Marine Le Pen nie l'antisémitisme français pour véhiculer la haine anti-arabe

24 mar 2012

Marine Le Pen avait très peu réagi après le massacre antisémite de Toulouse, jusqu'à ce qu'il se soit avéré qu'il avait été le fait d'un militant islamiste. Dès lors, les cadres du Front National se sont succédé dans les journaux, télévisions et radio pour véhiculer leur vision du monde guerrière et faire monter la pression contre les masses arabes.

Marine Le Pen n'a que faire de dénoncer l'antisémitisme, et si jamais elle apparaît parfois comme pro-sioniste ces derniers temps, ce par calcul politique particulier et à court terme. Cependant après le massacre des enfants juifs à Toulouse, elle a fait partie des rares personnes à évoquer le caractère antisémite de l'acte afin de s'attirer la sympathie des personnes juives meurtries. Cela n'est qu'une stratégie fasciste évidente de division des masse, qui a pour but diviser les minorités arabes et juives de France et d'appuyer le nationalisme.
 
 
Tout cela est très clair lorsque Marine Le Pen dit dans l'émission sioniste 100% Israël sur 90FM ce jeudi 22 mars que l'antisémitisme n'existe plus en France - si ce n'est un antisémitisme musulman : 
 
« Cet antisémitisme est étouffé depuis des années, car il ne correspond pas un désir clientéliste et électoraliste de la part d'un grand nombre de responsables politiques français.
 
Il y a une petite responsabilité il faut bien le dire aussi d'un certain nombre d'organisations soit disant représentatives des français juifs qui continuent à lutter contre un antisémitisme qui n'existe plus, qui a disparu et dieu merci d’ailleurs, qui fut un antisémitisme d’extrême-droite, et refusent de lutter contre un antisémitisme qui naît, prospère et s'aggrave dans les banlieues du fait notamment du conflit israelo-palestinien. »
 
L'antisémitisme est une réalité en France, et il ne concerne pas seulement les masses arabes, il est une constituante fondamentale de la pensée nationale-bourgeoise. Et surtout, l'antisémitisme est une constante du mouvement fasciste en France, contrairement à ce qu'elle ose prétendre. 
 
À ce compte là, on pense particulièrement à Jean-Marie Le Pen qui n'a jamais cessé les provocations et les références antisémites. Début janvier 2012, lors d'un dîner à l'esprit franchouillard du Front National, il s'était fait filmer par des journalistes alors qu'il commentait une photo de Nicolas Sarkozy et évoquait son « nez qui devient de plus en plus proéminent ». Voici bien là l'expression d'un antisémitisme outrancier, bien ancré, d'autant plus qu'une militante à coté rajoutait sérieusement pour acquiescer le propos : « oui, qui signe un petit peu - sans être méchante - ses origines. »
 
Et puis lors du meeting de Marine Le Pen à Lille en février, Jean-Marie Le Pen avait tout simplement cité un poème de Robert Brasillach, cet intellectuel fasciste français ouvertement antisémite et ayant collaboré avec les nazis. D’ailleurs, dans une émission web destinée aux militants du FN, Jean-Marie Le Pen assumait totalement son admiration pour Brasillach et concluait : "J’ajoute quant à moi une phrase: 'Beaucoup d’ennemis, beaucoup d’honneur'". Ce n'est rien d'autre qu'une citation de Mussolini très prisée des fascistes italiens.
 
Mais surtout, comme nous l'expliquons dans nos différents documents à propos de Marine Le Pen, elle représente elle-même une dynamique anticapitaliste-romantique typiquement fasciste, la « finance » (puis carrément « l'argent ») est présentée chez elle comme une menace extérieure, un corps étranger qui gangrènerait le corps national, c'est une vision du monde antisémite.
 
Et aujourd'hui, du fait l'absence générale d'analyse antifasciste à propos du massacre de Toulouse – sauf bien entendu de notre part, mais cela reste ultra minoritaire – Marine Le Pen peut donc facilement renverser la situation et se présenter comme soi-disant contre le fascisme : en dénonçant en façade l'antisémitisme (et en le niant en réalité) et surtout en s'en prenant au « fascisme vert qui se développe dans notre pays », le fascisme islamiste.
 
Cela n'est que démagogie, Marine Le Pen est une composante du mouvement fasciste français, elle ne peut pas combattre le fascisme, ni même le fascisme dans sa variante islamiste. La seule chose dont elle soit capable, c'est de dénoncer, sans jamais rien expliquer (et pour cause), la religion musulmane comme portant en elle-même le terrorisme.
 
Le FN véhicule donc depuis quelque jour une critique sans relâche de la religion musulmane, cachant à peine un véritable racisme contre la minorité nationale arabe et les masses de religion musulmane de manière générales. Cela bien sur dans la lignée des campagnes racistes contre la nourriture hallal ou contre le port du Hidjab. Le racisme des fascistes sert à diviser les masses et mettre en avant la nation comme une solution à la crise. 
 
À notre époque, le fascisme se renforce d'autant plus du fait de la crise totale du système capitaliste, de la faillite de la bourgeoisie à porter la civilisation. C'est ainsi que Marine Le Pen s'empresse de dénoncer l'incapacité de l’État à avoir empêcher Mohamed Merah d'agir – alors qu'il était fiché et qu'il aurait pu être surveillé plus intensément. 
 
En dénonçant cela, Marine Le Pen dénonce en fait la démocratie bourgeoise telle qu'elle se présente aujourd’hui et met en avant la dictature fasciste comme une option stratégique pour l'impérialisme français. Car contrairement aux thèses gauchistes de l’extrême-gauche qui relèvent du fantasme, nous ne vivons pas dans un État totalitaire et Sarkozy ne représente pas du tout un fascisme moderne – la preuve justement avec l'incapacité de l'État à avoir efficacement surveillé un islamiste capable de telles horreurs.
 
Toutefois si l'exigence populaire d'ordre et de sécurité est légitime, la réponse fasciste porté par Marine Le Pen doit être dénoncée comme une fausse solution pour les masses populaires. La mise en avant de l'ordre n'est qu'un leurre de la part des fascistes afin de mobiliser derrière leurs projets impérialistes. Mais en réalité, le fascisme c'est la guerre totale, la division et la dictature contre les masses populaires. 
 
Les manœuvres démagogiques de Marine Le Pen pour monter les minorités arabes et juives les unes contres les autres représente parfaitement cette réalité. A l'opposé, la monté du fascisme exige l'unité la plus large des masse populaires, un front du progrès et de la civilisation contre la barbarie portée par la bourgeoisie et son système capitaliste en faillite.
 
Face au silence honteux de l’extrême-gauche française à propos du massacre antisémite de Toulouse, le PCMLM prouve son caractère d'avant-garde et son aspect antifasciste authentique. 
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