Aristote

2 mai 2017

Michel de Montaigne s'appuie donc sur Plutarque, en empruntant massivement à sa traduction réalisée par Jacques Amyot. Mais ce n'est pas tout, il emprunte également énormément à Sénèque.

Or, justement, les œuvres de Plutarque traduites par Jacques Amyot ont eu un retentissement gigantesque sur la sphère intellectuelle française à leur parution ; les tragédies françaises qui apparaissent puisent régulièrement en elles, ainsi que dans une autre grande référence : Sénèque, justement.

Michel de Montaigne est ainsi pratiquement au démarrage de la grande vague « néo-stoïcienne » reprenant les questions de morales telles que comprises par Plutarque et le stoïcien Sénèque...

1 nov 2016

Un mouvement est, dans sa définition limitée, un transport, un déplacement, un changement de situation dans l'espace. Le résultat du mouvement est une modification de l'endroit entre la période avant le mouvement et celle après le dit mouvement.

Le mouvement est, dans cette perspective, l'expression d'un déplacement dans l'espace, ayant pris un certain temps...

16 fév 2016

Port-Royal entendait refuser l'approche des jésuites, visant à aller sur le terrain de ceux qui sont opposés à Dieu. Mais comment faire pour synthétiser cette approche sans basculer dans le mysticisme pur et simple?

C'est là qu'on voit que Port-Royal est une école de pensée, qui n'est pas parvenu à établir une doctrine, mais qui a tenté d'aller en ce sens...

12 aoû 2015

Pour comprendre l'importance du matérialisme anglais, il faut saisir la signification d'une bataille idéologique de grande ampleur ayant eu lieu au Moyen-Âge.

Ce qui a été appelé historiquement la « querelle des universaux » fut, en effet, un élément clef de l'histoire. Avec l'irruption des œuvres d'Averroès en Europe, c'est l'une des deux grandes dynamiques médiévales permettant l'affirmation du matérialisme...

11 juil 2015

Emmanuel Kant reconnaît l'espace-temps, et toute son œuvre consiste à tenter d'évaluer de quelle manière la vie humaine doit s'organiser dans cet espace-temps. Il est clairement sur une position matérialiste, cependant il ne fait qu'entrevoir la dialectique, et butte par conséquent sur le rapport entre le corps et l'esprit.

Dans la Critique de la faculté de juger, il dit ainsi qu'Epicure a raison, à ceci près qu'il a tort de ne pas séparer les plaisirs du corps et ceux de l'esprit. Pour Emmanuel Kant, en effet, l'esprit est un prolongement structurel du corps...

17 juin 2015

Galilée (Galileo Galilei en italien) est une figure très connue ; on sait de lui, d'habitude, qu'il a affirmé l'héliocentrisme et que l’Église s'est opposée à lui, car elle considérait que la Terre était au centre de l'univers.

Toutefois, une telle interprétation des faits est erronée ; il ne faut pas considérer de manière unilatérale que Galilée est le représentant du matérialisme, un ennemi de l'idéalisme et du féodalisme. D'ailleurs, Galilée, qui agissait au XVIIe siècle, avait même le soutien du pape...

16 juin 2015

La féodalité possédait une conception précise de ce qu'elle appelait la « création » : le monde était statique, fourni tel quel par Dieu, et la société devait se reproduire fidèlement, tout comme la nature se reproduisait à chaque cycle.

Au départ, cette conception n'était pas élaborée véritablement ; ce n'est qu'avec l'irruption du matérialisme en Europe, sous la forme de l'averroïsme, au XIIIe siècle, que la panique devint générale dans la féodalité et qu'une véritable théorie fut construite à ce sujet, notamment par Thomas d'Aquin...

15 mai 2015

Dieu produit la piété qui produit la religion – mais pourquoi Jean Calvin ne pense-t-il pas, tels les philosophes, que les êtres humains peuvent utiliser l'entendement – la piété – sans la religion ?

C'est parce qu'il a constaté que les esprits faisaient un fétichisme de leur capacité à raisonner. Le calvinisme n'est pas une idéologie de l'individualisme bourgeois, mais de l'individualité bourgeoise au sein de la société bourgeoise. C'est radicalement différent...

8 juil 2014

Aristote a laissé un œuvre très précise au sujet de la question de la constitution et du droit. Dans La politique, il exprime la thèse très connue selon laquelle l'homme serait un « animal politique ». Mais cela va de pair avec sa vision du monde, où toutes les choses sont « ordonnées ».

L'oeuvre aura un grand retentissement, car c'est pas moins qu'Alexandre le grand qui sera le disciple d'Aristote, témoignant des richesses de la démarche. Il connaîtra également justement un « faux », le Secretum Secretorum, qui va être le document peut-être le plus connu au moyen-âge.

