8 fév 2012

Construire le Parti en deux temps ou adopter la voie syndicaliste-révolutionnaire ?

Submitted by Anonyme (non vérifié)

Nous vivons une période où grandissent les forces de la seconde vague de la révolution mondiale ; les choix faits aujourd'hui sont donc d'importance pour demain.

Lorsqu'il y aura une poussée révolutionnaire, il faut avoir une base, et la nature de la base est notamment ce qui sépare les maoïstes authentiques des révisionnistes.

 

Les révisionnistes nient l'idéologie, ils nient sa toute puissance. Gonzalo a souligne cet aspect :

 

« Au passage je voudrais relever ceci: c’est de l’idéologie mais de l’idéologie scientifique. Pourtant nous devrions très bien comprendre que nous ne pouvons faire aucune concession aux positions bourgeoises que veulent réduire l’idéologie du prolétariat à une simple méthode, car de cette manière on la prostitue, on la nie. »

 

Les révisionnistes veulent « tout de suite » passer dans le « feu » de l'action ; ils considèrent que le maoïsme est une sorte de drapeau à assumer, et que cela suffit, le reste venant par la suite, « spontanément », au cours du mouvement naissant.

 

Cette thèse n'est pas (seulement) fausse parce que les choses ne viennent pas spontanément ; elle ne l'est pas non plus il y a trop peu d'idéologie au début. Le problème est que la nature même de l'idéologie est totalement incomprise.

 

Le Parti ne peut pas être construit sur quelques principes. Il faut que la nature de l'idéologie soit comprise dans son essence même. Après, celle-ci peut être plus ou moins connue, plus ou moins approfondie, avec plus ou moins d'études.

 

Mais la substance doit être présente. Le Parti Communiste du Pérou a comme principes essentiels :

 

  • la contradiction comme loi unique de l'incessante transformation de la matière éternelle ;

  • les masses font l'histoire et « on a raison de se révolter »

  • la lutte de classes, la dictature du prolétariat et l'internationalisme prolétarien

  • le besoin d'un Parti Communiste Marxiste-Léniniste-Maoïste qui applique fermement les principes d'indépendance, d'autonomie et d'auto-suffisance

  • le combat contre l'impérialisme, le révisionnisme et la réaction, indestructiblement et implacablement

  • la conquête et la défense du pouvoir avec la Guerre Populaire

  • la militarisation du Parti et la construction concentrique des instruments de la révolution (le Parti, l'Armée du peuple et le Front Uni)

  • la lutte de deux lignes comme force motrice du développement du Parti

  • la transformation idéologique constante, la politique étant toujours au poste de commande

  • servir le peuple et la révolution prolétarienne mondiale

  • un sens absolu du sacrifice et un style correct de travail

 

 

Il va de soi qu'en bien des points, il est difficile d'effectuer une vérification. Cependant, impossible de tricher avec ce qui est le noyau dur, la reconnaissance de la contradiction comme loi unique de l'incessante transformation de la matière éternelle.

 

Cela, on peut le voir aisément. Gonzalo répond de manière très intelligente dans son interview à la question suivante, prouvant qu'il saisit tout phénomène de manière dialectique :

 

« El Diario : Avez-vous une peur quelconque ?

 

Président Gonzalo : Peur ? Je crois que c’est une contradiction, avoir peur et ne pas avoir peur ; le problème est de saisir l’idéologie et de fortifier en nous le courage.

 

C’est l’idéologie qui nous rende courageux, qui nous permet de n’avoir pas froid aux yeux. A mon avis, personne ne naît courageux ; c’est la société, la lutte de classes, le prolétariat, le Parti et l’idéologie qui nourrissent le courage des communistes.

 

Quelle pourrait être la plus grande crainte ?

 

Mourir ? Je crois, comme matérialiste, que la vie s’achève un jour, et ce qui prédomine en moi, c’est l’optimisme et la conviction que la tâche que j’accomplis, d’autres la continueront jusqu’à l’accomplissement de nos tâches définitives, le communisme ; car la crainte que je pourrais avoir, serait que notre tâche ne soit pas continuée, mais cette crainte s’estompe quand on a confiance dans les masses.

 

La pire crainte, en fin de compte, c’est de n’avoir pas confiance dans les masses, de se croire indispensable, le nombril du monde, je crois que c’est cela ; et si on est formé par le Parti, avec l’idéologie du prolétariat, le maoïsme principalement, alors on comprend que ce sont les masses qui font l’histoire, que c’est le Parti qui fait la révolution, que la marche de l’histoire est définie, que la révolution est la tendance principale.

 

Alors, la peur s’estompe et il ne reste que la satisfaction d’être une pierre parmi les autres pierres, qui servira à instaurer les bases pour qu’un jour le communisme brille et illumine toute la Terre. »

 

L'être humain est de la matière façonnée par le nouveau en tant que processus. On a là une réponse éminemment brillante, et on ne voit rien de tout cela chez les révisionnistes.

 

Les révisionnistes prostituent l'idéologie en une méthode ; ils rejettent le mode de pensée communiste. Pour cette raison, leur verbiage est cosmopolite, il est déconnecté de la réalité de leur pays, à part sur quelques points économiques.

 

Les communistes soulignent inversement la nécessité de construire le Parti en deux temps : d'abord, la fondation du noyau dur, ensuite la fusion du socialisme scientifique et de la classe ouvrière.

 

Les révisionnistes nient cela, car ils prétendent que l'idéologie est dès le départ porté par la classe comme un grand tout, ce qui est totalement populiste et mène à la faillite, à la liquidation.

 

C'est exactement un tel processus de décadence qu'ont connu les organisations maoïstes de l'Europe des années 1960-1970, avec en France l'exemple connu de la Gauche Prolétarienne, qui a abandonné au fur et à mesure toute l'idéologie pour revendiquer un populisme outrancier, l'amenant même à soutenir les petits-commerçants.

 

De cela, nous ne voulons pas ; ce que nous voulons, c'est l'idéologie communiste, c'est le maoïsme. Il n'y a donc pas de place pour le mode de pseudo développement des révisionnistes : économisme, populisme, négation du caractère tout puissant de l'idéologie marxiste-léniniste-maoïste.

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