Charles Baudelaire

20 juil 2015

Les décadentistes formaient un milieu ; ils se fréquentaient, s'alimentaient les uns les autres en perspectives culturelles et idéologiques. On a ainsi la figure de Louis Ménard (1822-1901), un fervent mystique auteur notamment de Rêveries d'un païen mystique et ami de Charles Baudelaire qu'il a connu au lycée (Louis le grand, à Paris).

Féru de l'antiquité grecque et soutien intellectuel aux révolutions de 1848 et 1871, Louis Ménard n'en était pas moins quelqu'un interprétant tout dans le sens du mysticisme, voire de l'orientalisme...

19 juil 2015

Joseph-Aimé « Joséphin » Péladan ne fut que l'expression la plus pointue d'un courant généralisé au sein de la bourgeoisie « fin de siècle » : le décadentisme. Les opinions traditionalistes révolutionnaires de « Joséphin » Péladan étaient celle d'une foule d'artistes, qui tous célébraient la décadence tout en la dénonçant, précisément comme Friedrich Nietzsche en Allemagne.

Le terme de décadentiste était à l'époque équivalent de symboliste, les deux termes n'étant par ailleurs pas vraiment définis, ce qui est logique dans une démarche subjectiviste, fut-elle prétendument élitiste...

26 juin 2013

Il existe en France un gigantesque malentendu sur Charles Baudelaire, un malentendu exprimé par exemple en février 2012 par Marine Le Pen : « Le livre sur ma table de chevet, ce sont les Fleurs du mal de Baudelaire et je ne suis pas une droguée syphilitique. » Telle est la triste image accordée à Charles Baudelaire par l'idéologie dominante : il ne serait qu'un demi-fou, consommant du haschisch et de l'opium, écrivant des poètes hallucinés dont le sens échappe nécessairement, lui-même ne vivant que dans une grande dépression, une grande détresse. Une telle vision est, bien entendu, erronée, elle est le fruit d'une reconstruction de la figure de Charles Baudelaire, sans juste compréhension de son époque, de la culture de son époque, de l'idéologie dominante. En réalité, Charles Baudelaire était particulièrement critique des drogues, sa seule perspective étant la quête esthétique de l'idéal. Il est souvent présenté comme quelqu'un préfigurant le symbolisme, cependant il est surtout une grande figure du romantisme. S'il fallait définir Charles Baudelaire, alors il faudrait dire : c'est un romantique. Il voit bien que la bourgeoisie qui domine se moque de l'esthétique, même si certains esprits jouent aux mécènes. Alors il cherche dans les marges une certaine vérité, à défaut de la rechercher dans le prolétariat – c'est là qu'il est un romantique et non quelqu'un ayant le même parcours que Karl Marx (né en 1818, Charles Baudelaire étant né en 1821).

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12 mai 2013

« Le beau est toujours bizarre. Je ne veux pas dire qu'il soit volontairement, froidement bizarre, car dans ce cas il serait un monstre sorti des rails de la vie. Je dis qu'il contient toujours un peu de bizarrerie, de bizarrerie non voulue, inconsciente, et que c'est cette bizarrerie qui le fait être particulièrement le Beau. »

12 mai 2013

Le romantisme français est notamment un écho anti-voltairien, contre le formalisme aristocrate. Baudelaire se plaint: « Je m'ennuie en France, surtout parce que le monde y ressemble à Voltaire.

Emerson a oublié Voltaire dans ses Représentants de l'humanité. Il aurait pu faire un joli chapitre intitulé : Voltaire, ou l'anti-poète, le roi des badauds, le prince des superficiels ; l'anti-artiste, le prédicateur des concierges, le père-Gigogne des rédacteurs du Siècle. »

12 mai 2013

« Mais le lendemain ! le terrible lendemain ! tous les organes relâchés, fatigués, les nerfs détendus, les titillantes envies de pleurer, l’impossibilité de s’appliquer à un travail suivi, vous enseignent cruellement que vous avez joué un jeu défendu. La hideuse nature, dépouillée de son illumination de la veille, ressemble aux mélancoliques débris d’une fête. La volonté surtout est attaquée, de toutes les facultés la plus précieuse... » 

17 nov 2012

Baudelaire : Les foules

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Multitude, solitude : termes égaux et convertibles pour le poëte actif et fécond. Qui ne sait pas peupler sa solitude, ne sait pas non plus être seul dans une foule affairée. (...) Le promeneur solitaire et pensif tire une singulière ivresse de cette universelle communion. (...) Il adopte comme siennes toutes les professions, toutes les joies et toutes les misères que la circonstance lui présente.

30 oct 2012

Prose poétique contre formalisme académique

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La France a été profondément marqué par la pensée classique-formelle née lors de la monarchie absolue. Cela a apporté un sens formel de la rigueur extrêmement avancé. La France a eu le goût de la méthode, Descartes en a été un théoricien, et les lignes de Boileau dans l'Art poétique résument parfaitement ce sens français :

19 oct 2012

Baudelaire : Le vieux saltimbanque

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« Mais quel regard profond, inoubliable, il promenait sur la foule et les lumières, dont le flot mouvant s’arrêtait à quelques pas de sa répulsive misère ! Je sentis ma gorge serrée par la main terrible de l’hystérie, et il me sembla que mes regards étaient offusqués par ces larmes rebelles qui ne veulent pas tomber. »

18 oct 2012

Baudelaire : Le mauvais vitrier

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« Comment ? vous n’avez pas de verres de couleur ? des verres roses, rouges, bleus, des vitres magiques, des vitres de paradis ? Impudent que vous êtes ! vous osez vous promener dans des quartiers pauvres, et vous n’avez pas même de vitres qui fassent voir la vie en beau ! »

28 fév 2012

Marine Le Pen a osé attaqué Baudelaire: « Le livre sur ma table de chevet, ce sont les 'Fleurs du mal' de Baudelaire et je ne suis pas une droguée syphilitique. » Une phrase d'une barbarie sans nom ; elle est une insulte fondamentale à la culture française. Les romantiques étaient des idéalistes, mais ils avaient comme but de stopper la schizophrénie entre vie privée et vie sociale. Et si Baudelaire était un « dandy » ou voulait en être un, sa vie privée ne se résumait certainement pas à être un « drogué syphilitique. »

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