Sans doute d'origine arabe et datant du Xe siècle, on y trouve de prétendues lettres d'Aristote à Alexandre le Grand, expliquant la politique, la santé, l'astronomie, et même parfois l'alchimie, avec la fameuse « Table d'émeraude » (« Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut; et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas »)...

7 juil 2014

Aristote a posé le principe de « Dieu » de la manière la plus développée. Tant le judaïsme que le christianisme et l'Islam ne pourront pas ne pas puiser chez lui. C'est lui qui a véritablement porté la définition d'un Dieu comme conséquence logique d'une certaine vision du monde.

Aristote prétend, de fait, non pas formuler quelque chose de nouveau, mais en revenir aux « sources », afin de masquer précisément la nouveauté de sa thèse...

6 juil 2014

Aristote a donc formulé l'idée d'un « premier moteur », qui permet à des « formes » de façonner de la matière. Seulement, on voit mal alors au fond quelle est la différence, en apparence, avec Platon. On pourrait dire en effet que le « premier moteur » est un équivalent du « un », les « formes » étant ce que Platon appelle les « idées ».

Il y a une nuance de taille cependant, car Aristote a modifié le schéma de Platon. Chez ce dernier, l'un et les idées sont au ciel. Comme il avait besoin de justifier comment on arrive à la matière, il a utilisé les « nombres », qui sont un « sas » entre les idées et la matière (qui est ainsi « formulée » par les nombres).

Aristote abaisse les idées, qu'il appelle « formes », pour les mettre dans notre propre monde. De cette manière, le rapport entre la matière et ce qui la forme est « direct », par « la puissance » et « l'acte »...

3 juil 2014

Aristote est le véritable titan de l'antiquité grecque. Si la figure de Platon est davantage connue, c'est parce que celui-ci a joué un rôle moteur dans l'affirmation de l'idéologie chrétienne.

Toutefois, c'est Aristote qui parvient à développer le plus profondément les questions scientifiques et cela, dans pratiquement tous les domaines. Il intervient de fait à un moment historique, celui où, enfin, la Grèce parvient à s'unifier.

Aristote est en effet macédonien, de la ville de Stagire, et c'est lui qui va éduquer pendant deux décennies le grand unificateur : Alexandre le grand. Le grand problème, évidemment, sera qu'Alexandre le grand n'a pas fait qu'unifier la Grèce en s'opposant à la Perse, comme le voulait son père, il a également conquise celle-ci, pour arriver aux portes de l'Inde. Cela a liquidé un problème d'unification pour en aboutir à un autre...

20 mar 2014

Il existe une particularité dans les œuvres de Molière, qui n'a été noté nulle part : la présence très régulière d'allusions au philosophe Aristote. Faut-il y voir ici des allusions à l'averroïsme ? C'est fort possible, puisque c'est l'averroïsme qui a été la base sur laquelle s'est développé le matérialisme en France.

La difficulté tient également au fait que les allusions à Aristote ne sont pas toujours de même nature. Dans certains cas, il s'agit de remarques faites en passant, parfois c'est même pour se moquer des philosophes pédants.

12 mai 2013

Publié en 2008 par Sylvain Gouguenheim, Aristote au Mont Saint-Michel est un ouvrage important, car il représente la point de la ligne « identitaire » occidentaliste dans son offensive contre la falsafa et Averroès. Le sous-titre de l'oeuvre est d'ailleurs explicite : « Les racines grecques de l'Europe chrétienne »...

10 mai 2013

Avicenne et Averroès ne pouvaient pas se débarrasser de Dieu, et ce pour une raison très simple expliquée par Baruch Spinoza, qui a buté sur le même problème. En effet, en l'absence du matérialisme dialectique, on tombe forcément sur une logique où il y a des causes et des conséquences.

Ce qui se passe alors, c'est qu'à un moment donné, il faut bien s'arrêter et trouver la « cause des causes. » Le matérialisme dialectique rejette cela, concevant l'univers comme s'auto-transformant et composé de couches infinies (tel une sorte d'oignon éternel et infini).

9 mai 2013

 Rousseau au 17ème siècle eut été un fervent révolutionnaire, en pointe de la cause pour la cause du progrès... Mais au 18ème siècle, il arrive bien tard, trop tard ; prisonnier de la bourgeoisie se développant, il ne peut plus assumer totalement l'humanisme... Il ne peut plus rompre avec Aristote...

12 mai 2011

Que veut dire Karl Marx ? Il prolonge Averroès, sans le savoir tout en le sachant, car il synthétise la réalité. Il explique en effet que l'être humain et la nature, cela revient au même ; il y a une double raison : l'être humain appartient à la nature, ses sens témoignent de cela, et ensuite par le travail l'être humain modifie la nature...

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