22 oct 2013

Les fondements du capital selon Marx - 3e partie : La production sert la consommation

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Nous avons vu que le mode de production permettait de produire des biens pour satisfaire les besoins, notamment vitaux. Nous avons constaté que ce mode de production produit et relance sa production, de manière ininterrompue.

Il ne saurait y avoir de temps mort dans la satisfaction des besoins, sinon la vie humaine s'arrête. Les humains ne sont pas tels des rochers, au mouvement très lent, ils sont de la matière en mouvement relativement rapide ; ils ont faim, soif, froid, etc.

Or, ce qu'a fait Marx, c'est qu'il a porté son attention sur les conditions de la re-production, et il y a vu quelque chose de particulier, lui fournissant une explication scientifique de ce qu'est le capital (d'où le titre de son œuvre).

La production sert la consommation

Nous avons vu que le capitalisme permettait la reproduction des biens nécessaires pour vivre. Marx y découvre une première particularité, à savoir la nature de la marchandise.

Pourquoi cela ? Déjà parce que Marx constate que les marchandises sont produites pour être vendues... aux producteurs de marchandises. Là est un premier paradoxe.

Karl Marx explique :

« La consommation du travailleur est double.

Dans l'acte de production, il consomme par son travail des moyens de production, afin de les convertir en produits d'une valeur supérieur à celle du capital avancé. Voilà sa consommation productive, qui est en même temps consommation de sa force par le capitaliste auquel elle appartient.

Mais l'argent donné pour l'achat de cette force est dépensé par le travailleur en moyens de subsistance, et c'est ce qui forme sa consommation individuelle.

La consommation productive et la consommation individuelle du travailleur sont donc parfaitement distinctes. Dans la première, il agit comme force motrice du capital et appartient au capitaliste ; dans la seconde, il s'appartient à lui-même et accomplit des fonctions vitales en dehors du procès de production.

Le résultat de l'une, c'est la vie du capital ; le résultat de l'autre, c'est la vie de l'ouvrier lui-même. »

Et Marx de conclure par la suite :

« En convertissant en force de travail une partie de son capital, le capitaliste pourvoit au maintien et à la mise en valeur de son capital entier. Mais ce n'est pas tout. Il fait d'une pierre deux coups. Il profite non seulement de ce qu'il reçoit de l'ouvrier, mais encore de ce qu'il lui donne. »

Le mode de production capitaliste produit des biens nécessaires pour vivre, or qui les utilise ? Les humains. Mais qui les produit ? Les humains, aussi. Seulement, il y a un intermédiaire : le capital.

Les humains travaillent, par l'intermédiaire du Capital, pour produire des biens satisfaisant leurs besoins.

Les biens nécessaires aux humains sont produits par le travail

Les humains trouvent donc leurs besoins produits sous la forme de biens qui sont vendus (et achetés). Ce sont des marchandises.

Ces choses sont utiles (valeur d'usage), mais elles sont également achetées et vendues (valeur d'échange). Elles possèdent ainsi un double caractère.

Ce double caractère, on ne le trouve pas dans la nature. La nature de marchandises existe parce qu'il existe une humanité qui produit des biens utiles, ce que ne font pas par exemple les rhinocéros ou les aigles, qui se procurent directement dans la nature ce dont ils ont besoin.

Il y a là un rapport particulier qu'a l'humanité avec la nature, car celle-ci est transformée. Marx dit à ce sujet :

« En tant qu'il produit des valeurs d'usage, qu'il est utile, le travail, indépendamment de toute forme de société, est la condition indispensable de l'existence de l'homme, une nécessité éternelle, le médiateur de la circulation matérielle, entre la nature et l'homme. »

Cela signifie qu'en définitive, c'est l'activité humaine qui est à la base de la production :

« En fin de compte, toute activité productive, abstraction faite de son caractère utile, est une dépense de force humaine.

La confection des vêtements et le tissage, malgré leur différence, sont tous deux une dépense productive du cerveau, des muscles, des nerfs, de la main de l'homme, et ce sens du travail humain au même titre.

La force humaine de travail, dont le mouvement ne fait que changer de forme dans les diverses activités productives, doit assurément être plus ou moins développée pour pouvoir être dépensée sous telle ou telle forme.

Mais la valeur des marchandises représente purement et simplement le travail de l'homme, une dépense de force humaine en général. »

Il y a donc les besoins d'un côté, les biens les satisfaisant de l'autre. Le travail permet la production des biens. Mais alors, qu'est-ce que le capital ?

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