s'était créé dans une confusion inouïe de doctrine, que seuls pouvaient ignorer les observateurs superficiels aux yeux desquels, pour un parti bourgeois, un congrès unanime est l'indice d'une unité politique profonde.

Le Congrès de la Mutualité avait donné ce spectacle de l'unanimité : elle n'a point survécu aux événements de cet hiver. Comment naquit le Parti « néo » ?...

2 Jan 1908

Jean Jaurès - Socialisme et Libertés (1898)

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Je remercie La Revue de Paris de son libéralisme. Je sais que la plupart de ses lecteurs n’acceptent pas l’idée socialiste. Mais peut-être ne m’en voudront-ils pas si j’essaie de dissiper un malentendu.

Il y a une partie notable de la bourgeoisie, qui n’est pas séparée du socialisme par des intérêts de classe : et elle a d’ailleurs, par l’effet d’une haute culture, assez de générosité pour ne pas faire de son intérêt étroit la mesure du vrai. Mais elle tient par-dessus tout à la liberté...

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